3 D
l’écriture nodale peut-elle se soutenir d’une pratique spatiale? c’est à dire notre imaginaire peut-il se soutenir dans R3? mieux, le noeud borroméen peut-il se concevoir comme une structure dessinée dans l’espace indépendamment de la structure de l’espace que ce noeud engendre? dès lors il devient difficile de traiter le noeud comme un objet manipulable dans un espace homogène absolu. La pratique des surfaces (bande de Moebius, bouteille de Klein, Cross cap) devrait pourtant avertir des difficultés de l’espace dès lors que les noeuds sont des équivalents de surface même si leur présentation semble les réduire à un jeu de ficelles
donc le 14 mai 1974, il y est question d’une certaine capture là aussi de notre imaginaire qui va venir fonder son dire d’une catégorisation dans le fond binaire supposant sans doute que A inter non A est nécessairement un ensemble vide, à supposer bien sûr une totalité achevée par cet indice quelconque A apposé à cette totalité; ceci suppose une forme de localisation à l’intérieur d’un repère absolu cartésien.
Donc le borro à trois qui friserait avec le repère normé , livré tel quel en sa trinitas, même si justement ce qui se libère ainsi du deux se retrouve pris dans une fausse unité dont la théologie a épuisé la logique
aussi rien n’interdit de géométriser le noeud à trois en insistant sur une orientation des consistances qui se trouvent alors dotées de nature différence et d’une possible spécularité selon que ça tourne à droite ou à gauche, mais qu’est ce que ça peut vouloir dire cette rotation sinon que , dans l’établissement d’un local RSI, ce soit RSI dans l’ordre de lecture ou au contraire RIS dans le miroir. Bien sûr qu’en est il alors de l’équivalence des consistances? qu’en est il de ce miroir certes fermement prévisible dans une symétrie de l’espace cartésien
nous pouvons déjà ponctuer de ces figures récurrentes qui interrogent le nouage même de l’espace par le noeud, ce qui n’est pas du tout la même chose que l’opération déjà racontée plus haut
En ce point Lacan se trouve ramené aux formules de la sexuation, c’est à dire à la question du concept dans les diverses étapes de sa construction, question bien complexe d’ailleurs puisqu’il s’agit de faire fonctionner d’une même main le tétraèdre et le noeud, ce qui demeure une analogie tout à fait pertinente dès lors qu’on raisonne à partir d’un cube, mais de là à établir une équivalence autre qu’affirmative. Darmon est d’ailleurs très prudent là dessus et se garde bien de tracer quelque monstre graphique qui contenant tout dans tout ressemble à ces inscriptions énigmatiques qui supposent quelque antique savoir archétypal
les noeuds celtes sont ainsi souvent plutôt triviaux