ZM/PC
La rencontre éditrice Zoran Paul n’a pas eu lieu, grâce à cause de Gisèle, à cause de la mort qui vient, le souvenir commun ne vient point à la feuille, c’est ce que raconte ce nouveau petit texte sur Music qui impose de pouvoir travailler à partir de ces visages qui ne sont pas de land death, des visages à peine visibles, brouillés comme ceux de Giacometti, présents dans leur silence interne qui va bien plus loin que les danses de mort, les charniers, le souvenir, le refoulement, ailleurs, là où touche chemine dans le faible et le certain, la structure s’est un peu défaite dans le transport tandis que la série des peintures se rangeaient dans les sols, et le S21 et le visage de Picasso, et les corbeaux revus par Bacon, et le vol des seiches, et le Kiefer collé sur la grande surface rouge déchirée des papiers de surface, le totem est d’un vert bleu vifs, les branches de cerisiers plastique chinois ont chuté avec les cornes de renne ramenées du pôle, l’installation s’est défaite avec ses canards dorés, un bonzhomme et quelques autres dessins... table rase, ras, tout va bien, le sol est presque riche des floraisons futures, comme les herbes hautes du site de Treblinka... Zoran marche le long des canaux, l’hiver avec le mort qui n’en finit pas d’attendre sur la plage le visage de la jeunesse. Nous sommes tellement plus loin maintenant, toujours cette dette...alors au travail
Fragments de Stéphane Brunel est une tentative de parler après les témoins, de donner forme à ce qui à la fois n’a pas de nom et est la manifestation obsessionnelle de l’effacement des noms
deux pierres barbelées portent ainsi l’illisible au principe de ce type de souvenir
l’échelle sans raison que sa projection fantomatique sur le mur noir, à chaque pas s’écorche la chair sans but autre que ce pas
ils sont debout dans la lumière de glace et de feu, immobiles avant le mourir, il ne reste que la règle qui chiffre tout, l’un manque, impossible à noter, le seul qui ne fait que survivre au prix le plus abominable, compter les morts
car l’étrange serait de vouloir compter malgré tout, de chercher finalement un sens à un nombre arbitraire dont la seule raison est de dénombrer l’avancée de la tache, que ce calcul se retrouve au coeur de la croix gammée ajoute comme un sens, aussi évident que la substitution du nom par un nombre, l’introduction sauvage et définitive de la modernité,
car c’est cela, in fine le visage s’efface, ombre revenue à la foule innombrable cette fois des humains réduits au jeu infini de la boucherie, Grande Guerre et ce qu’elle entraîne comme poursuite
c’est là que Ferdinand parle toujours plus que toute recherche de mémoire historique, la place universelle de la haine comme lien social
de toute façon le sujet est depuis ces temps , un siècle maintenant seriés c’est à dire répartis en groupes statistiques que l’on pourra traiter de manière efficace, DSM déjà universel avant qu’il ne revienne comme évidence de gestion des peuples
le texte lui même est recouvert de cendres, sa fibre est constitué de la poussière des sols, là où les os sont brisés comme tapis de mousse pour les générations futures
à la fin il reste l’échelle nécessaire pour monter crever dans ce qui ronge et annonce la victoire des forces, malgré la litanie des noms, écrits, récités
Paul en sa partie de neige
les abîmes traînaillent: gravier de bourbon
tu en viens à bout
avec des sensations de surdité
et de non sommeil
et si venaient, les appâts hantent
la hampe, la grimpent
si venaient même ici
battant les ailes les emblèmes de cauchemar
tu serais, te pillant à fond,
impérieix- indifférent
leur fission
Die Abgründe streunen:Summkies
dem kommst du bei
mit Taubheitsgefühlen
une Unsschlaf
une kâmen, die lockstoffe geistern
den Fahnenmast hoch
kämen auch hier
die Albembleme geflattert
du wärst, dich erplûndernd
gebieterisch-gleich
ihr Entzwei
jusqu’au terme proche, Paul, Walter, Anselm, Zoran, Jacques... Celan, Benjamin, Kiefer, Music, Derrida...
