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Benoit Jacquot

Benoit Jacquot

 

Villa Amalia signe surtout la rencontre d’une actrice et de l’indication d’un texte puisque ce dernier aurait été découpé à la hache pour faire un script (sur l’invite de l’écrivain qui songeait peut être à Huston) . Que reste t il du texte de Quignard? sans doute pas grand chose mais il s’agissait peut être au delà des intentions de livrer une forme commune, celle de la fugue de soi, l’aspect musical devait, aurait dû souligner cette fonte dans l’au delà de soi que l’actrice a perçu bien loin de la figure première imposée (on pourrait construire un monde rien qu’à partir des variations du visage d’Huppert) , on se plait à imaginer un autre film qui aurait pu surgir justement du parcours simplement du visage de l’actrice, refusant toute narrativité que celle construite par la phrase musicale (ce qui suppose le montage qui est le style même de l’écriture cinématographique), là nous en savons trop, ce côté empoisonnant du récit qui croit dire les choses et ne fait que traduire l’apparence, les figures du moi (c’est d’autant plus étrange que de nombreuses séquences du livre sont supprimées et que la plupart de celles qui sont gardées sont de trop), ici une femme se dés-identifie sur presque rien, un baiser pour une autre, plutôt une fausse note, un souvenir d’enfance, nous sommes là encore au bord de Lol, le moment de folie et la fuite vers le Sud, mais Jacquot n’est pas Antonioni. Ce film dès lors pose de multiples questions, sur la notion d’adaptation, d’interprétation, de réécriture du spectateur dans son champ de lecture spécifique et dans son rapport très particulier à une cinéphilie, elle même oscillant entre la puissance des images et la légende obscure de ces images.

 

pour une seconde lecture on supposera plusieurs types de refroidissement, l’incident subjectif, le rapport à Huston, celui à Quignard, de sorte que la lumière d’Italie apparaît à sa juste mesure marginale et que la séquence clinique paraît plus lisible, une chute du semblant phallique qui ne vient pas butter sur une séquence paranoïaque de jalousie et donc demeure dans l’errance de l’Autre comme ouvert du langage et donc de la possibilité de tenir l’être dans les bornes où le désir ne soit pas ce déchaînement qui emporte l’action dans le flux de l’équivoque absolue de la langue, la pente Lol donc ici d’ailleurs maltraitée par le cinéaste cependant

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