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xenos

 

xenos

 

il est question du rapport à l’autre, comme porteur d’une xenopathie RSI, soit de la langue étrangère, soit de l’étrangeté spéculaire, soit donc comme lieu où le réel se démasque dans le symbolique, dans l’image. Le xenos réel est de l’ordre de la pulsion scopique ou invoquante. Il n’est nullement question d’imaginaire sociologique mais de cet intime que l’autre démasque. Il faut rendre compte de l’immigré et du déporté. Les fantômes effacés des camps qui errent dans les caves où se réfugient les immigrants, travailleurs aveugles, morts vivants silencieux. La nuit, les étrangers sortent et menacent l’unité du moi de chacun. Au coin du feu, le craquement du bois vacille entre la quiétude et l’horreur de la présence, inquiétante étrangeté dans le miroir du matin, fuite de l’identité liée au plaisir d’objet dans l’appel d’une jouissance qui ne convient pas aux portes du fantasme réalisé, scène sadique et masochiste basale., l’appel d’une jouissance qui ne convient pas à la fermeture phallique, au sens Le miroir menace l’intégrité intégrative spéculaire. La langue étrangère menace la chute phonématique au lieu de l’Autre, la diffluence de l’élangues qui sature la distinction imaginaire et symbolique de la langue. Ceci est de l’ordre de la brisure d’harmonie de la portance musicale de la langue. L’étranger vient toujours de l’intérieur, le fondement du racisme. Il menace sexuellement jusqu’à la dévoration, la torture. Il contamine l’identité jusqu’au corps xénopathique, son propre corps non reconnu, cancer, psychosomatique, un point de plus est c’est la consistance de l’imaginaire du corps qui éclate. 

 

le grec désigne donc l’étranger, qui n’est pas du pays, celui qui ne comprend pas quelque chose, mais aussi l’hôte qui engage l’hospitalité réciproque, tout visage a son poids d’imaginaire qui lui donne sens, donc sens phallique, ce qui ouvre à un réel comme bornage. L’ouvert que tout visage désigne tire à toute autre conséquence passionnelle. 

Toute langue est xenopathique, puisqu’il n’est point de langue de la langue qui pourrait la désigner, et que l’inconscient est polysémique. Et pourtant tout parlêtre est d’une langue, ce par quoi il demeure d’un lieu qui parle cette langue qui parle pour lui, à travers laquelle il ne peut que parler. Il n’ex-iste de fait qu’au bord de sa langue maternelle qui n’est point étrangère sauf au prix de quelque désarrimage aux terres. Il ne tient aux frontières et pourtant n’existe qu’aux frontières de sa langue, inter-dite de toute façon puisqu’elle dit par ses mots les désirs interdits. Ainsi il ne cesse de traduire sa propre langue, au bord de folie. Si Derrida a pu jouer du franco-maghébin au point de savoir qu’il fut, un temps, sans aucune citoyenneté, déjà presque du territoire des morts qui venaient en foule, il demeure , pour tout parlêtre, d’être justement par exemple franco-français , c’est à dire marqué de la singularité de l’intraduisible de sa langue privée. Parler la langue de sa mort, du lieu de sa mort, quitte à s’effacer du lieu de sa propre sépulture, en priver donc les autres, une langue sans territoire où se trouverait la tombe d’un père qui pourrait désigner, dans la langue même, les bornes de son impossible. C’est à dire encore qui pourrait tenir les bornes entre hospitalité et hostilité, le trouble de l’identité, cet instable d’un rejet toujours possible de toute appartenance au lieu et même à l’articulation de sa parole. On ne possède jamais une langue puisque c’est elle qui nous impose les signifiants de sa structure. Quitte , là encore, à nous imposer aussi la xénolangue qu’elle ne cesse de ne pas parler, celle qui lèverait l’interdit, qui désignerait l’objet, rendant la parlêtre au déchaînement de sa jouissance. Il n’est de langue autre dans sa langue qu’au prix de la marque au corps de son absence, signe d’alliance redoublé dans la modernité de la mise en fumée du corps anonyme

 

Il s’agit toujours de s’identifier à une langue, de s’identifier par une langue, quitte à n’être d’aucune langue, sans identité. Ainsi de Joyce travaillé par le trouble de l’anglais, sans aucune assurance quant à ce qui serait une sorte de garantie dans l’articulation possible du signifiant, entraînant ce qu’il pourrait en être d’un premier signifiant auquel le sujet viendrait s’accrocher d’être aussitôt pris dans un second qui serait savoir sur le premier. Déjà cette structure élémentaire dépose un impossible ou plutôt suppose que c’est l’arbitraire de ce premier couple de signifiants qui effectue à la fois la découpe du sujet et celle de son rapport à plus d’une langue, au moins une celle qu’il va articuler. Une langue donc maternelle comme ce qui recouvre l’unheimlich de la Lalangue. Il s’agit donc de perdre cette lalangue pour advenir dans une langue, naturellement étrangère, en pure invention qui rend réaliste le pure crédit aléatoire ou plutôt chaotique de la rencontre. Il est question donc aussitôt de topologie et de temporalité, et en même temps de l’impossibilité d’une représentation qui soit présentation de ce processus qui tourne autour des paradoxes temporels dans l’imaginaire.

 

l’onirisme fantastique de l’effet papillon porte en lui même une indifférence au vecteur du temps concret et donc porte la toute puissance de la pensée au seuil d’une modification toujours possible des bifurcations, mais c’est toujours le même fantasme fondamental qui se décline, attestant de l’arbitraire du premier non signe qui ouvre le parlêtre au signifiant. Le scientisme totalitaire vient réviser la démarche proustienne comme homogène au way of life, loin de l’ouvert de Benjamin.

Autrement dit quelque chose se refoule au départ, nécessairement, qui ombre tout aussi nécessairement l’usage d’une langue comme maternelle, présence du fantôme qui toujours sait sans parole justement, le pur silence plein de l’étrangeté à soi même. Ce n’est pas une amnésie puisqu’il s’agit de la condition même de la mémoire, un interdit fondateur qui est plutôt un pré-dit. Tu ne prononceras point cette langue, comme matrice de toute loi. Lorsque la parole s’arrête au point mélancolique, elle bifurque aussitôt dans toutes les langues, babélisation inaudible de la psychose.

L’écriture porte état de ce creusement, au delà de la semblance phallique, de cette restauration de la langue à son @rigine, selon une traduction exacte, secrète, infinie. Joyce le démontre, le dévidement de l’élangues se retient à la lettre, ce qui contient l’ouvert de l’Autre barré. Car il y a un déchaînement de la langue dès lors que la langue maternelle apparaît comme le linceul de l’objet, la portée dévastatrice et incantatoire de la langue pure, originaire.

 

il y a  toujours un interdit premier portant sur une langue, la langue secrète, et sans doute que l’adoption immigratoire souligne la portée universelle de ce trait. Toute langue strictement maternelle délire cet impossible de ne pouvoir être langue de parole, de ne pouvoir qu’être langue de parole. Infinie proximité distante structurellement. La langue étrangère menace phonématiquement et donc physiquement la matrice linguistique. Fascination horrifiée pour un désignatif que la langue maternelle ne peut dire.

Le paradoxe est donc que la dite langue étrangère désigne un pays autre mythique puisque fondateur, voire son pays même. Etranger donc au lieu de naissance, en un redoublement de l’espace du rêve où se noie et s’exprime le point zéro de l’@rigine.

Toute littérature sombre dans ce creuset d’illisibilité et peu se risquent au plus près de la bordure réelle de la lettre.

 

c’est à dire encore en venir à l’état le plus pur de la langue maternelle, y compris son accentuation la plus intemporelle. La jouissance même de la langue, à l’intérieur de l’inavouable, déployer l’archive de la langue, soulever la cendre de son refoulement premier. 

car la langue de tout parlêtre est depuis toujours perdue, il ne peut parler que la langue de l’hôte, le lieu de l’Autre est crypté selon une identification toujours différée,au bord de l’abîme. Im Namen ist die Macht der Sprache bischlossen, ist iht Abgrund versigelt, c’est dans le nom qu’est enfouie la puissance du langage, c’est en lui qu’est scellé l’abîme qu’il renferme. Au bord du nom qui vibre encore de sa force de naos, fusse au prix du fantôme qui y puise sa voix. L’hôte fait don d’hospitalité et de langue, au risque que l’étranger vienne révéler la tombe que toute langue déplore, malgré elle.

 

Au delà des particularités d’accent se démasque la voix blanche comme portance pure voilée par le recouvrement phénoménal de l’usage mondialisé, l’échec de toute traduction achevée qui pousserait à la réalisation folle de la langue Une, lagune de l’Un où le jungisme moyen prend ses racines indicibles, car tout ne peut qu’être dit dans la langue

privé de toute langue, tel est le parlêtre en son exil originaire, aphasique d’être réduit à l’écriture, ce qui modèle donc l’origine du phonème dans l’après coup du trait, qui signe la faute de vouloir ainsi s’extraire par l’autre d’un espace fantomatique qui est de l’ordre de ce qui n’a jamais pu être sans pour autant ne pas laisser de trace, trace de ce non-être justement qui pré-figure le nom. Il y a là tout autant la promesse de la langue à venir , sans aucun messianisme justement autre que les conséquences éthiques de l’orée vide de l’Autre

“il y a parfois désert sans traversée du désert”

 

JLOP propose une version scénographique de cette affaire, une version bavarde et sociologique qui tranche à la fois sur son esthétique personnelle , sur notre point de vue (certes!) et bien sûr sur les options boulvardières du lieu où il expose son point de vue. Tout spectateur après tout se prend à organiser son spectacle selon son sensible, oublier les longues séquences journalistiques actualisées autour d’un frontisme réduit à une localisation figurale trop évidente (et on oublie alors de citer le discours délirant de Le Pen sur l’invasion mongole, et les propos délirants de Barre sur les juifs et ...), oublier une partie des situations de vie par trop réalistes au sens du reality show, oublier en grande partie cet acteur certes sympathique mais alourdi par la langue russe de l’enfance, garder alors les images du fond, ses pas dans la neige, l’ombre qui s’efface et revient depuis nous, cette fille très belle et vive qui danse en citation et puis en soi, garder le bruissement des langues qui pourrait nous submerger d’avantage, on se prend parfois à songer qu’il aurait fallu venir avec notre photo floue pour saisir là dedans quelques fragments pour les faire surgir dans la lumière de la toile pour une exposition qui n’aura pas lieu sur le thème de xénos, mieux qui pourrait saisir cet instant im-possible dans l’espace performatif.

 

Il se souvenait maintenant, depuis cette nuit là, sans doute et toujours la leçon de Madame Edwarda, le long des quais, le port désert et toute cette fumée qui montait des wagons, le type le regardait à travers les vitres de plomb

 

 

ceci n’a pas d’importance maintenant, il est au coeur de la ville protégée, il marche d’un pas tranquille, il n’a plus qu’un vague souvenir

 

au début, il fallait attendre que les embarquements prioritaires aient eu lieu mais ce n’était plus necessaire, les pistes des aéroports étaient désormais libres, les vols parfois reprenaient, des vols furtifs au milieu de la nuit, selon certaines informations, la destination était sans doute le Darfour qui avait perdu une grande partie de sa population pour des raisons obscures, lointaines, indifférentes

 

il n’y avait pas grand chose à voir de différent, les rues étaient propres, tous ces psychotiques errants, tous ces zonards avec leurs chiens avaient disparus, l’information télévisée étaient consacrée presque exclusivement aux possibles contacts avec des êtres extraterrestres très intelligents et très bons qui se rendaient parfois chez nous

 

parfois il feuilletait de vieux magazines, de vieux livres dans les grandes bibliothèques, il était question d’un temps où les hommes cherchaient à se déplacer d’un pays l’autre et où il fallait construire des barrages de fer, maintenant ce n’était plus necessaire depuis l’implant généralisé des caractéristiques personnelles

 

il était affecté au centre d’examen des personnes sans implant, c’était des êtres hors langage au regard vide qu’il fallait rassembler, désinfecter et regrouper vers les wagons aux vitres de plomb et de là vers les avions furtifs, il aimait bien son métier

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