vie et destin
Dans cet ouvrage célèbre, Vassili Grossman fait une description du camp de concentration selon des termes étranges, d’un côté il nous dit que le camp est la ville nouvelle du système qui ne cesse de croître , le seul lieu de croissance urbaine, ce mélange de peuples, de langues, de l’autre il remarque que le camp fonctionne tout seul, qu’il n’y a pas tellement de gardiens, que ce sont les prisonniers eux mêmes qui trient les pommes de terre, les pourries pour leur soupe, les autres pour l’armée, le camp comme modèle indépassable actualisable à l’infini, il suffit d’y mettre quelques couleurs
L’auteur était juif non croyant, ne parlant yiddish, russe inscrit dans l’univers communiste, journaliste dans l’armée rouge, il voit, il note, il est à Stalingrad, puis à Treblinka, à Berlin, sa mère est massacrée avec des milliers de juifs en Ukraine, et au retour de guerre le réalisme fait place à vie et destin, qui n’est achevé qu’en 1962, son éditeur livre l’objet au KGB qui va piquer jusqu’aux rubans encreurs des machines pour éviter une reconstitution du texte qui cependant survit à la mort de l’écrivain et à la volonté d’effacement
ce temps actuel est il étranger à ces textes, maintenant que la totalisant de l’espace marchand a clôturé le phénoménal, au point que partout le fascisme se relook sans problème