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Vérité du semblant

Vérité du semblant

 

Maryline se regarde dans le miroir et loin d’y voir la figure même de l’Autre qu’en temps que Femme elle incarne, comme supposée renvoyer au lieu de convergence des désirs, elle ne voit qu’une figure ordinaire en creux de cette Femme,une femme donc qui n’est que le lieu de ce semblant, ne pouvant se soutenir que de l’érosion même de sa figure, la mort semble alors la seule solution à cet effet de réel absolu puisqu’elle n’a plus aucun moment la possibilité de l’errance la plus ordinaire. Ainsi serait la montée passionnelle qui décline toutes les figures du possible au lieu d’un discours enflammé et qui n’apparaît que la résistance à déployer une mécanique sans intention qui est la loi de son destin. L’hystérisation du parlêtre est ainsi toujours confrontée à la mise en jeu à la fois de l’éclat du signifiant et de sa sombre mécanique . Si le parlêtre s’engage sans la parole, c’est qu’il accepte que son symptôme, celui qu’il a au préalable appris à construire, ce symptôme avec lequel il développe un commerce tout à fait satisfaisant dans le fond, hors ce dont il pourrait se plaindre, soit les aléas de sa vie amoureuse, ce symptôme donc est susceptible de s’écrire comme l’avers d’une même face de lui même, soit comme sujet du désir. On peut comprendre que la promesse vienne de concert avec cette idée qu’il serait possible d’accéder à la jouissance Autre au delà de l’ennui effectif de la répétition du trauma. L’obsessionnel qui compte ses coups et qui pourrait finir par y lire en secret l’intention d’UN Autre mal intentionné, quelque divinité privée qu’il provoquerait dans la crainte , non sans prendre le risque faiblement d’en être puni, le voilà qui reçoit comme de derrière un voile un message de jouissance dont il ne peut concevoir l’orée que comme la promesse assez sadique de cet Autre. Ainsi le parlêtre hystérisé va expérimenter comme pousse à la psychose (au sens où il va expérimenter ce que le psychotique articule ) l’inquiétante étrangeté de son rapport au désir, auquel il n’échappe pourtant depuis toujours par le moindre lapsus, mais qu’il a appris à contenir d’un rire de couverture, ce n’est qu’un rêve, et même dans la pente jungienne d’un message de la langue secrète, frontière qui peut sembler tremblante avec la vraie folie mais qui ne tient jamais du même espace-temps, du moins si la cure ne s’engage sans quelque biscuit, et encore on peut se demander ce que racontent ces horribles histoires de passe délusive, sans doute comme pour les rites religieux d’initiation.

Il peut sembler cruel de n’offrir en matière de solution au malêtre que le mathème d’une chaîne qui ne relève même pas d’un grand géomètre. C’est d’autant plus radical qu’un parlêtre aura tendance à y trouver une chute imaginaire inacceptable et y préférer la voie latérale qui fera secte souratique , il y a de l’UN dans l’Autre, soyez rassuré, Un qui vous dira ce que vous avez à faire, Un qui va vous garder bien au chaud ce sujet dont vous percevez pourtant la fonction purement logique, bref la promesse nouvelle cette fois d’une Cause à défendre , un délire collectif qui organise le sexuel en dispute convenue. On conçoit que l’institution pourrait fonctionner ici comme ce voile fétiche posé devant le naos vide de l’urverdrängt. Bien sûr il n’y a aucun père sécateur dans tout ça, on ne joue plus du côté de l’imaginaire kleinien, le mystère est aux portes d’un discours hermétique, ce qui évite étrangement la déprime du parlêtre de devoir accepter que son être ne soit pas plus précieux qu’une coupure qui règle une géométrie. Pourtant ce point devrait permettre une vraie liberté puisque l’opérateur du désir déploie le réel , que ce soit du côté du concept, que ce soit du côté de la perception même et du rapport au corps

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