Une pulsion sublime
Le parlêtre pris dans l’insatisfaction de son ex-istence aspire à une liberté pulsionnelle, c’est à dire à la réalisation de ses désirs, il rencontre dans cette quête les figures bienveillantes maternelles qui encouragent un certain narcissisme spéculaire, le gros bébé goulu dans l’œil jouissant de l’Autre; certes cet œil complaisant ne va pas sans une certaine avidité à remplir la petite bouche, à toiletter le corps potelé, à lui offrir la contemplation des excrétats, bref à suivre cette pente une position mutique et parfaitement objectale; on devine que cette absence de refoulement est de l’ordre in fine de la psychose et que le gastronome porte en lui les deux pôles de la boulimie et de l’anorexie face aux diverses faces dévorantes; toute pulsion atoure l’objet réel d’un écart qui se parle, le miroir se centre d’un réel scopique qui pourrait à l’inverse offrir la dissociation corporelle partielle ou éversée ; la castration est l’écart du langage qui désigne la chose et la rend, dans cette distance de la langue, capable d’ordonner un plaisir qui ne soit pas létal , le bon fonctionnement physiologique passe aussi par là, le corps réduit à l’organisme devient cette chair meurtrie du heurt avec un réel dénudé , l’obsessionnel donne la mesure de cet encombrement objectal , derrière une pseudo amabilité civilisée une fantaisie anale sans limite qui étronise le monde faisant de l'égout le fin du civilisé, rappelons cet art pauvre du déchet en parallèle avec le froid concept , le monde ainsi libéré se trouve disjoint du sexuel qui suppose l’existence singulière du refoulement primaire et l'organisation de la psyché autour de la dialectique phallique, qui pose un réel énigmatique que mi dit le symbolique, qui lui relit l’enjeu des pulsions partielles en une réécriture articulée; le déclin du nom du père, loin d’assurer quelque bénéfice, n’entraîne plus aucune médiation que l’affection du dealer éducatif , la religion devenue un tissu obscène ne prédispose plus à une sublimation, ce qui suppose au moins l’excentricité centrale nécessaire du réel, l’église baroque percée de ciel et noyée d’angelots n’est plus lisible que comme décoration, d’ailleurs c’est un chinois numérisé qui coule de la voute désormais; le tourisme est nécessairement organique, et la différence des sexes une affaire de genre, toute la culture devient illisible d’autant qu’il ne faut plus perdre son temps à quelque humanité, en ces temps où les droits de l’homme organise sa marchandisation, en même temps que la langue n’étant plus que de communication se trouve lavée de sa charge sexuée , la réglementation des conduites fait office de réalité.