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Un amour vrai-ment conjugal

 

Un amour vrai-ment conjugal

 

Le texte de Swedenborg mesure magistralement le réel des amours schreberiens. Il signe tout autant le réel du non rapport dont le conjuguo, quelque puisse être sa version moderne, atteste de la parfaite inadéquation avec le réel. Le parlêtre se détourne de l’objet @ qui n’admet que la logique de la castration et l’inexistence de l’Autre pour un objet de pur semblant qui va constituer le soc de sa vérité névrotique. Il n’est désormais plus question de venir déranger cette position , ce à quoi va participer le montage de couple comme montage de l’égarement de son confort. La psychanalyse sera de ce point de vue volontiers adaptative que ce soit au titre de l’ego psychology que ce soit au titre de l’asymptote sectaire d’un sorte d’objet @ commun. La parlêtre hystérisé par la cure dans le fil d’une direction lacanienne de principe pourrait fort bien comme du temps de Freud revendiquer son propre semblant comme une gloire de vérité , fusse au titre classique d’une somatisation particulière, fusse au titre d’un folie sexuelle qui pourrait volontiers parcourir le catalogue de Krafft Ebing, et ce avec d’autant plus de fougue que justement le dit catalogue a passé du domaine médico-légal à la prescription revendiquée et obligatoire de toutes les jouissances possibles et donc légitimes. La question demeure d’une autre solution mais le discours du capitaliste a rendu le faible tremblement d’autre chose qu’un malheur non plus ordinaire mais extra-ordinaire au placard des choses livresques enfouies parmi les grimoires des Pères du Texte. Hors donc la solution perverse prescriptive il demeure non pas la vision charcotique mais le repli sur les affres d’un être muet. Tout demeure dans le chant du drame avec ces orchestrations du politique comme panopticon télévisée de la banalité de l’horreur. Le névrosé poussé à la perversion pourra se réfugier dans une forteresse compulsive où se livrent les cultes sacrilèges des dieux disparus. La porte est ouverte vers les livres de chair qui attestent que l’Autre a toujours faim. Formidable travail de recherche du pire à quoi se livrent les feuilletons télévisés puisque le détail du massacre vient prendre la place de l’amour dont la combinatoire s’épuise des récits épuisés , un homme deux femmes, une femme deux hommes, plus déjà supposait le marquis, cette tension permanente qui fait surgit au lieu du narcissique la face grimaçante de l’idéal, du rival. L’épuisement du commerce avec le semblable qui est pris dans les limites du fantasme va trouver dans la torture l’expression d’un excès basal comme l’avait déjà souligné Freud chez Anna. La fin de cure ne cesse de riper sur un nouveau type de semblant organisé meetiquement dont la vitesse de déroulement n’a plus rien à voir avec la lenteur feutrée des déplacements signifiants dont le chemin loin d’accepter cette dérive de pacotille est prompt à faire surgir une réalité factuelle qui est la signature du sujet, aucun réel ineffable que celui pris dans l’articulation historico-fantasmatique d’un historique de la réalité psychique. Dérive absolue dans la ronde des foules bien au delà de l’Eden effrayé du siècle passé, la clinique infantile glisse vers de nouveaux horizons fièvreux d’identité saccagée. Toujours la même question, s’il y a un terme à la cure, à quelle invention d’un à l’autre cela va pouvoir ouvrir? donc science fiction où nous savons qu’aucune sexualité n’est possible entre ces braves martiens.

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