Susana
La dialectique de la peinture et du lieu est toujours une opération mystérieuse . Surtout s’il est question de mettre en jeu la présence et l’étendue . Autrement dit ne pas faire semblant , sortir du décoratif ou du formalisme. L’émotion tient aussi au risque pris . Refuser des effets faciles qui flatteraient le local en détriment du ressenti. La peinture cherche toujours à extraire le regard d’une quiétude retenue par la convention. Sans doute est ce le corps à corps avec la toile qui ne permet aucune faiblesse, au risque de devoir jeter ce qui ne prend pas, peut être faut il parfois intervenir après, dans un second regard , pour travailler le détail des surfaces , rendre apparent ce qui a surgi presque indistinct et que la lumière dissimule , extraire l’épouvante et la joie. Le château de Pujols offre un exemple parfait d’équilibre entre ses murs magnifiques et ces toiles qui y trouvent un recueil nécessaire. Souvent la peinture demeure extérieure au spectateur qui peut continuer sa conversation ordinaire . Toute autre est la sensation physique qui met en jeu étrangement la dimension tactile des choses comme si enfin la contact pouvait se faire avec ce réel diffus dont nous demeurons distant. Ainsi nous ne sortirons pas indemne de cette rencontre qui nous oblige à voir et nous provoque à peindre depuis le lieu où nous sommes ainsi projetés.