Se faire poème
Ainsi en irait-il d’un sinthome qui ne serait pas fou. C’est une belle conclusion à l’affaire qui sort un peu de la compulsion mélancolique studieuse et stérile qui préside à la survie en mise en carte. Cela suppose que le pire de Lacan ne soit le mieux de Freud. Le levier du déplacement est bien sûr la question du phallus qui confère au pénis un destin langagier. Cela signe l’impossible lié à l’oedipe, c’est à dire le défaut de jouissance dont le mythe exprimerait l’horrible réalisation. Le jeu du transfert père-mère livre en ce point le double écueil imaginaire d’une mère hors castration et d’un père sans trouble de sa jouissance. Cela évite de se trouver dans une compacité insoluble ou ineffable dans la rêverie fusionnelle d’un encore où les jouissances seraient soumises à un impératif collectif qui viendrait supposer la proximité réalisée d’une jouissance. Il est étrange que cette promesse épuisée par la religion, le marxisme et maintenant le capitalisme continue à alimenter un possible propre à supposer quelque dol dont une révolution non plus prolétarienne mais dans le fond conservatrice voire pire aurait le secret, sans pour autant remettre en cause une logique de consommation sous le bouclier hors contrôle de Fukushima. Ce que Lacan introduit grâce aux formules de la sexuation, c’est justement la possibilité de parler logiquement au contraire d’une jouissance qui déborde l’ordre phallique, délocalisée de l’organe sinon du lit. L’insue de cette jouissance de structure éclaire d’un jour nouveau à la fois la frigidité et le non rapport. On conçoit aussi que la psychanalyse ne saurait se confondre alors avec quelque solution thérapeutique comme hygiène sexologique, puisqu’elle vise un domaine réel hors sens, hors phallus où l’impossible à symboliser fonde l’équation propre au sujet. Limite du déchiffrage qui vise toujours un sens, c’est cela qui devrait faire sinthome en lieu et place du symptôme articulé aux impasses logiques du bio-graphique, dont la névrose de transfert a la consistance.