rêvalité
le terme trouvé chez Sophie Zénon( cela semble de fait un déplacement de lecture mais qu’importe, les photos découvertes à cette occasion valent le détour) semble générique, du côté de la photo et du côté d’un certain usage de la langue, s’il faut entendre rêve et réalité, mais aussi rivalité, on entend aussi rêve alité ce qui laisse le signifiant flotter encore un peu, car le jeu sur les mots semble avoir quitté le binôme Joyce-Lacan pour devenir une combinatoire obligée d’un certain modernisme, après tout la langue peut bien en venir à bouffer la lalangue , c’est bien le terme du capitalisme, les japonais n’ont pas d’inconscient et tout le reste
d’accord la mort dans le flou de l’exhibition tombale et puis les corps morts comme Holbein ( comment ne me sentirais-je pas proche après l’impératif d’un long travail pictural à partir de ce tableau) flottant dans quelque liquide de conservation et puis un arbre qui se dresse net et solitaire face à une étendue d’eau immobile, ciel légèrement nuageux, sans doute que les momies de Palerme rigolent dans le fond depuis leur tranquille apparence, et le cheval qui monte depuis le lac est porteur du septième sceau, toujours, à Angkor regarder de côté , jamais le temple en frontal, le deviner sur la rive là où on ne regarde pas, venu de si loin qu’on ne cherche qu’à voir justement la pierre silencieuse , énigme ouverte puisqu’il n’y a pas d’inscription lisible, l’épigraphie est morte faute de copistes, il ne reste que des traces officielles, rien de ce qu’écrit le khmer, à moins qu’il n’écrive qu’avec du sang,
le personnage est peut être à la recherche d’un lieu, il porte des journaux anciens, de vieilles bandes dessinées au titre énigmatique, la maison est basse, un peu moderne, il pleut, il hésite à courir nu sous la pluie, car il y a des gens qui passent de tous côtés, d’ailleurs ils finissent même par entrer comme s’ils étaient chez eux, il les repousse mais d’autres arrivent sur la terrasse et s’installent, ils venaient là pour un séminaire avant, il renonce à les repousser, sans doute part-il vers un paysage qu’il reconnaît en partie, là encore des gens gravitent des pentes raides pour rejoindre de petites maisons en espalier, il y a sans aucun doute des ébauches de scénarios mais fugitifs
le réel est têtu, il se rit des contorsions qui s’affirment comme de raison, il se rit de la religiosité qui postule un Autre omniscient, voilà un infranchissable subjectif qui cherchera à défendre toute réalisation fusse fantasmé d’un désir, l’horreur du désir d’une femme par exemple , du désir tout court qui sera vécu hors du texte comme une pure folie, une inquiétante étrangeté, à quoi appartient le corps immortel du père mort qui dicte toujours sa loi de limitation et ses menaces, si tu suis ton fantasme alors je ferais hécatombe chez toi, demi mort est le jeu, l’oeil du mort regarde ce parlêtre qui regarde lui même le sexuel en face ou plutôt de côté, immobile , sans un geste, aucun secret, aucune intimité, d’où la discipline, ironique au besoin, faire le deuil d’une subjectivité pourtant très tôt déployée, trop évidente, cette solitude absolue sous l’oeil d’un Autre mort, au seuil d’une érudition flamboyante qui n’accoucherait que d’ennui