que reste-t-il de la structure?
rien sans doute entre la modernité et les platoniciens lacanoïdes, rien puisque le temps d’une sorte d’algébrisation dynamique n’a pas eu lieu, notre sentiment est qu’il n’y a pas de lieu substitutif autre que les masques du spectacle, mais après tout ça démarre comme Bourbaki, c’est très beau, les gens sont jeunes, les idées fusent et demain est plein des discussions sans fin qui pensent la diversité, une lisibilité ouverte attend des travailleurs mi cliniciens mi poètes , et puis une soupe vient recouvrir le tout, amnésique et universelle, l’histoire disparaît avec Foucault, la psychanalyse avec Lacan, la philosophie avec Derrida , la sociologie avec Bourdieu, la littérature avec Barthes, l’éthnologie avec Levi Strauss... non bien sûr... certainement cependant, donc quand même un crépuscule qui pour être celui du capitalisme est aussi celui de la culture, la structure est à déconstruire , déconstruction transformante pour le moins, travail dialectique du négatif, travail dans l’entre deux du texte qui le déplace, l’annote, le bricole, l’archaïse aux limites jungiennes, non en soi mais là où finalement se cache l’invention, réveiller le texte canonisé, relancer l’héritage, dans un débordement de l’engendrement du concept, ses connections infinies, malgré ou à cause de la finitude du locuteur, la mascarade du tout savoir, choisir l’injection de sa parole dans le texte, faire trembler la langue, rien sinon que l’ennui mortel du même, ne rien oublier de ce qui vient avec le texte, son ombre vile, sortir de soi au prix de l’ombre
il y a une bordure à la symbolisation qui est du domaine passionnel c’est à dire des investissements directs d’objet qui mettent à mal la représentation, sa conceptualisation, la vie déborde de sa propre contradiction, bouleverse l’écriture qui tend à laisser trace de l’excès, subversion de l’universel de la lettre par la lettre elle même, forçage des limites qui introduit l’étranger au coeur de la cité, souffle dyonisien qui traverse l’alexandrin , disloquant jusqu’au signe pour lui donner la puissance du continu, ici se bouscule la nécessaire opposition des termes et donnant toute sa valeur au poinçon qui lit le signe au réel signifiant<>signifié, ainsi du phallogocentrisme qui joint et le phallus et le logos en une clé de voute , pas sans le phallus cependant, la polysémie minoritaire est toujours dans la dialectique du Un, réduire la pensée à un effet de mosaïque évite de se poser la question de surface, que la structure topologique de la nappe langagière implique une logique n’implique nullement de la maillage fin soit monologique, inversement l’enjeu politique minoritaire tend à réduire la pensée à un listing de particularités indifférentes, l’hétérogène radical du singulier vient se heurter à tout effet de vérité, incitant d’ailleurs à une orwellisme textuel qui révise le passé en fonction du correct actuel qui voudrait à la fois protéger le singulier et le mettre à mort, le gay noir américain finira quand même en premier sur la chaise électrique, toute pensée critique sombre dans la compulsion des différences, ce qui évite la différance qui y lit des réels, la liberté sexuelle aboutit à la chasse harcelante, posant les termes d’un puritanisme pornographique universel, ce qui n’est guère le nouveau monde amoureux, la loi tend à normer les différences , les figeant dans un status achevé
une nouvelle clinique serait en route, on peut y lire surtout les effets de la marchandisation du vivant qui cherche à étendre son empire jusqu’à l’intérieur des formes de l’intimité, comme il a procédé avant, le Kapital ouvre les poches de résistances à son expansion totalitaire, statistisation des sujets, législation commerciale mondialisée, les structures familiales se pulvérisent au voisinage des centres , la reproduction se disjoint de l’humanité pour devenir un marché qui n’a plus à s’encombrer d’un impossible que la biologie doit vaincre, le symbolique apparaît lui même comme archaïque au profit de la fluidité d’un langage opératoire... donc effectivement un nouveau monde s’installe à l’intérieur des êtres, maintenant que le monde est achevé et la nature dévastée, la perversion généralisée comme norme ajoute une composante inédite à la psychopathia sexualis, la loi désormais à la remorque du progrès organise un jeu théatral de semblants où le tiers pourrait très bien être un mixte entre le directeur du laboratoire et le dark vador du logiciel d’attribution, le réel est ainsi voué à une forclusion dont la virtualisation accélérée des échanges est le support, la psychanalyse n’a plus qu’à jouer là dedans son rôle de clown et offrir une écoute adaptative au référentiel souple de l’échiquier, la génétique fait norme et «libère» la combinatoire d’un Sodome obligatoire, il n’y a plus besoin comme le fantasmait le marquis de construire un lieu secret de recul, au contraire il s’agit d’aller de l’avant et de promouvoir un bricolage nouveau entre la n-parentalité, les transformations techno-génétiques, le clonage, les greffes, l’insémination artificielle, le jeu video du possible qui occupe l’écran masque les destructions, les meurtres, les famines, le recyclage de la bouffe, si ce réel fait retour dans le flot d’informations ce sera de manière cumulative, cursive, immédiatement recyclé dans la fiction , une idéologie confuse accompagne la pensée qui voudrait ne lire dans tout ça qu’une opposition binaire entre culture et nature, et donc à nouvelle nature nouvelle culture, certes qui a pu constater l’extrème pagaille engendré dans les classes expérimentales par les déclins des noms du père ne peut que se réjouir à l’annonce de la n-mère, et donc nous ne pouvons que nous réjouir qu’une lettre n’arrive plus jamais à aucune destination, lettre en souffrance absolue rendant la Verwerfung au principe du lien derrière l’archaïsme certain de la Verlungung, exit le malaise, vive le meilleur des mondes non pas possible mais réel, tandis que le marathon de Boston finit en boucherie, Bachar el Assad annonce l’apocalypse et des skins agressent des gays pour défendre les valeurs de l’Occident, bien sûr un skin est un adhésif décoratif imprimé, permettant de personnaliser et de protéger un objet (souvent hi-tech, par exemple uni Pod ou un ordinateur portable). Un skin est très souvent fabriqué avec du vinyle microstructuré et plastifié après impression.