20 janv 15
Si la poéthique est le réel du signifiant et la peinture le réel phobique de l’imaginaire, qu’est ce donc qu’un nouage des jouissances qui ne seraient du sens?
800.000 personnes ont manifesté lundi à Grozny, capitale de la Tchétchénie, contre la publication de caricatures du prophète Mahomet, a indiqué le ministère russe de l’Intérieur.
1,269 million (2010)
Tchétchénie, Population
Le FMI pessimiste
La chute des prix du pétrole ne suffira pas à soutenir durablement l'économie mondiale, freinée par des "faiblesses" persistantes en zone euro et par un ralentissement chinois sans précédent depuis vingt-cinq ans
Comme le raconte Paradjanov aucune raison que cela change, le système est allé trop loin. Poutine est l’équivalent stalinien pour notre monde. Autrement dit la poétique du cinema a disparu dans le Goulag. Le Goulag a réussi là où la Shoah a échoué. Effacement du sujet au delà de l’effacement des corps. Après il n’y a plus qu’à effacer le tenant lieu de l’opérateur, soit le communisme lui même. Sur cette base là il convient de reconstruire un ennemi à la mesure de l’orwellisation du monde, en la personne du terrorisme qui faute de l’appui de la théorie sociale n’a plus qu’à prendre leçon de la fable religieuse.
Ce que propose peut être le cinéma du pohéme est un type de nouage différent du noeud du psychanalyste dont la passe serait équivalente à une désécriture comme dénouage du réel, à quoi répond une nomination réelle cette fois
les erreurs d’écriture de type Joyce admettent en fait quatre types selon que l’imaginaire ou le symbolique se trouvent détachés ou encore attenants. La clinique nodale demeure encore rudimentaire d’être en écho à une psychiatrie du comportement revisitée et désormais univoque.
L’exemple Paradjanov est au carrefour de ces questions puisqu’il interroge la bifurcation du non advenu, singularité parfaitement incongrue dans un monde opératoire, singularité posant la puissance réelle d’un folklorisme transcendantal non jungien, à travers la vie de Sayat Nova assassiné à Tiflis en 1795 (Il a écrit ses poèmes en arménien, géorgien, azéri, turc, arabe et persan, ce qui lui a apporté une célébrité allant au-delà de la communauté arménienne. Il a été appelé comme poète à la cour d'Héraclès II, roi de Géorgie. Mais pour être tombé amoureux de la sœur du roi, la princesse Anna, il en a été expulsé et a passé le reste de sa vie comme moine, continuant à écrire de la poésie et de musique. ).
Le 9 avril 1989 l'armée soviétique tirait sur les manifestants Géorgiens réclamant l'indépendance, sur l'Avenue Roustavéli en plein centre de Tbilissi.
https://www.youtube.com/watch?v=EInKmH7RNcQ
le film mutilé évolue dans un moyen âge onirique où justement la perspective albertienne n’est pas efficace et où le temps est l’espace. Ici justement l’image rend sensible les rapports disjoints par la convention représentative.
« Etait-ce un songe? A-t-il feuilleté pendant soixante-treize minutes un recueil de miniatures orientales offert par un historien perse ou un moine magicien du monastère arménien d'Haghpat ? Peut-être s'agissait-il d'un mystère médiéval ou de l'un de ces rituels scéniques exécutés à la fin des années soixante par Bob Wilson ou encore d'une mise en scène du théâtre Kabuki ? » Le poète est sacrifice de la langue au front de la répétition mortifère.
« J'ai pensé que le cinéma pouvait être statique par l'image, comme peut l'être une miniature persane ou indienne, et avoir une plastique et une dynamique intérieures. C'est pour cela que Sayat Nova a été différent de mes films précédents, lorsque j'ai réfléchi et travaillé sur les miniatures religieuses arméniennes, pleines de spiritualité et de poésie. Elles ont éveillé en moi un étonnant sentiment de vénération.»
le principe de la miniature rêvée déplace la problématique du rêve freudien du côté d’une icônicité réelle.
« Dans cette suite d'"icones-séquences", une image ne succède pas à une autre, elle la remplace. Aucun mouvement de caméra dans ce film. Aucun raccord entre les images. Leur seul point commun, c'est nous. » Daney proposait ainsi cette notion du spectateur monteur de son film qui échappe au narratif soporifique constant destiné à obscurcir la manifesté du visible, une vision perdue sans regard. Ici loin d’une capture du voyeur, il y a une effusion du regard comme don. D’où une attitude bifide cherchant à sauver du sens là où l’image est pohème.
Staline and co ne sont pas les seuls à mutiler les films, le cinema d’Hollywood n’a fait que ça, de sorte que l’objet filmique est le produit d’une manipulation diverse, un certain état d’un processus dont le spectateur n’a qu’un usage très partiel, ainsi en sera t il des films perdus, Metropolis en fragments, Sayat Nova monté par Staline dans le fond. Que regardons nous? a moins de contextualiser tout ça, construire le dossier du film et de ce point de vue le convoi de la peur de William Firedkin (celui ci ou un autre) qui est loin d’être un chef d’oeuvre est à la fois l’abîme du Clouzot et la catastrophe d’un tournage, l’invite à monter ce film soi même, à écrire des dialogues, à sortir de la passivité, à créer un objet inouï puisque nous parlons après la mort du cinema