Ostie le premier novembre 1975
« Il était couché sur le ventre, en jeans et maillot de corps, un bras écarté et l’autre sous la poitrine. Les cheveux pétris de sang lui retombaient sur le front. Les joues, habituellement creuses, étaient tendues par une enflure grotesque. Le visage déformé était noirci par les hématomes et les blessures. Les mains et les bras étaient meurtris et rouges de sang. Les doigts de la main gauche étaient fracturés et coupés, la mâchoire gauche brisée, l’oreille droite à moitié coupée, l’oreille gauche arrachée. Des blessures sur les épaules et la poitrine, avec les marques des pneus de la voiture. Entre le cou et la nuque, une horrible lacération. Aux testicules, une ecchymose large et profonde. Dix côtes brisées, ainsi que le sternum. Le foie, lacéré en deux points, le cœur éclaté. »
c’est bien tout ce qu’on peut dire, tellement le meurtrier avouant avant la découverte du corps ,condamné et déniant par la suite...Giuseppe Pelosi donc et rien tout autant, la moindre enquête montre que le récit de départ ne tient pas. La question est bien entre un mobile plus ou moins politique et une sublimation de cette fin. Quelque chose a glissé depuis ce qui aurait pu naître dans l’après guerre quand les humains avaient mesuré le prix des idéologies déchaînées, mais tout s’est refermé sur les formes nouvelles de contrôle populiste et médiocre. La nouvelle jeunesse redouble la meilleure jeunesse comme un effet réel de miroir sur ce généreux utopiste du pauvre qui désormais se massacre aux frontières. Le mystère paysan, tranquille et sourd oeuvre au franchissement de l’horizon clos du monde phénoménal, malgré tout, c’est ce retard d’une longueur qui coupe la semblance in-comestible du sens . D’où cette archaïsme de la lettre et de l’image, parler le frioulan jusqu’à Salo. Aucune bonne conscience possible .
La condition de poète s’arrête
quand le rêve des hommes
s’effondre
et autres sont les outils
pour communiquer avec des hommes semblables
Le véritable diable a franchi le seuil dans un flot de sang et nul de peut inférer quelque arrière fond prophétique du poème
le sentiment
de la mort, devenu rut en moi
il faut être plus réaliste et noter la froideur du temps qui peut s’accommoder des diatribes de tribuns tout aussi ubuesques les uns que les autres, et converger vers des lois normatives qui livre l’amour au conformisme consommable, retraite et vacance assurées. La conséquence sera l’arasement culturel puisqu’il convient de combattre l’obscénité, la cochonnerie, la grossièreté, l’inconvenance, l’indécence, la monstruosité, la pornographie, le stupre,la trivialité, la vulgarité... mais ces termes sont comme frontex , on ne sait pas à qui cela s’adresse, et comme disait Russell «l’obscénité est tout ce qui se trouve choquer un quelconque magistrat âgé et ignorant»