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Mourir de désir, désir de mort

 

 

 

Mourir de désir, désir de mort

La fille de l’Empire Stade est donc intacte dans sa chute mortelle, faisant de son suicide un spectacle que sa vie ne pouvait atteindre, c’est un gisant très moderne qui est réalisé en même temps, icône moderne pour une question d‘existence  à chacun posée   qui introduit le spectacle de la mort, la belle mort au principe du fond de représentation du parlêtre.C’est ce thème générique que Wahrol reprendra autour de la notion de mort et de catastrophe . Il s’agit d’un travail d’accumulation d’éléments journalistiques où se confondent suicides, attentats, chaise électrique, bombe atomique, mais l’image est travaillée hors d’un appel vulgaire de la représentation, il s’agit de mettre en oeuvre un processus de morbidité ordinaire , la banalité de la mise à mort systémique, aucune séduction là d’un pathos plus ou moins romantique, la figure est prise à l’effet de masse, la confrontation machinique à l’oeuvre dans la modernité. La figure y disparaît en tant que telle au profit d’un processus aveugle.

" n'importe qui peut devenir une star en mourant , en devenant une catastrophe « raconte Cronenberg, ce qui apparaît tout autant l’idéal du rêve américain réalisé. Aucun rapport de fait entre l’inconnue de la Seine et la femme américaine . Le point de rupture s’effectue autour des meurtres de masse et la projection littéraire est ici de peu de poids. “Une adolescente aux yeux clos, mais vivante par un sourire si délié, si fortuné, [...] qu’on eût pu croire qu’elle s’était noyée dans un instant d’extrême bonheur” Maurice Blanchot. Le masque mortuaire idéalisé vient ici s’effacer à jamais devant les figures du désastre, c’est une vaste série qui s’est arrêtée au temps de la grande peste pour revenir à la porte des tranchées puis des camps. Point d’Ophélie flottante dans sa présence incertaine de vie et de mort, c’est l’instant du regard qui remonte depuis l’horreur, celui des visages de Music qui se portent dans notre futur. Là s’inscrit le possible d’une image qui ne serait point idéalisée, point de l’ordre du semblant, ce que dit Huberman « Si les choses de l’art commencent souvent au rebours des choses de la vie, c’est que l’image, mieux que toute autre chose, probablement manifeste cet état de survivance qui n’appartient ni à la vie tout à fait ni à la mort tout à fait, mais à un genre d’état aussi paradoxal que celui des spectres qui, sans relâche, mettent du dedans notre mémoire en mouvement. L’image serait à penser comme une cendre vivante. Déjà, Nietzsche affirmait que « notre monde tout entier est la cendre d’innombrables êtres vivants » refusant par conséquent de dire que la mort serait opposée à la vie » Ici l’objet ne peut plus se draper dans la belle forme mais plus avant dans l’effraction du beau par un réel qui ne sera plus ce tenant lieu à quoi un discours s’accroche. L’art se constitue dans cet ouvert où le familier ne peut soutenir une présence sans bord. Si Ophélie revient ce n’est pas pas sans un certain gothisme spectral. Sans doute qu’ici l’écriture nodale pourrait laisser penser l’insu pour peu que ne vienne dominer un discours univoque où l’objet cesse de faire coupure

 

 

et tout se prolonge dans ce glissement même pas somptueux de surfaces

 

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