19 nov 14
Mort de Poussin
Sous la moustiquaire du temps les animaux aux ombres parfaites laissent glisser un son de flûte parmi ces images vues de loin
D’un hôtel l'autre la population invisible s’éloigne dans l’indistinct et des goûts artificiels compensent ces effets de distance règlés
Un corps endormi dans l’abandon du regard , illusion de se croire exempt du sort d’Acteon qui surprend Diane au bain, la déesse dort encore mais d’un trait va rompre le frêle amant et le regard s’enfuit à l’horizon du rêve de la déesse qui postule ce létal pour chacun
Intouchable fusse d’un regard, Apollon ne touche Daphné , viol impossible dans cette déclinaison chez Poussin du non rapport sexuel
Orphée ne touchera point Eurydice des limbes revenue, ce witz du dieu qui se fait enchanté d’un son, sachant que la mort est la clef du désir
Le désir est secret du songe qui lui imaginarise le rapport , ce dont le parlêtre nourrit sa quête , j’ai eu la peau du con, hurle le marquis, moderne érotique en tout point sauf que les saintes de Zurbaran nous avaient déjà raconté le comique de tout ça , l’objet partiel dévoilé
Tout tableau est un corps endormi que le regard éveille au possible qui crypte un désir, regarder un tableau n’est pas sans risque , d’être vu pour ce que nous sommes, une chair qui somnole à l’abri de toute fiction ou friction , nature morte, même pas une pomme de Cezanne justement
Le corps échappe au tactile radicalement, ainsi cette double métamorphose d’Echo et Narcisse, de roche ou d’onde devenus, effet en retour de l’auto saisie objectale
La peinture ne traverse jamais la surface , espace coloré fictionné, l’abstraction croit se défaire de la fiction , du figuratif, évolution tragiquement géométrique de Mondrian . Nous maintenons le pôle réel chez Rothko et de Stael. Le tempête qui borde la figure l’expose plus radicalement , c’est le nouage nécessaire de l’imaginaire, ça joyce malgré tout
Les ruines du premier royaume thaï , les couvertures les statues ont quasi disparu de sorte qu’il ne reste que des ombres dans un parc arboré magnifique
C’est le temps de l’écriture stabilisée à partir du khmer, du sanskrit sans doute , le lieu warburtonien des étymologies fantastiques proches des glossolalies
Sukhothai
Sri Satchanalai
On roule dans ce désert humain
Étrangement vous ne trouvez pas de surface à photographier
La route de Lampang est assez ennuyeuse , cette plaine centrale ne ressemble à rien mais l’étape pourrait être charmante, de fait la petite ville en bois en bord de rivière est un peu bétonnée
Tristes tropiques depuis si longtemps