Mort à Venise
Malher se meurt, il glisse vers sa mort, il découvre qu’il va vers sa mort, alors il revient à Venise, dans l’hotel de Balbec, il retrouve l’extrème dandysme figé, les spectres chics qui se déplacent de la chambre au salon, au restaurant, au bain de mer, peu d’hommes ou âgés, des femmes, des bonnes et des enfants, les femmes sont figées dans leur être, les enfants jouent, tout le monde s’ennuie, il songe aux discussions avec son ami à Munich qui lui dit que la vie ne saurait être l’esthétique pure, il est parmi les gens, il le voit, les zooms de l’amour annulent les distances, le décor est magnifique, il le suit, il voudrait partir mais ne le peut, alors l’ange radieux devient celui de la mort, la Vème envahit l’espace sonore ordinaire tandis que l’épidémie s’installe, la mort l’envahit, il se masque tragique comme une dernière scène, il le regarde en mourant, lui frêle silhouette qui lui indique un ouvert, ombre à l’horizon loin, invisible et rapproché, l’objet du désir est sa propre mort, les détails biographiques importent peu