médiatisation du pire
sans doute que le pire est au principe flou de l’effet spectaculaire, ce qui captive l’attention, ce qui dans l’espace journalistique permet de vendre, ce qui sort de l’ordinaire, extra-ordinaire, ce qui est pis , latin pejor, rendre pire, aggraver, empirer, s’il y a médiatisation, cela suppose un pire commun, inimaginable, irreprésentable, en tout cas à la limite de la représentation, du représentable, commun et en même temps singulier, le pire étant de chacun, propre à chacun même si tous participent du même frisson face à certains extrêmes, d’où sans doute ce lien avec l’horreur, donc la guerre, la violence, les agressions des faits divers, le dévoilement du pire chez le puissant, etc... il y aurait nécessité de faire image, ce à quoi s’emploient les journaux comme le Sun, paris Match, détective, mais aussi internet qui véhicule à toute vitesse telle ou telle image. qu’est ce le pire pour un sujet? ce qui porte atteinte à son intégrité physique, psychique, torture, viol, mort, souffrance, d’où l’identification fascinée à l’image qui va représenter cela, mais en même temps l’image est un rempart contre la représentation inconsciente insupportable, fonction du film d’horreur, du récit sadique , l’adolescent va se complaire dans ce type de récit mais tourner de l’oeil pour une piqûre, c’est un peu comme si l’on cherchait à voir au delà de ce qui est visible d’où le côté pornographique de ce jeu des médias, donner à voir ce qui de toute façon ne peut se voir, là entre en jeu la technique de l’image qui cadre, recadre, déplace pour augmenter l’effet, l’effet de sens , qui est plutôt un vide de sens, le sujet névrosé souffre de symptômes divers (angoisse, dépression, tics...) , il ne dit pas souffrir de ses fantasmes qui lui ménage avec plus ou moins de bonheur une ouverture sur le monde, il voit le monde de la fenêtre de son fantasme et règle sa démarche vis à vis de l’autre en fonction de cet imaginaire embarqué, imaginaire prêt à s’enflammer pour peu que quelque signe vienne s’accrocher à son système, mais il n’ira pas jusqu’à ce que son fantasme s’actualise réellement, puisque son fantasme est construit comme héritage du complexe d’Oedipe, et le mythe le raconte, Oedipe d’aller jusqu’au bout découvre ce qu’il ne devrait pas savoir, le pire est donc en ce sens au plus intime du sujet et a le visage du familier, s’il parle c’est qu’il se trouve dans une mise à distance de ce réel dans lequel il est immergé, il explore grâce au langage le monde mais le monde lui demeure étranger, Freud dans un texte sur l’inquiétante étrangeté souligne cette présence horrible de ce qui est invisible, sans nom et pourtant présent au coeur du familier, on pourrait dire que la fascination du pire est ce qui permet de se défendre de la présence du pire en soi, dans la féline de Tourneur, la présence de la bête n’est que le mouvement d’une branche dans la nuit, lorsque le monstre surgit il fait aussitôt plus clair, le danger ménage une stratégie de défense, la force des médias est de livrer sans médiation justement une image qui fascine parce qu’elle révèle l’intime secret, l’ignorance des camps de concentrations démentie par les images aériennes et divers documents issus des camps n’est plus possible lorsque des caméras entrent avec les soldats à Auschwitz, la belle image idéalisée de l’homme y disparaît irréversiblement mais l’erreur serait une vision macabre d’un monde réduit au camp, fond de désespérance sur lequel surfe le médium comme entretien d’un no futur , vue la situation il n’est pas besoin de se révolter, ainsi fonctionne le catastrophisme de la fameuse dette et des agences de notation, ce dispositif Big Brother tend de fait à saturer les esprits entre catastrophisme mondialisé et reality show, ce dernier point étant de donner à voir comme exemple le spectateur lui même en boucle, on conçoit qu’entre guerres bien sanglantes, psychopathes sanguinaires, reality show et feuilletons médico-légaux, la chute de DSK soit un matériel mondialisé,
mais les guerres ne sont pas toujours visibles (rien sur la prise de Bagdad que quelques lueurs), les caméras n’arrivent pas assez vite sur la scène de crime (à moins d’être branché sur les fréquences de la police et d’arriver avant)
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