Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

le commun du théatre

le commun du théatre

Le monde d’après non pas le 11 septembre mais plutôt d’après Fukushima est un monde fermé autour des méfaits d’une logique marchande poussée à ses extrêmes puisqu’elle comporte depuis les camps et les massacres généralisés la logique de l’extermination de l’homme. C’est en ce terme stupide que l’idéologie individuelle trouve son retournement comique en un commun de pensée qui n’a rien à voir avec quelque caricature sordide du forçage vers le pire. On peut toujours recherche les cadavres, il y en a trop et d’ailleurs la situation historique de hier a disparu dans l’inculture. Le présent radioactif est parfaitement actuel, le coeur du réacteur continue à fondre et l’eau nécessaire est chaque jour sans cesse insuffisante, elle fuit d’ailleurs de partout et les tornades dispersent au loin les particules invisibles, pluie noie n’est plus anecdotique mais actuel et pourtant les discours sur l’énergie reposent sur la même logique productiviste. Alors se pose nécessairement pour chacun la question de Lénine, que faire? c’est à dire que peut-on penser? il est manifeste que la pensée ne peut que faire retour après des années de haine justement de la pensée comme supposée inefficace face à la nécessité de la transformation à tout prix du monde, l’accumulation insensée d’objets de plus en plus virtualisés, la puissance sans limite d’une mass médiatisation sans limite de la banalisation des images réduites à leur aspect le plus superficiel, de sorte que seule l’image classique qui, bien sûr, s’accompagne d’idéologies parafascistes peut encore servir une représentation du sens. Le réel qui surgit est aussi un réel de calcul, l’accumulation est bornée, c’est à dire que la coupure se retrouve à l’autre bout d’une chaîne qu’on pouvait croire défaite par la libéralisation de la famille, de la religion, de l’identification. Mais pour autant la question d’une révolution conservatrice c’est à dire qui tiendrait aux linéaire de la structure classique n’est plus possible puisque le discours dominant est justement devenu fluide et délocalisé. C’est donc d’une centrage sur une représentation inconnue dont il s’agit, le paradoxe du capitalisme d’ailleurs qu’il n’est plus question de romantiquement vouloir renverser pour offrir le lendemain actuel des mondes chantants. Il est alors question de la lenteur, de l’écoute des vibrations qui montent, l’an 01 disait-on dans un autre monde qui de facto avait plutôt accéléré le processus en jetant à bas les statues. L’orwellisation de la langue a rendu les termes utilisés pour désigner le monde comme parfaitement dépourvus de toute articulation, à l’exemple de la démocratie et de la politique qui se baladent avec indifférence dans la soupe langagière avec les autres articulés symboliques. Le parlêtre moderne a affaire à un dictionnaire à la fois techniquement précis et philosophiquement in-articulable puisque effectivement détaché de tout ordre symbolique. La question soulignée par Jean Luc Nancy à propos de la notion de réappropriation collective est bien celle de savoir s’il ne serait pas plus urgent , plutôt que de jouer à la vieille socio-démocratie de centrer les choses sur l’effet paradoxal d’un détachement des notions de richesse, de moi, voire d’identité, ce par quoi le non formé peut venir à être, ce qu’aucune programmation du monde industrielle ne peut rien. Le langage a suivi la pente phénoménale de banalisation des objets comme pur semblant, de sorte qu’ils flottent comme les paroles gelées dans la soupe glaciale des échanges, il convient donc de les réincarner dans des espaces collectifs d’exposition comme peut être un théatre disons pour situer quelque effet de père malgré tout, théatre de la cruauté. L’anarchie de la pensée fluctuante indifférente aux effets marketing de recomposition  sans demain, mais éthiquement ordonnée par l’effectif de la rencontre qui pose l’acte de reconnaissance dans l’énoncé même de la parole. L’histoire le montre, la dictature ou le commun.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article