l’ornithorynque ne pond pas des oeufs
Le réel est plus vaste que ce que les appareils pratico-theoriques permettent de, quoi d’ailleurs? voir? entendre? comprendre? rêver?un mammifère qui pond des oeufs? impossible, d’ailleurs ce collage des morceaux d’espèces différentes... l’imaginaire cadre le monde de la puissance de son fantasme, aidé par le symbolique qui le calcule à sa mesure. Bon d’accord!, c’est un montrème, le seul ornithorhynchidae ornithorhynchus qui ait survécu, il est un brin archaïque le bougre.
le réel manifeste de l’inobservé, mais cet inobservé ne peut l’être que grace à un regard de côté, une ignorance, une expérience abstraite de pensée
au début était la structure et on ne la voyait pas, on ne la voit toujours pas d’ailleurs.
« Nous devons donc envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’Analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle et l’avenir, comme le passé serait présent à ses yeux. »ça se trouve dans l’introduction de l’essai de Laplace sur les probabilités
Il serait utile à la fois d’introduire une chaire de philosophie en faculté des sciences, il serait tout autant utile d’introduire quelques études de mathématiques et de physique chez les psychanalystes. Cela éviterait un certain fétichisme du mathème ou du topologicon propre à sidérer les esprits et à asseoir de fausses démonstrations sur les ruines de concepts approximatifs.
Lorsque Lacan enseigne en fait , il croise le vieux Freud et ce autour de la boucherie de 40 et de l’enseignement d’Heidegger. Ich Spaltung fera appui comme le stade du miroir pour une relecture en allemand de l’oeuvre de Freud. La clinique étudiée est certes celle de la bourgeoisie parisienne bien viennoise dans le fond malgré son surréalisme mondain, mais c’est aussi le retour de la clinique de Jung, sous sa forme non idéalisée, à savoir la clinique psychiatrique et sans doute que le séminaire de Lacan peut s’entendre comme animé de plusieurs pôles, construire un système formel scientifique, proposer une théorisation complète de la clinique des psychoses, effectuer une injection massive des connaissances contemporaines dans le corpus freudien
Lacan essaie de sortir de la prise imaginaire dans laquelle Freud nous a mis parce que c’est le discours hystérique qui règle le chant du transfert, livrant l’oedipe à l’étroit de la névrose bourgeoise, mais si la critique de l’ego psychology est nécessaire, il faudra bien in fine remettre l’imaginaire dans le nouage borroméen, quitte à virer un peu du côté du trinitas, voire du néologisme glossolalique
Il semble que la notion de structure qu’on trouve au principe du programme géométrique d’Erlangen de Klein, avec en indice à la fois les 23 problèmes de Hilbert ou le théorème de Gödel, c’est à dire qu’il y a des problèmes pratiques de clinique mathématiques et de d’autre part l’axiomatique est incomplète
en indice, la folie de Gödel ou celle de Cantor, Gôdel et Einstein qui discutent des extraterrestres , soit le cerveau est une machine de Turing et il existe donc des problèmes indécidables pour l'humain, ce qui signifie que « les propriétés mathématiques qui nous échappent ont une existence autonome » soit le cerveau surpasse les machines de Turing, et donc l'esprit humain est « une réalité indépendante du monde sensible »
Le structuralisme se constitue comme tentative d’application du principe géométrique dans divers domaine, à la folie Warburg répond Panofsky, à l’accumulation de Krafft Ebing, Kraepelin, Frazer va répond Freud ou Mauss Levi Strauss, la langue va trouver Saussure puis Jakobson, la sociologie Bourdieu, l’histoire Foucault, la littérature Barthes... bref l’intelligence des réels fuse de partout, et puis les maîtres disparaissent avec les pères et nous laissent en plan avec une matière noire invasive, une nouvelle clinique, un capitalisme toujours plus agressif
dans le détail microclinique, il y a les variations du signifiant, le différentiel quantique des lettres, et partout l’idéologie clinique, lacanoïde, comportementaliste, biologique
le sujet moderne est paramètré sur d’autres père-versions que le père de Freud, celui de Kafka ou de Schreber, peut être que la clinique nodale ouverte par Joyce pourrait inciter à construire un modèle qui ne serait pas que décoratif, le semblant des choses
que penser alors des analogies fortes avec la théorie musicale, la peinture demeure sans doute encore à digérer les extrêmes d’un formalisme distancié du réel
Marc Darmon au Cerf expose un prolongements de parenthèse des parenthèses, il ne dit rien du lapin introduit dans le chapeau, à savoir l’artifice du trois, après, tout se développe abstraitement, la lettre volée circule avec son sens structurel, le sujet captif de la tresse, détresse du parlêtre qui en tout cas ne va pas jeter la lettre à la poubelle une bonne fois, à moins que l’analyse devenue infinie grâce à la ponctuation phobique ne vire à la litanie des sourates hermétiques
je finis donc par ce vieux JAM
Vous n’êtes pas mort pendant vos… 55 minutes. Vous êtes vivants, vos sentiments, ce que vous pensez, comptent. Et ce que vous pensez est un effet de l’interaction avec le patient. ” « Tout démontre que Freud vivait la séance au niveau de l’articulation signifiante. Et c’est ça l’acte renégat avec le contre-transfert : ils ont fait entrer dans l’expérience analytique l’ordre du signifié. La vraie différence que la question quantitative des séances cache, c’est le contre-transfert. Il y a là une différence de pratique, de technique, bien supérieure à celle de la durée. Ou alors est-ce la durée même de la séance de 45 minutes qui finit par ruiner la position de l’analyste. Ils se décrivent progressivement comme envahis par leurs associations à eux, alors que la séance lacanienne tend au contraire à l’acte acéphale, à un acte accompli par autre chose qu’un sujet de l’inconscient.