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L aveuglement topologique

L’aveuglement topologique

 

La topologie lacanienne fonctionne le plus souvent comme illustration plus ou moins commode dans laquelle on essaie de faire entrer dans le meilleur des cas des éléments cliniques, en général en petit nombre, voire en nombre unique de façon à ne pas trop se mélanger les pinceaux dans les figures réduites à deux ou trois plus ou moins illisibles. Il n’y a bien sûr aucune tentative pour éclairer les propriétés strictement topologiques ou locales qui pourraient permettre de construire une surface opératoire c’est à dire réellement détachée d’un effet imaginaire à la limite du représentable. L’idée de torsion et de spécularité demeure de l’ordre de ces limites. On conçoit que la possibilité d’un enchaînement nodal depuis les surfaces soit de l’ordre de l’illisible. On se contente la plupart du temps de considérations mimées et du renvoi à des considérations ultérieures ou parallèles qui seraient trop difficiles à exposer ce jour ci. Bref pas de grande différence avec les patates de Freud .

Il faudrait remonter au refus de Morin de rencontrer Lacan et à l’acceptation de Petit de venir Rue de Lille pour s’entretenir de ce que Lacan appelle élucubration à propos du fameux article sur le retournement de la sphère qui fait intervenir une surface de Boy à deux feuillets.Petit note une Gloria à cigarillos qui pointe du doigt les clients expédiés à rythme soutenu. Et donc Lacan dont la table est encombrée de noeuds. On est en juillet 79. Petit est très curieux de l’intérêt de Lacan pour la surface unilatère, donc le Crosscap comme objet de modélisation théorique et tout autant l’intérêt borroméen qui vient là dessus. Sur la question du crosscap Lacan indique qu’il situe l’objet @ au point cuspidal central , au niveau de la ligne d’autopénétration de la surface dont l’existence est le fait de la réduction dans la projection dans l’espace ordinaire. Petit note que Lacan propose une lecture imaginaire de l’objet crosscap puisqu’il veut privilégier un point qui sera objet @, ne tenant aucun compte de l’autre point cuspidal périphérique. De toute façon Lacan se fixe sur la surface de Boy qui ne semble pas, à juste titre, offrir les mêmes difficultés de lecture.Le problème est que ces deux points cuspidaux sont nécessaires dans leur inversion pour effectuer un retournement non trivial de surface. De toute façon la surface de Boy n’est pas si simple puisque le point supposé central dans l’image est à la fois triple par croisement de nappes et inexistant géométriquement. Mais ce qui importe à Lacan c’est que l’oubli de l’autre point est levé par ce mystère central unique. Mais la question rebondit sur la coupure parce que la double boucle moebienne qui détache l’objet disque @ demeure une idée théorique fondamentale. Il est toujours possible d’effectuer ça sur la surface de Boy mais là il faut un Möbius à trois demi tours. Dans le fond un déplacement s’opère puisque la vectorisation phallique de l’illusion de la ligne d’autopénétration du crosscap va nécessité une découpe quand même plus complexe dont on va pouvoir négliger dans le fond l’incise propre au nom d’un local de coupe euclidienne.Autre incidence s’il est possible de développer parenthèse des parenthèses vers une chaîne borroméenne et donc de faire l’économie de la question des surfaces, il est possible de passer géométriquement du cross cap à la surface de Boy grâce à une surface de Steiner. Il y a un effet dogmatique dans le passage de ces élucubrations à un enseignement de vérité sur lequel devrait se fonder la lecture clinique nouvelle.

Il semble en tout cas que l’obsessionnel s’il est du côté de la névrose demeure dans un usage du signifiant particulier qui maintient dans une proximité tremblée tout effet de découpe, c’est d’autant plus compliqué que le statut de la névrose obsessionnelle de l’homme aux loups demeure au bord d’un doigt coupé, enfin pas tout à fait, ce qui interroge sur le statut de ce que pourrait être une coupure incompléte. D’autant encore que l’obsessionnel voit volontiers sa pensée parasitée par un acte léthal qui poserait dans le réel une nécessité pourtant en principe posée d’origine mais déniée. Quel est le statut alors de la négation parce qu’elle ne s’applique pas vraiment au signifiant qui demeure dans le semblant du signe, d’où cet usage de l’action comme ce qui pourrait réaliser l’enjeu d’une place. Charles propose de référer à la question du nombre en partant d’un principe simple, il n’y a pas de zéro et donc les nombres entiers se succèdent par substitution. Il faut déloger l’un pour être en place, d’autant qu’à l’inverse l’entre deux nombres est soumis à l’infini du réel mathématique , à travers quoi se joue le relatif du dénombrable. Le nombre fonctionne ici comme image certes, et ce qui demeure est cette idée d’une limite convergente (ou non!) qui permettrait d’atteindre un terme qui ne serait pas engendré de l’Un mais du un quelconque dont la caractéristique principale est l’errance du déterminé, l’un qui dans le fond ne compte pour rien, hors l’unaire qui fonde la répétition, mais cette répétition ex-iste pourtant à demi, elle demeure derrière la pensée de recouvrement, ne laissant que l’envie de la brillance de tout autre singulier d’être du bon côté de la jouissance. Et en même temps cet autre est soumis à ce récit fondateur d’un sujet réduit qui pourtant fait don de son existence pour soutenir une autre défaillance. Il faudra donc pouvoir trouver l’autre adéquat à qui offrir cette bondé totale afin qu’il en abuse... sombre délice. On voit la place offerte au psychanalyste, à sa furie thérapeutique qui version moderne sera d’arrêter tout simplement la cure, avant même que le solde ne vienne à terme.

 

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