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journal Laos Cambodge

31 octobre

Mourir, vivre à ce mourir et toutes ces histoires de guerre dont parle Montaigne

Enveloppé de drap comme un moine un peu en désordre, danser avec cette fille, corps collés de dos

Une autre est démon, du moins son corps cache un démon effrayant, comme dans un temple, elle cache le sexuel dont il est chargé

La castration vient faire butée à la jouissance selon la ligne de la différence sans qu’il soit possible de définir un espace dénoué non fou

 

1 novembre 

Toujours Hanoi au stade avion

Montaigne raconte des choses très justes sur l’imaginaire et sur les rapports de la jouissance et de l’imaginaire antinomiques

Emmanuelle est morte de cancers multiples, dans le nuit artificielle du vol le contact étrangement prime sur la parole inutile, renversement des lignes de contact, que peut un corps réduit à son tactile? Cela fait penser à ce type torturé par les colonels grecs sans yeux sans oreilles, rencontrer quelqu’un uniquement sur cette base

Il faut songer aussi aux belles endormies de Kawabata, suicide par le gaz je crois, Montaigne propose un ouvrage qui parlerait de ces fins diverses, tout Quignard est dans une page de Montaigne, il suffit de lire les classiques hélas peut être

 

2 novembre

Les restes de la fête des eaux déposent des odeurs fortes parmi les débris matériels qui n’en finissent pas de se ranger, les poissons du fleuve Dieu arrivent sur les tables fragiles, l’administration fait office de vérité et les moines raclent l’offrande que les chinois n’ont pas encore dispersé, l’humidité chaude moite, les gestes, la lumière du soir qui descend est comme la promesse d’éternité, l’orchidée pousse comme chiendent, mais quelque chose du charme est rompue,  Vientiane n’est pas Louan Prabang , ici la proximité du pouvoir est tangible, la modernité sauvage envahit l’âme d’un souffle affairiste, un sommet Europe Asie sert de masque à ce qui vient, et puis le sommeil frappe l’esprit du poids du décalage, venir ici comme le consul y mourir

Les militaires hurlent en sirène semblante le long des artères faussement capitales, un temple chasse l’autre dans un intemporel où le béton actualise la destruction des guerres, siamois et birmans venant à tour de rôle raser tel ou tel lieu, reste un effet global, un choix, Pha that Lang ne mérite que sa dorure lointaine, il est d’ailleurs clos à toute visite, reste le site et ces toitures diverses de bâtiments, sous l’arbre le Bouddha attend, des moines photographient ou lâchent des oiseaux, une statue couchée invite au repos évident de l’absence du monothéisme sanguinaire, Vat Si Saket et sa galerie de niches de Bouddhas, en avant d’autres plus grands parfois ruinés, l’édifice central est sacré, peintures de scènes très effacées, toujours la vie ironique du maître , on traverse la rue et Haw Pha Kaeo intéresse surtout pour ses statues, pluie protection éveil, les images déjà se perdent et se soulèvent comme pertes de la perception, une soupe, un arc, un marché très peu typique, et toujours des militaires, le chauffeur conduit sans plus, le soir descend doucement avec la chaleur, le Bouddha est finalement très anthropomorphe et multiple, il tremble dans l’existant sans promesse que celle du vécu possible pour qui sait tenir la comédie du karma

 

3 novembre

Le distance linguistique rend le voyageur à sa dimension absolue d’ignorance, le livrant à l’arbitraire de son informateur, lui même dans sa propre limitation imaginaire, regarder les choses sans comprendre autre chose que sa propre projection, son erre structurelle, il regarde, livré à la sensation qui se rit de lui, tel lecteur au mieux de Montaigne qui dans l’habitude de sa lecture rapide, clôt des phrases sans en saisir le sens, certes une avidité du réel le pousse à interpréter ce qu’il croise et tout regard est plus vif d’autant, cependant peu différent de ce qu’il croit expérimenter dans son espace matriciel, le ciel est déjà très vif et la nuit lointaine déjà est sans consolation du vide qui court devant

À la rencontre de ce qui est en train de se défaire soi même, souffle court du corps impuissant , presque mort à la rencontre tardive de l’illusion ethnographique, toute piscine a un goût dans le non lieu où se croise l’épuisement des possibles, un pas dissimule le suivant qui trébuche

Un enfant à la mamelle septième de fratrie seconde épouse, et l’enfant au sourire bleu penche sur mon épaule, pleur de sang sur la falaise sans espoir, dam son nom peut être, s’arrêter au bord de route dans le rien, sourire sans visage, une chute d’eau un peu inaccessible dans l’inutile de sa répétition sans fin, le mail passe un peu, ces paroles proches me semblent soudain lointaines comme le vie qui fuit dans cette moiteur, ceux là croient encore à un futur

 

 

 

 

 

 

4 novembre

L’autre espace de distanciation est celui de la bruyance ethnique dans ce qui serait la fréquentation organisée des locaux, hurlements des coqs de manière discontinue comme une symphonie hétérogène , cris de geckos , insectes, scie, néons, télé, bruit de paroles, poules pondantes, bien avant la lumière, les cris d’enfant, et le dernier né est sans doute dans la cyanose génétique, insomnie relative qui accompagne ce flux qui raconte de fait la faim qui monte partout sous les bottes plus ou moins dissimulées par les dieux

 

5 novembre 

La Nam Mang au départ de Bane Hakhai est une superbe rivière où se développe l’illusion de la vie originaire, pêche riz et fruits de la forêt, Com en avant de la pirogue jette d’une main sûre et élégante le filet plombé, une fois, deux fois, rien, puis s’y trouvent captifs les petits argentés pour le repas du midi, à nouveau il semble se jeter dans l’onde immobile mais cette fois c’est une sorte d’orque qui surgit et le brise en deux, Zati! hurle le pilote, effrayé, il semble à demi étonné par cette bestiole, il coupe le moteur, l’onde est redevenue lisse, bien sûr lui ne parle que lao, est ce un récit, un rêve ? Plus haut en tout cas comme partout les chinois construisent, cette fois un barrage qui va détruire le fragile écosystème homme nature, le réduisant à une citation touristique déjà bien entamée, présenter l‘authentique comme un plus dès lors que ce terme n’est plus vrai qu’à la périphérie du monde remodelé par la Chine, jeu entre prédateurs divers, le local qui organise la rencontre et le bon occidental entre regard archaïque et humanitarisme obscène, qui va acheter la coiffe ethnique, qui va louer l’enfant bleu pour montrer à sa trop jeune épouse qu’il n est pas un assureur sans cœur, et voilà le rythme pervers de la pseudo cérémonie de esprits et des cadeaux obligés, vêtements et cahiers. A la sortie du village vers l’école il y a même une maison touristique , l’école est un cadeau de la Barkleys , ne pas oublier l’enfant psychotique collé à sa mère, regard profond et craintif, immobile parmi les hurlements de la pseudo amitié à l’alcool de riz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 novembre 

L’objet disparaît avec la perception, il s’actualise comme ombre du réel qu’il désigne, l’autre n’est dès lors qu’une éclipse perdue comme action, comme le désir qui s’écrase dans une saisie sans fond, vers Kong Lo la route glisse et pleure, l’ethnie Mhong fière et nue, corne de rino, rat, platée de grenouilles et de têtards, couteaux d’acier, rasoirs de sang et cochon noir, tandis que les maîtres du monde organisent le monde à la chinoise, pas de sourire, on est pas là pour rigoler mais pour faire du fric avec la chair des humains qui croient à l’iPhone qui s’échange contre le buffle éternel , le vibré de la chose s’éloigne dans le repli de l’être, la singerie des moines participe de cette nuit, quand les chinois auront compris cela, alors tout sera clos, Montaigne parle de la mascarade des savoirs spéculatifs, le lieu cependant est sans wifi , la télé fait l’éloge des maîtres froids  sans aucune nuance, quand l’homme aura été remplacé par les insectes, les roches karmaniques seront toujours là

 

7 novembre 

La peinture n’est pas une affaire œdipienne, parce qu’elle exclut le sens à quoi l’imaginaire consiste, cela doit se passer à Londres, des artistes, je suis exclu de cette pratique, d’ailleurs je dois rejoindre un train avant huit heures trente avec mes parents, mais je me perds, je ne sais pas où sont mes bagages, je suis peut être à Paris, je dois faire demi tour car je rejoins le groupe, surtout pour une femme brune très noiseuse, mais ce n’est pas simple, je suis dans l’ancienne maison, un huissier se présente, je sais qu’il va passer, mais une femme de ménage a étendu du linge, il y a aussi des champignons dans le salon, le fantasme peintre modèle demeure prégnant 

Montaigne parle longuement de l’éducation de l’enfant comme savoir et non connaissance, on se demande si le commentaire sans fin de nos bons maîtres analytiques ne prend pas l’eau de toute part dans notre final, je dis qu’il faut que je me mette vite au travail car je n’ai plus beaucoup de temps

La barque s’enfonce dans la rivière matrice, lampe torche faible à l’avant, la grotte est tantôt très basse tantôt cathédrale, vaste lac falaises sombres, cette ombre dans la hauteur est sans doute ptérodactyle, les ombres bleues de chaque côté de la barque montent et descendent comme dauphins  féeriques, l’éclaireur descend pour passer un petit rapide et à nouveau un orque surgit pour l’avaler, mais il ne s’agit pas de trainer car le niveau de l’eau monte à ce moment, effet imprévu du barrage en amont, le pilote accélère, la lumière semble éloigner la terreur matricielle mais les visiteurs sont captifs de la petite vallée, village à l'air classique, sourire, et puis la nuit tombe et les mœurs étranges remontent des nuits sans lune, bien avant le semblant bouddhiste 

 

 

 

 

 

8 novembre

 

Tha Khaek est une ville coloniale dans la brume thaï de l’autre rive du Mékong, l’immobilité naturelle vient ici s’agiter du futur de mort universel

Pha That Sikhottabong , le temple au bord du fleuve regarde ce monde qui se nie et la grande statue attend d’être abandonnée comme toute chose qui semble à l’être

Le communisme qui organise la transition létale comme les camions de chiens pour le Vietnam , est là dans le détail d’une administration de contention, héritière d’ailleurs des guerres incessantes birmane siamoise laotienne , l’état français a construit cette découpe arbitraire qui n’en finit pas de ne pas être, tout est jaune comme la femme des confins qui tangue dans le soleil mourant

 Le Bouddhisme Theravada est de règle, instituant les étapes du savoir comme ISR

Dukkha l’illusion qui est la croyance à son moi

Anicca l’impermanence des représentations

Anatta, le détachement du réel, ce qui est moins lacanien d’installer ici un dénouage dans l’assomption certes d’un Autre abstrait, bien conforme à l’infini de statues d’éveillé

À travers la cérémonie animiste , le baasii met en jeu un fond de pratiques anciennes qui lisent le corps et l’esprit dans la mouvance des  32 khwan, le paradoxe est le maintien ici de la méditation interdite par le régime par l’abolition de la secte Thammayut, il est vrai complice des thaï et des américains, dans ce monde clos sur un discours sans faille, ce sont les espaces archaïques qui tiennent encore le tremblement du parlêtre, alors la psychanalyse pourrait retrouver son côté pesteux sans être jungienne pour autant

 

9 novembre

Réduit à la vacuité de soi même, selon la route monotone qui traverse des paysages plats

Savannakhet n’est pas une ville, juste une étendue quadrillée sans consistance avec des personnages multiples et identiques qui négligent même le fleuve immense, la nuit est opaque, aussi les temples vont offrir un visage plus heureux, que faire sinon attendre dans le rien des pavillons qui juxtaposent des éléments hindouistes 

Le prêtre du  Sallyaphoum Wat rajoute un rond de filets aux avant bras, il rit, comment ne pas rire face à la détresse touristique qui ne trouve rien à accrocher à son erre épuisée de chaleur, même si les bouddha dorés à la chaîne ramènent au relatif du religieux

Rattanalangsi  cache derrière des vitres à l’infinie finition un grand bouddha couché, rire et dormir puisque tout est vanité, le terme n’est pas adéquat car la vanité renvoie à une présence de l’Autre, un pur symbolique de clôture

 

10 novembre

Le rêve est compact comme cette nuit qui remonte de cet œil tardif, le détail brouille cette floraison toujours attendue, toujours remise, sans doute l’orgueil de la fausse mémoire qui encombre le nouveau

Marché de Savanakhet et l’abondance des poissons frémissants, fleur des regards rieurs et des corps enfantins

That Ing Hang est centre d’un étrange stoupa hindouisant, le jeu maladroit de la science sexuelle disjointe des espaces de signification puisque depuis la faille de l’Autre, c’est l’occident qui a inventé la conjonction de l’amour aliénant le corps à l’idéalisme 

 L’École est un lieu visible de construction sociale, toujours charme et rire de l’enfant pourvu qu’il s’agisse d’un village riche , c’est la même chose pour la santé, un Dispensaire offre la liste sans fin des maladies approximatives et des diagnostics de niveau, la logique du soin de toute façon est ici nettement une logique d’argent et ce n’est pas une infirmière de passage ou une association alsacienne qui va changer quelque chose, la puissance est définitivement chinoise

La récolte du Sel passe du local manuel au mécanique thaï, les vieux toits s’effondrent sur les femmes qui arrachent à la pelle la croûte de sel des bassins surchauffés

Un fabricant de Tissus masque son trafic nippon sous couvert de développement des villages alors qu’il ne s’agit que de la division du capital, en ce domaine les régimes autoritaires sont l’avenir unique,  il suffit d’être dans le bon camp

Rasi fait figure étrange dans cette matérialité , lui qui si vieux cherche au jardin, à l’étang des fourmis , la preuve qui vit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 novembre

Et mes os déposés au stupa du rivage

Quelque rizière subite ponctuant le vent

Aucun souvenir ne résiste au passage

des singes et lac Ben Sakhun

Young Meeiang

Dong Meuong , quel est le nom? Qu 'importe! La piste mène à ce potentiel éclaté qui aurait figure d’intérêt, pour l’instant il ne s’agit que d’une antique légende qui suppose la puissance encore vive de la nature

Canards brochettes, soie volée, au bord de la route les brochettes attendent la faim, poulet, canard, crapauds, cet espace de commerce généralisé et collectif comme si le communisme réel pouvait exister dans certaines poches humaines mais la menace est toujours celle de manufacturer à l’extrême le travail des femmes pour fabriquer les soieries d’ailleurs

Pakse, paresse des fleuves lointains , l’hôtel d’allure ancienne relooké par des français rendrait possible l’illusion d’un espace protégé dans la chaleur et le capitalisme qui monte, non sans le paradoxe que si la Chine le maintient à flot elle porte aussitôt les contradictions de sa ruine puisqu’il est impossible d’imaginer la moindre stabilisation relative

Parmi les photos de la chambre il y a une image représentant un groupe de personnes, année 50 dit la légende, sur une sorte de barque, l’homme de gauche fait plus que ressembler au marchand de tissus, plus qu’une vague ressemblance, c’est lui sans aucun doute, d’ailleurs la ville nocturne semble brusquement dépourvue de ce qui fait le collage moderne, il est naturel de revêtir ce costume blanc dans l’armoire de la chambre, elle glisse sur la terrasse du restaurant, cette ombre qui signe le temps qui fut

 

12 novembre

 

Le père finit par tuer le chien d’une balle de pistolet dans la tête, scène tragique de la cruauté du père

Il y a sur un mur de la chambre une peinture présentant une femme lao à sa toilette , le corps enveloppé d’un tissu mais celui ci a glissé sur les reins, dévoilant la poitrine , le regard est dirigé vers le haut, la femme a un visage sophistiqué , il s’agit d une mise en scène érotique de la toilette ordinaire publique. C’est autour du tableau que se joue l’incessant glissement du regard ethnologique et politique. 

Cascades organisées pour un public thaï qui fait figure outrageante à toute tradition, ici le marchand de cotonnades fait place au restaurateur caféier qui raconte la même histoire d’école, de fournir du travail, de commerce avec le japonais ici écolo, bref il y a un envers du décor, des populations asservies à des maîtres cette fois humanitaires bien entendu, derrière le décor du cottage,  un bidon village fait de planches et de tôles d’où sortent des enfants multiples et joyeux, la mécanisation très rudimentaire des tâches agricoles semble d’un autre âge, et pourtant au matin la bergerie reprend son décor, les enfants des tôles jouent dans l’herbe fraîchement coupée et la femme au regard profond qui ramassait les grains de café est installée avec son métier à tisser sur le seuil du petit déjeuner , quel est le niveau de conscience de ces gens, leur niveau de croyance religieuse, sans doute que les Laos comme maîtres relatifs du pays sont déculturés de manière plus manifeste que les ethnies du Nord qui, de par leur isolement, demeurent extérieures à l’invasion des plaines, y compris le doux plateau des Boloven .

Quel peut être le concept opératoire de cette histoire? Car il s’agit d’être plus précis que la ritournelle du discours du capitaliste à la fois purement descriptif et nullement dynamique, le plus de jouir vient donner à la plue value un sens intériorisé qui sans doute ne prend politiquement sens qu’aux portes de la logique du camp, après tout nous sommes aux porte de la folie khmer

Quant à Montaigne il est un peu court sur ces questions et la thèse de Bourdieu inaccessible pour l’instant

 

13 novembre 

Les morts reviennent parfois à l’âge de leur décès souvent plus jeunes, une sorte de choix de leur part, cela ne surprend pas les vifs qui leur font de la place, le processus s’accélère, devient immédiat même pour les animaux, cela doit être à  Sarran, avec le maire je sors du village et nous nous rendons compte que nous marchons la tête en bas comme sur une bande de moebius pour nous retrouve à l’entrée du village mais cette fois gris, plus loin des soldats de l’empire enterrent d’autres soldats qui ne sont pas toujours morts, voilà la raison de ce phénomène étrange, nous faisons route inverse

Il y a dans les Boloven des villages à visiter mais il faut verser une sorte de taxe et  ce sont, du moins pour l’un, des personnes déplacées de la périphérie du pays parce qu’ils étaient trop  peu nombreux là où ils étaient (!), dans le Nord il était question de déplacement forcé pour des questions de contrôle politique, il n’y a aucune raison pour que ce soit différent , il y aurait des ethnies différentes mais ici aucun signe distinctif, juste la tenue lao banale, par contre les temples ont disparus, le village est très propre, au centre une structure vaste sculptée et peinte, surtout des animaux, maison collective animiste sans doute, à l’entrée de chaque côté des serpents descendent pour dévorer des grenouilles qui sont sur la tête de personnages, dans un autre coin du village sous des petites maison comme des greniers à riz des cercueils plus ou moins ouvragés en attente, les gens semblent ici plus craintifs

On trouve ailleurs sur les temples bouddhistes des bouddha supportés par un démon, les serpents en haut et en bas sont peut être liés, en tout cas un dessin abstrait ailleurs montre un nœud de trèfle dédoublé vers le bas en un lien ouvert et contourné

Dans le village un homme s’est noyé mais on ne retrouve pas son corps , les moines et la famille sont là qui attendent et ont envahi les parties communes de l’hôtel, des moines cherchent sur les berges après la cascade, ailleurs quelques éléphants captifs attendent les touristes plutôt rares, nous sommes plus au sud, il faut à nouveau très chaud et humide et Montaigne prêche toujours le retrait

On ne s’étonnera pas si le visage du disparu a encore les traits de l’homme aux tissus, les moines se sont groupés sur la berge face au pied de la chute d’eau, les récitations montent dans la nuit à la lueur des lampes, un bouillonnement soulève l’eau vive, une lueur et le corps s’élève lentement au dessus de l’eau 

 

14 novembre 

Il y a un peu de fuite dans le rituel, dérive du journal, dérive de lecture, sans doute le poids du Mékong, l’île de Khong , 

Le pire est toujours devant, dans le sans nom qui nous efface et se rit de notre savoir, il y a d’autres extrêmes dans l’usage de la culture, la conjonction entre la cascade et l’ethnie, surtout si deux bus de thaï rajoutent à l’aspect zoo de la chose, cette femme aux lobes dilates qui salue à l’entrée du restaurant, ce pseudo musée et la tisseuse au seuil de sa maison paillée d’ethnie, la langue disparaît dans un charabia anglophone

Plus loin un excellent poisson au bord d’une rivière , mais nous sommes nulle part là où vivent quand même des gens

Plus loin une maison commune est un lieu d’achat pour une japonaise qui rassemble pour quelque couturier authentique, lieu de capture des visages natifs

Puis le bac d’un autre âge et l’île au rivage d’origine à quelques guest house plus ou moins chics près , poisson cuit dans une feuille de palmier et l’inévitable bière lao

Lointain et proche, les cadavres ont disparu des berges, innombrables, sans sépulture que le vent et les poissons, le fleuve perd de sa force d’année en année, le crime destructeur vient plus haut des barrages chinois mais pas seulement, la nature doit se souvenir du fol khmer et des guerriers dévoreurs de leur propre sang, rien n’est plus visible mais parmi les îles innombrables se maintient la mémoire parmi la beauté inouïe du soleil levant

 

15 novembre

Sur la berge pierreuse des oiseaux nus

Monte la longue plainte du fleuve épuisé

L’immobile rentre son nom

Il est des promesses sans visage que l’onde effraie 

Les soldats morts pour rien comptent au stupa improbable le poids des os

Il faut étendre la haute prière et les fleurs de jadis

Et puis le temps se suspend entre les îles, la masse dispersée du fleuve finit en cataracte pour s’apaiser plus loin là où demeurent les derniers dauphins non massacrés pour leur huile khmer ou intoxiqués par les déjections industrielles, la matrice chaude incite au sommeil, hamac sans pensée, sans futur, il te suffit d’attendre dans le rien, l’artificiel du touriste se perd à vélo sur une piste de champs de riz, et la folie industrieuse se brise dans sa rouille, comme ce train pour bateaux entre les îles voulant franchir les rapides et porter plus avant la voie d’exploitation de la Cochinchine, à la terrasse du Resto local, l’homme écrit toujours sans doute quelque rapport ou roman, il ne sait plus , il a écrit meurtre sur le Mékong au lieu du rapport sur l’apport de monsanto à la culture du riz , il écoute vaguement ce que raconte cette femme maigre avec sa fille qui traverse le Laos du nord au sud, vite, depuis la fuite du mari avec sa secrétaire. Le soleil se lève et se couche dans la splendeur, quel est le nom de la fille mince qui apporte ce poisson délicieux du fleuve?

 

16 novembre

Porté par la mouvance des éclosions comme un signe lent

Et des voilages se font attendre à la bordure des voix éteintes 

Le charme du Mékong se dissout dans le fréquentation limite des espaces locaux et touristiques, distance de la langue et des représentations que n’arrivent pas à réduire l’immédiateté, les sourires, le monde est distinct d’un à l’autre, l’énigme de l’autisme demeure le primat du langage sur le physiologique

L’ombre du khmer fou nuage l’ensemble dans les vapeurs d’alcool du chauffeur qui d’un geste annule la semblance de sa prestation

Edith exigea de rejoindre le capitaine, il tergiversa mais finit par céder, elle prit la mer fin octobre mais ne pût rejoindre la côté est car des pirates y sévissaient depuis l’été, le voilier mis l’encre et tout fut déménagé sur un navire plus court apte à se déplacer sur le système de transport par le train, les déplacements se faisaient lourds, difficiles, le capitaine attendait à Pakse, Edith se demanda si elle n’aurait pas mieux fait de se laisser capturer par quelque barbaresque devant ce visage de cire, la résidence était heureusement vaste, les deux femmes lao charmantes, piscine et corps flottants

 

17 novembre

 poids vite azur qui crisse et sang

Lentement livre au retour des noyés

Tout mort compte au vif sa dette infinie

D’une frontière l’autre le bois brûlé , les terres vides, rares villages jusqu’à la premier ville Steung Treng d’allure chinoise, visages plus massifs et pyjama des femmes dans les villages de l’autre côté du fleuve, un pays est sans forme et le chauffeur rapide anglais bien sur, le fleuve sauve tout, presque un orage sur la barque, le monde change dans l’identique et la perte se fait plus radicale

L’électricité collective est très réduite d’où cette ville sombre où les détritus sont amplifiés, et ces généraux multiples (2300!) produits des diverses guerres dont la pire de l’auto génocide , le déplacement incessant confère aux lieux un aspect volatil et l’esprit se glisse dans cette atmosphère comme une réalité sans fin, malgré ou à cause des petits fragments analytiques qui attestent de l’effacement des liens en soi, sans autre limite que le temple montagne, la pierre indestructible des empires paranoïaques, ici le temple ordinaire semble disparu dans la matérialité sinoamericaine

 

18 novembre

Marché pris dans le gris, le sale, le noueux, le poisson improbable statufie , désert , le manioc sèche sur la route, de toute façon il n y a personne, poisson grille aux mangues vertes, le karma devenu écharpe de mort, les esclaves du manioc coupent en haillons les tubercules , femme et enfants, les chinois sont partout dans l’infrastructure d’invasion, la route est en fait défoncée à peu près partout, le militaire pique loin de ses intérêts, dans cette espèce de savane en fait il n’y  a personne, quand on rejoint le fleuve la désolation s’estompe dans la ville chinoise, les femmes hésitent entre le pyjama et le jans moulant, fortes ou fines, le mélange inextricable de l’histoire. Avec le fleuve tout se calme, la lumière échappe au meurtre et un flux d’animaux écharpés plongent dans les ondes sans regret, les temples neufs reprennent présence, à Kratie la ville sans nom fait retour et les images édificatrices des temples semblent les seules à rappeler l’enfer sur terre, des enfants cette fois en costumes complets vont à l’école à pied ou en vélo, parfois casqués même à pied comme trace sans doute d'une contrainte politique du temps, bouddha et cocacola, et on se marie de tout côté même au cœur du parti endeuillé de la mort du roi rouge, on adore son boucher , les résidences coloniales distantes des caprices du fleur matrice font place peu à peu à des hôtels aux boiseries écrasantes , toutes ces chinoiseries horribles et cette forêt brûlée vendue mais tout le monde sourit, alors!!

La queue de mousson s’abat sur la ville comme banian qui fragmente le faible pouvoir d’unité, l’être demeure dispersé entre des séquences suspendues ou indistinctes, ou réduit à de vagues fulgurances de chaleur 

 

19 novembre

Les rizières vertes des secondes récoltes parlent le temps au même titre que le poème de Perse sur le banian, la richesse relative des cultures masque la disjonction du sens, les temples thaï demeurent sans doute de raison faible des lors qu’existe ici la femme noire voilée , la mort future des conflits obscurs puisque délire de vérité , entre le khmer et cet anglais rocailleux , perdre enfin sa langue  

Kompong cham,  grosse ville caoutchouteuse qui aura goût de crevettes thaï

Premier fragment du temple montagne, avec au milieu un néo bouddhisme qui est la pente de reconquête vulgaire, une religion de contrôle associée au dollar qui remplace le réal, le Wat  Nokor tient le coup avec des pierres percées et ses figures où se lit la violence réelle des temps pré monothéistes

Le soleil ressurgit sur les rizières, la colline au dessus est creusée de bouddha dans la roche, la plupart couchés, trace que le khmer semble avoir oublie, Pnhom Santuk ou la brahmane n’est point tout à fait effacé par le bouddha, lui même menace par le khmer

Kompong Thom est toujours cependant dans le lignée soviétique générale , ce fond de désespoir absolu 

le noir tombe partout, car l’électricité publique est a peu près inexistante, et avec la pluie il y a de la boue partout, ce qui rend les étalés de fruits magnifiques parfaitement inaccessibles,  hurlements locaux, le khmer parle fort pour se persuader sans doute qu’il est encore vivant, lui qui n'a plus de monnaie nationale et qui pleure le vieux roi qui n’est pas pour rien dans son cauchemar 

 

20 novembre

Vers le miroir qui vibre

Se souvient le lac défait en pleure

Factice et neuf 

Comme un tissu léger

Sur la floraison 

Âpre tout cela s’acheve sur une toile blanche comme au début

Le lac du temple est menacé par la folie électrique et ils sourient toujours , dansing dansing always au son des couteaux

Le fragment du poème descend sur l horizon blesse 

Et la large contrainte soutient notre nuit

Un pont cyclopéen Spean Pratpo's laisse en question le sourire possible de Douc ou Pol Pot

Les cités lacustres sont transformées en zoo humain mais après tout la saison est brève et il y a sans doute plus de bateaux que nécessaire , après tout qui se soucie de la politique du Mekong, Ni les villageois, ni les touristes, ni les gouvernants, nous sommes dans une sorte de luna park autour du Toule, et les danses sacrées ou érotiques détruites jusqu’aux racines par les rouges retrouvent du service dans les hôtels bourrés de bouffe

Montaigne nous raconte les âges de la vie, le marcher, le jouir, le mourir, le pied, le ventre, la gorge, ce dernier lieu de l’ivresse illusoire, ce lent refroidissement , Daniem à fait une virée avec des copains , quand il entre chez lui, il croise Marie au niveau du garage qui lui interdit de rentrer tant qu’elle ne sera pas de retour, il décide d’aller avec ses copains au Ferret , c’est une maison des terres, la nuit tombe sur l’orage et des esprits s’agitent, voulant empêcher la fermeture des volets, ceux qui sortent pour ça sont sollicités par des morts proches très réalistes 

 

21 novembre

La prétention à vouloir rentrer à ce qui serait chez soi se heurte à un jeu de frontière complexe qui demande un peu d’expérience, le jeu des soi disant bornages , et l’entrée dans les temples comme au grand palais pour Monet, ce qui reconstitue la foule du génie paranoïaque , pourquoi l’hôte impose t-il ce film français sur le massacre dans le fond nostalgique

Angkor Vat géométrique , Anglor Thom, Bayon , Baphuon, 

 Phimeanakas temple sexuel du palais détruit, terrasse des éléphants , du roi lépreux, chaleur et étrange inter langue , ce cosmopolitisme paradoxal, l’esprit de fin est asphyxié de la pensée

Et le manège des objets nuls sert de local à qui n’a plus de sens

Quant au soutien éventuel  d’anciennes pratiques il demeure le baba local dissout dans du fiel

Déjà monte l’horizon des chasseurs de tête

Une tâche douteuse assume le plafond des chambres

Et la moiteur épuisante annonce le faible éclat des voilages noueux

On entend des chiens, des coqs, le voisinage demeure paysan mais le goût machinique du dollar infiltre le sourire des choses , le parc d Angkor est un leurre historique en ce moment de bascule où le chinois sait justement que faire du dollar

 

22 novembre

La ville touriste réduit les sujets à des ombres et les temples infinis en nombre sont dégagés de la forêt pour s’ajouter sans fin aux objets d’un parc, perte immédiate des noms des lieux  et des princes, toujours cette absence d’écriture, le barattage de la mer de lait, les guerres et la beauté des épouses divines, ce monde mort dans son propre peuple envahi quelques mois par la populace polyglotte

Prasat Kravan, Briques sculptées légères et douces et le front du mythe de base se résout en feuillages, car il s’agit toujours de dissoudre la forme imagée dans ce qui ailleurs sera an iconique

Banteay Kdei Sra Srang, s’ ouvre la porte au torse nu, et toujours des danseurs , quelque moine perdu , l’effondrement des formes à limite de rupture

Ta Prohm, Et l’arbre envahit les murs parmi les japonais sans bornes, 

Ta Keo , temple ferme ou demi ouvert 

Chau Say Tevoda, Cela devient plus minime comme si s’éloigner des grandes formes paranoïaques permet un peu de finesse sinon de calme et de fraîcheur

Pre Rup, le jour finit sur la lumière qui tombe briques sur marches immenses

 

 

23 novembre

 Srei dans l’aube qui monte, personne encore sinon le flic corrompu par Malraux et les autres, aux portes la fille sans visage, sans voix, tordue, gémissement de bête comme la preuve vivante que l’atridie frappe jusqu’au cœur des êtres qui vont jusqu’à vendre le récit des meurtres , Mickey à la sauce asiatique, le temple est lumière, cette finesse de haute civilité et comme par hasard il y a de l’écriture , même sur un pilier deux traces différents, difficile de dire s’il s’agit de deux écritures d’âge différent

Banteay  Samre sans doute très pillé, restent les fenêtres in situ 

Neak Péan entouré d’eau quasi clos, last one il reste l’eau et ses Monet

Ta Sum the last after ruine et les anciennes beautés remontent des zones de nuit 

L’indifférence aux noms accompagne une lente dissolution dans ce qui vient 

Lorsque le bus fut proche de la frontière des militaires nous firent descendre sur un prétexte quelconque, les bagages suivraient plus tard, il fallait attendre un moyen de transport dans le village, la surveillance était assez lâche, je téléphonais à Lang qui me dit d’entrer dans un des semi Resto et demander Taboum , nous pûmes ainsi rejoindre la rivière loin des types en pantalons noirs et au ruban deuil de Sihanouk , vagues radeaux de troncs heurtés par la torrent, mais il fallait encore envisager l’administration vietnamienne ce qui n’est pas le camp mais y ressemble

 

24 novembre

Attente dans l'@temps des espaces vides qui creusent nos vies

Ce calme presque sans tension, sans écueil 

Et là bas toujours derrière les sourires et les rires la présence inachevée qui pleure, ce monde organique qui n’en finit pas de gémir pour rien, cet appel sans écho qui monte des fosses ouvertes depuis toujours, sans fin

Étrange identification , cette fascination inversée de la psychose

La brèche symbolique est cet opérateur qui libère le maître de toute contrainte ou de toute incarnation

Sur l’articulé des discours il faudrait donc repartir de Galilée Descartes, du moment perspectiviste, du moment hégélien avant la précipitation Marx Freud, la critique du système l’accélère 

L’avion à hélice bravement part pour Phnoum Penh et les chantiers école laissent planer quelque doute sur notre modèle occidental miné de toutes parts

 

25 novembre

La fournaise de mousson porte au loin la lumière d’Acropole , l’image de Socrate encombre pour rien ce velu du demain, le rêve se moque des effets de conscience et les pleurs sont toujours de trop, 

Dans les senteurs de jasmin, la moiteur des draps portent souvenance 

Et le défilé des ombres peut réclamer son dû toujours trop lourd pour des épaules d’enfant

Le centre s’ouvre dans l’abîme des visages, en écho infini avec les autres enfants des mondes plus proches, et des regards sans espoir qui fixent depuis le toujours inachevé de leur assassinat, dans l’absurde d’un interrogatoire sans finalité que la fiche technique qui n’aboutit qu'à la mort plus ou moins rapide sur place ou un plus loin d’un coup de pioche , les regards poursuivent l’âme et ceux que l’on croise savent ce goût de sang

Après le stupide palais où attend le dealer king d’être brûlé, heureux qu’il y a le jazz sur la terrasse du FCC

 

26 novembre

L’espèce de comblement de la zone de piscine laisse quelque illusion sur ce qui serait visible au delà car le réel se love sur les intentions de regard et le visible n’est jamais que le fruit de l’attendu, la ville certes existe au delà des zones vouées à l’effet colonial ou représentant de guerre, mais son existence déjà tremble à l’appel des bruits de l’histoire, le meurtre sans nom, non relève de quelque lumière de sens, imprégne les fibres comme il fut souligné par Bernardt en Autriche , la musique est mensonge d’origine, malgré ces rires d’enfants toujours et partout, veuve

Il faut aller au musée de Phnom Penh pour mesurer l’ampleur de la dispersion des ruines vidées de tout ce qui pourrait évoquer de manière sensible la grande cité antique, il faut venir là pour voir enfin quelque chose d’écrit , la trace du passage du sanscrit au khmer, ( en fait le sanscrit langue sacrée admet plusieurs systèmes de transcription dont celle ronde du sud de l’Inde qui va servir de matrice au khmer ancien) mesurer aussi ce qui met à distance un peuple et son histoire , tout perdre sur cette rive lente ou dérivent les jacinthes d’eau, la chaleur tombe avec la lumière et le vieux journaliste sirote toujours à la même place un mojito qu’il continue à penser inférieur à ceux qu’il buvait dans sa Charente natale

La musique de temple proche recouvre le lointain bruits de circulation, cris d’enfants et quelques oiseaux perchés au sommet des bambous géants, l’effectuation du sens vient au principe des ordres neufs, les fantômes ont la même forme, mélange des défunts multiples dont se peuple le lit, la mousson s’éloigne , il serait bon d’être la dans le suspendu qui connaissait le terrible des conquêtes mais certainement pas l’autophagie sadique

La mère doit sans doute aller dans un service psy mais il n’y a pas de médecin le week-end, j’essaie d’en contacter un mais ce n’est pas précis géographiquement , Martine est alors là très présente et silencieuse, je vais dans tous les sens sans doute pour reprendre mon travail étrange commentaire du pathos gastro psychique 

 

27 novembre

La fracture du sens opère d’un om énergique où glisse le Brama, loin de toute incarnation vulgaire et que retrouve la théologie négative , Un n’est pas l’Un, il n y a pas d’Autre de l’Autre, etc

T’ai je dit que l’effeuillage perle le souvenir d’un rire confus

Ainsi glisse à l’appel le frais vouloir qui monte des ondes insoumises

Il vient le déjà perdu

Le frais retour

Mais le bref est au principe de cet ennui

L’être diffuse son absence sur le vécu le plus affecté

L’avion noie le temps et Viantiane le ramène à sa vraie mesure

La fête au village était étrange, une maison ancienne avait brûlé, une autre était envahie de cris, de danse, d’alcool , rien en dehors sinon un attroupement, la police cherchait des auteurs de violence qui fuyaient avec leurs armes blanches , soi même pris par cette violence en soi qui bouscule jusqu’à son intégrité physique, comme enfant descendant dans un carton les pentes en pierres  et enneigées puis le rituel de la naissance de la déesse se substituait au rite de parole

 

28 novembre

Le creux de l’onde au fil du demeuré pose ce gémissement qui monte depuis les marais

Des êtres hypothétiques reprennent la séquence et lentement l’illusion du savoir se défait depuis le meurtre de masse

L’inter langue n’est plus latine ni perse ni sanskrit, elle parle plus à l’est et joue avec l’anglais dans la chinoiserie pacifique 

Ceci entraîne un glissement dans la contrainte des corps

L’éléphant surgit de derrière un fourré, il regarde de son œil sans âge le jeune présomptueux qui croit tenir la ligne du savoir sans payer le prix qui est de porter les morts innombrables loin de la folie du singulier

La question d’une cure est sans doute liée à ce qui pourrait deconsister le trèfle natif, sans doute un nouage de trois trèfles ainsi disjoints

Il marche dans la poussière pourtant lavée chaque jour de mousson, il marche vers la lisière de jungle, vers un vieux temple qui ruine dans l’ocre, quelque lumière éclaire les pierres sombres et danse la jeune fille dans le soir qui descend d’un coup vers les flambeaux

Lorsqu’il reprit connaissance il était dans un long courrier entouré de jaunes qui parlaient une langue certes inconnue de lui mais à la sonorité chantante comme des chants d’oiseau, le repas fut servi, il n’identifia aucun met mais il trouva ça agréable et la boisson sans doute alcoolisée le plongea dans une douce ébriété, les caractères des tableaux lumineux étaient dans des formes qui ressemblaient au linéaire B , les gens qui l’entouraient n’avaient de lobes d’oreilles, la pupille était lumineuse dans les verts, il songea à ce qui pouvait être le repas de la veille, cette délicieuse confiture de pandam, enfin il ne se souvenait de rien ensuite, c’est un rêve de drogue ou ce sont des extra terrestres, il hésitait entre ces deux épisodes qui lui semblaient aussi fol l’un que l’autre, comme il était au milieu d’une rangée, il n’osait pas trop bouger , il se décida enfin , on le laissa passer mais c’est un peu comme s’il passait à travers de ces corps , ce n’était pas un avion classique, peut être une sorte d’étoile comme diverses cabines d’avion collées par les pointes, ce devait être une soucoupe, tout le monde était indifférent à sa présence

 

29 novembre

Revenir n’a pas de sens, juste quelque chose qui tient à l’habitus relatif des représentations, il y a de la brume, il fait froid, cet hiver n’a pas de sens, le poids de l’être pris au jeu des captures diverses se coagule fermement, la chaleur agitée de Saigon s’est transformée en une coulée froide, le factice revient en masse dans ce trop long vécu

Puisque tous les jours deviennent identiques c’est à dire non vectorises alors il devient possible de marcher sans attente que ce qui vient, rien à répondre de fait, sauf bien sûr J would prefer not to do

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