JFK/ DSK
Le film de Stone illustre à merveille la question du film politique dans sa version héroïque, l’homme seul qui veut faire éclater la vérité, cette logique paranoïaque demeure celle du moi face à l’indistinct du réel, l’individu cherchant à rendre intelligible ce qui, par nature, lui échappe, il s’agit effectivement de retrouver à travers la logique du complot un sens à un système qui n’a plus besoin justement de l’individu, ici le sujet est en or puisque visiblement l’enquête a été plus que bâclée comme s’il fallait pas trop chercher, ce qui ouvre la porte à toutes les hypothèses, les castristes, les anticastristes, la droite, le président, les russes, la CIA, le mossad... chacun a une bonne raison de vouloir se débarrasser d’un homme qui, en arrière fond, est aussi un héros, qui a été empêché ainsi de réaliser le grand oeuvre, fin de la guerre au Viet Nam, régulation financière, mesures sociales... ce qu’on veut, fauché en pleine invention politique alors qu’il a été élu grâce à la mafia et à Johnson pour le Sud, avec sa petite famille si touchante, on laissera aussi de côté la sexopathie dans laquelle Marilyn sera prise, quant à Johnson, certes il est un peu truand, un peu violent, un peu magouille et certes le Viet Nam monte en flèche et certes on a un peu tendance à assassiner sous son règne... la vérité n’est pas celle de XIII , elle demande des opérateurs d’analyse spécifique, plus du côté du Monde Diplomatique... Retenons cependant le très remarquable effet de montage de ce film qui réussit à faire surgir la fiction de l’actualité par un jeu incessant entre film et archives, ce qui permet d’ailleurs de noter la frontière fragile de la manipulation la plus directe