il gattopardo
Le guépard
Il y a comme deux volets à cette fresque somptueuse où aucun détail ne manque, couleurs, cadrages, personnages, mais dans un premier temps il s’agit plutôt de la guerre d’opérette et de l’indifférence du prince à cette agitation politique et militaire; il se contente d’être et puis la guerre finit et les costumes orangés ou bleus n’ont plus que la couleur de l’état bourgeois et affairiste; tous se valent dans l’évaluation monétaire; il y a ce neveu qui n’est qu’une belle fripouille et les palais, qui commencent ruine ou plutôt nostalgie, comme l’abandonné de la dolce vita; il n’y a pas de sujet moderne que cette grossière caricature de l’esprit et d’ailleurs la caméra abandonne les paysages magnifiques pour la splendeur inutile du dernier bal; le prince regarde le monde s’effacer au profit de rien; ici il n’y a aucun espoir d’un monde meilleur mais la bêtise commune du prêtre, du militaire et du bourgeois; quand le neveu se retourne au milieu de quelque frivolité, le prince a disparu et avec lui tout ce qui aurait pu être notre être pleinement réalisé, car le paradoxe est que ce prince est justement le miroitement de l’être en ce point où s’efface notre possible