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ida

ida

 

Pawel Pawlikowski souligne ici un aspect effrayant de l’extermination juive, la prise en charge locale et utilitaire du massacre, comme si la délation et la récupération des biens ne pouvait se satisfaire du report sur les nazis mais qu’il fallait quand même finir le travail à la main, ce qui bien sûr aggrave nettement la question de la participation active des populations au génocide, aucune simplification n’est ici possible, c’est tout comme l’affaire de Crimée, en remontant rien qu’à Staline, famine, purge et l’ex complice qui rend le pays à l’Ukraine pour essayer d’éviter le retour des tatars... 

 

 

Ida a le visage parfait de Joanna Kulig qui incarne la forclusion des meurtres par ses voeux catholiques tandis que réveillant sa tante Agata Kukesza de sa torpeur alcoolique elle la précipite vers le silence de la mort, les images noir et blanc parfaites sont indexées à ce décadrage qui coupe les têtes voir les visages face à un écran presque nu, sauf au moment où Ida pourrait opter pour la vie et donc la mémoire mais elle décide de suivre le chemin vide du silence absolu, malgré la scène de l’enterrement des restes dans un cimetière juif abandonné, ce respect secret n’en est que plus effrayant, comme s’il fallait entrevoir une raison , une clarté furieuse et aussitôt participer de la Verwerfung qui devrait permettre une vie normale, tout à fait dans le sens de pouvoir effectivement vivre au dessus des tombes inouïes, ne pas se sentir porteur de mémoire, la question demeure tout autant de refoulements masqués où des travaux pourtant érudits peuvent n’induire que des existences encore plus conformistes

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