Fantômes
nous allons parler des fantômes à travers l’invite d’une exposition, celui du père donc, Hamlet bien sûr, le spectre de Marx, les innombrables sans nom, les ombres des camps
twixt de coppola
l’écrivain découvre l’inspiration dans un petit lieu lynchien très américain, l’adolescente tuée revient dans son rêve où il est cause de ce même meurtre, le déclin de l’homme comme porte ouverte sur son fantasme fondamental, ce qui motive son écriture est aussi ce qu’il refoule
redacted de brian de palma
qui sait ce qu’il témoigne sinon là aussi l’interférence de ce qu’il croit vivre et de ce qu’il y projette, les soldats croient savoir les mouvements objectifs du meurtre, ils ne font que fictionner la sauvagerie sans fond de leur choix militaire
le joli mai de chris marker
la fin de la guerre d’Algérie est aussi la fin de la mémoire car se souvenir serait reprendre toute l’affaire de la colonie depuis la traite après la révolution, les grandes boucheries , le quotidien bouffe la mémoire , livrant les peuples à la fiction moderne
Aby Warburg construit sa Mnémosyne comme une collection d’images énigmatiques bien que centrées sur des thèmes , en tout cas supposés trans historiques, ce que Georges Didi-Huberman reprend dans son projet d’un discours des images, cette attitude qui borne le freudisme vers le pire
le problème est lors que ce mode associatif est transcription seconde et faussement antérieure au texte du rêve
Arno Gisinger traite l’archive comme matière de mémoire, à la fois comme présence et comme effacement, on conçoit que son travail va évoquer le camp et aussi l’effacement de Benjamin
Thomas Geve, lui, dessine l’intérieur du camp, enfant historien, il note le toujours actuel de la barbarie
Bertold Brecht dans son Kriegsfibel ou ABC, Abécédaire de la guerre rassemble l’évidence photographique du montage discursif de la guerre,
Thomas Hirschhorn recycle un matériel ordinaire pauvre et sans valeur esthétique par deplacement, maintient une structure désordonnée pour pouvoir mieux rendre lisible
Marcus Steinweg développe une cartographie de la théorie du sujet qui s’efforce de rendre visible cette effrayante carte du tendre de la théorie du sujet,
Walid Raad utilise une méthode mixte qui associe l’archive et le développement plastique pour une problématique de l’histoire du Liban
donc un premier ensemble qui dérive de Warburg pour traiter sans doute des troubles de mémoire dans leur dimension individuelle et historique, c’est le projet du délire warburgien que de construire un texte visuel associatif que ne viendrait point limiter la doxa du texte, la méthode n’obéit à aucune règle autre que celle subversive d’un débordement de l’interprétation panofskienne , le risque d’une dérive sans fin se coagule en dispositifs ponctuels polysémiques, si nous ne voulons y lire le jungisme vague qui domine comme symbolisme, il convient de chercher comment le pousse au sens du signifiant peut demeurer dans un ouvert. La position de Brecht ou de Godard est de ce point de vue orienté comme la nécessité d’un sens malgré tout sans totalité que le récit tremblant d’un moment, l’histoire d’un sujet pourrait être cette mosaïque des possibles qui oeuvre le plus d’un sujet, l’effet du détachement oedipien
Warburg n’a guère produit de texte construit à partir de ses planches, laissant le spectateur libre de construire son propre mode de lecture, sauf peut être autour de la gestuelle du corps comme items constant de l’humain
la danse du Laocoon, avec son immense contexte de discours et cet étirement dansé
l’indien Hopi pendant le rituel du serpent avec l’identification ethnique de Warburg, il faudrait reprendre ça du point de vue de la rencontre avec Binswanger.
Botticelli la naissance de Vénus.
une ménade possédée
Martha Graham. on sait que cette dernière a fait l’objet d’une série de citations dansées
le dispositif repose sur la double notion d’image-pathos et de survivance comme fantôme de la culture à travers les variantes plus ou moins visibles qui fragmentent cette sorte de lignée, difficile de ne pas percevoir à travers ça l’archétypal c’est à dire l’origine du signe ou cette sémiotique non verbale qui cherche toujours à réduire le signifiant à un espace d’intuition codée
le thème de la lamentation des morts, loin de produit l’indéterminé archétypal, manifeste au contraire une construction souvent moderne où un certain pathos sert d’instrument idéologique comme l’image Eisenstein, à partir de tableaux plus ou moins classiques Grünewald ou Picasso, dont La Madonne de Benthala, elle même icônisée à l’infini,
bien entendu cette construction intentionnelle ne suppose rien quant à quelque langage imagé incoercible
vient le cinema et ses fantômes, vient alors le champ hypnotique des images de cinema dont chacun est nourri, mais pas au point de s’y confondre, car chacun effectue toujours un montage et ce n’est pas parce qu’il confond rêve et film que l’un a le statut de l’autre, Nosferatu n’est référence là aussi que dans l’emboîtement du remake
enfin c’est toujours une autre histoire comme dit Godard