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faillite d horizon

faillite d’horizon

 

le temps noueux pose sa cime

sur le fil rendu caduque

comme un lien

la pensée continue sature de flou le discontinu

parfois

l’éclair vient

qui simule la présence

d’un bloc

cutané

puis s’éloigne

au souffle court

mais tous les creux

murmurent l’impossible

du never more

un flux de concepts

recouvre le bruissement des roseaux desséchés

l’heure vient

porteuse d’ordre et de minutie

 

un monde aveugle et sourd

peuplé de signes obscurs

livré donc au fleuve noir

 

parfois des oiseaux 

colorent 

un moment ce crépuscule

est ce le refus d’une signalétique interne

pour un dieu bienveillant et fugitif

est ce un mélancolique souvenir

de quoi au juste

tout était à inventer

était

 

le deux ouvert sur un réel

non partageable

suppose le disjoint

d’un élémentaire

en attente d’un multiple

 

voile au jour défait

rouge

à l’évidence nue

enfui d’un geste lent

qui retient l’inconnu

suspendu

comme calice

aurore imprévue

ce chant

au creux d’une forêt émue

ce tremblement

monade veuve

un oeil neuf

oreille du vent

 

un silence se courbe sur un nom

une feuille traverse ce peu de nuit

une fille pose sa bouche sur la vitre embuée

quelqu’un écrit ce nom

et rit du voile

rouge

qui offre ce regard direct 

au chant profond

des larmes glissent

pour une perte inouïe

reste le souvenir du miroitement

entre les fibres nouées

paroles physiques organiques vivantes

comme une peau

 

le local cherche le seuil d’un représenté

le vide d’image veut faire preuve de l’objet

le seuil de la demeure est peuplé d’ombres

local d’un effacé toujours recommencé

fragile présence du tissé

n’ex-iste cependant qu’au delà

la douleur de la toile retenue

dans l’attente d’un geste qui la précipite

a cessé dans le miroitement

des formes sans nécessité

 

les objets sont inertes

comme des tombes

au lieu de l’erre infinie

parfois

cependant

effleure

timidement

ce contact tactile

qui nie le rien plombé

cet objet là vivant

précieux

secret

demeure du poids d’une vibration

qu’aucune parole n’apporte

le poème impuissant s’y épuise

l’icône retenant parfois l’écho de cette vibration

toucher

surface

interne tout autant

toucher d’un regard sans doute

de cette brutalité sans faille et demain

au seuil d’une lumière malgré l’oeil crevé du vieil Oedipe

le toucher du voyant qui sait les choses

s’approcher au delà du tactile

un instant

sans manque de tact

voire

ce secret découvert sans aucun recours

quelque chose d’intouchable que la chair limite

lourdement

 

Couleur sang intérieur comme cette peau ouverte au regard

Intérieur offert au toucher

Graphes presque invisibles

D' un texte secret 

Lisible cependant malgré soi

Attente d' un geste qui viendrait relever la chute

Toujours

En quelque lieu

Ce sombre de son sang

Lumière du taureau sur le sol martelé de soleil

Frappé dans son élan

Au réveil noué

Déployée au tact neuf

 

Un pleur semble faire le total du réel

Comique aussitôt au bord de cet abime conclusif

Restent les barricades sauvages

Refus de cette fin mièvre

Ongles battants dans le couloir de la mort

Aucun amortissement des cris

Malgré le rock qui hurle pour tous ces cadavres oubliés

Une dernière valse au bord du Styx

Une herbe si bleue

L appel entendu à travers le temps

Reprise des cheveux d' or

Au pont Mirabeau

Et tout 

reste des poèmes

Oubliés

 

Un soir de bataille 

Longtemps déjà

Ce que voudrait ces mots

Ombres toujours revenues

Ce soir sera tardif

Centre face au semblant

Un pas ferme qui s oublie

Frappant le sol d' un talon

Image de nuit

Image folle

Pave humide et lampadaire bleuté

Pour relire l image de ce temps

Juste un regard embue

Se souvenir parfois d' un Rivage phocéen

 

Mais il y a des espaces neufs

Caches dans la jungle

Parmi les ruines d' antiques cites

Peau retournée qui livre

L étrange vibration sauvage

Qu un œil de feu appelle 

Parole vibrée comme trace

D' une source pure

Ils disent cela 

Ils le disaient jadis

Sur le pont de quelque navire

Si vieux qu’il devint fantôme

Pour nos mains

 

L' un l 'autre

D' un chemin le supposé

Erreur du temps qui se croit

Normé par cette règle

Personne que la pulsation de son propre sang

Qui frappe au vibré

Sauvage

Ce privé de l’amendée toujours a peine

Intime

Quel intime vient là

Effleurer un réel

Et s’en défendre

Toujours

Ce trop

D' un basculé vers l abime

D' une nature nichée dans l illusion des vagues

Cognant le ventre vide

Avide

Cette présence supposée

Le commun du langage déjoué par l usage

Toujours trébuchant au risque d' un crural qui serait invention

Et le châle se défait

Livrant un souvenir

Comme en ces temps de givre

Où glisse le destin

 

La pluie descend des cimes 

Neige des cheveux givrés

Des oiseaux fauves

Des chiens noués

Ce gris lumineux

Traverse la fine pellicule 

Le tactile serait fugace 

Voleur du feu

Parole arrachée toujours

Au secret

L événement impose sa folie 

Cette peur excitée du libre

Et les larmes d' un goût sale

Ce qui manque à la toile

Cette larme perdue

Qui choque le papier

Eclatant la lettre encore fraiche

Et cet ange perdu 

Un jour refait d' un trait

Le maître dit que ce feuillage seul

Peut contenir la dispersion des sens

 

Un bleu métal brise le pas

La lettre murmure à travers l indistinct de son effacement

Reprendre sans cesse le texte au lieu même de son secret

Cendres disait il de son lointain de mort

Reste le souffle qui peut dire

Le multiple des lieux

Des êtres 

Des chemins

Distinction brouillée des lèvres 

Cela commence par un refus

Qui fait surface où se cacher

Malgré ce rêve d' un ouvert 

Signé par la larme qui trace son propre chemin

 

Et feuille lovée d' espoir

Et ciel nocturne de pluie

Et brouille qui vibre dans cette image rêve

Vive la dévore qui renonce à ce vivre

Et la mort qui s efface d' un mot comme brulure de neige

Il pluie sur sol feuillu 

Le pas lourd d' un homme qui 

 

Au refuge ouvert d' une feuille 

Lourd de ce pas neuf

Lourd

déjà dans son lointain

 

Ce triste 

Retour du rien

Cet épuisé sans terme que ce lieu

Clôture d' une affirmation qui neige

Les doigts de fée

Des doigts donc qui glissent

Sur les lèvres de la plaie

Un appel 

Aveugle à son désir

La toile impose son poids

Et la main retombe dans le lourd

Achevé enfin

Ce calme un peu boiteux qui traine jusqu’au terme commun

Au seuil des mots qui livrent l âme au franchissement du pont

 

Dire la pensée d' un mot

Aussi fort qu’un trait

Net et franc comme un souffle

Nulle part en ce multiple

Ce vide étrange et noir

 

Gris de neige

Comme un couteau

Se poser en un lieu

Peut être

Le risque du dépôt de soi total

Captivité d' un éclat de vérité

Le reste demeure approximation

Un souffle encore

Toujours

Si lourd le pas

 

Les feuilles se souviennent du balancement

La main ouverte

Paume offerte

Si pur

Déjà lointain

La camarde traverse le bambou sans nous voir

 

Perdu en ce paysage blanc

Et si seul désormais

Jusqu’au bout

Une feuille s enfuit

Dans ce limon des blés

Ce triste qui ne convient

Pas au rêve

Et pourtant fait terme

Au rire d' enfant

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