au sujet des corps meurtris
Les hautes cactées se déposent, là bas, sur les cimes des arbres effrayés.
Personne ne surgit depuis l’abîme.
Le gris,
loin de tracer le séparé des formes sans nom,
ne peut qu’effacer les couleurs.
Le personnage sombrement hurlant dans les fonds classiques
finit par se noyer dans l’ocre
et le trait rajouté pleure déjà sa maladresse nocturne.
La lueur au cap
signe au navire
sa route portuaire
dans le temps des premiers hommes nus.
Les paroles sont déjà dans le brouillard des limbes.
Il faut un tel effort pour tenir cette présence à l’autre.
La fatigue finale est déjà en chemin
et le soleil pâle hurle en blanc
l’ordre pourtant necessaire .
Peu d’espoir, il est vrai,
du côté des murs verticaux,
les fresques cependant annoncent la cavale
adolescente et souple
comme un verre tendu au bras presque neuf,
bulles au flanc des blessures refermées.