errance du biopouvoir
Le politique bafouille sur le biologique, se cachant derrière de supposés comités d’éthique. Pourtant s’il y avait encore du politique, celui-ci pourrait tenir compte de cette tendance lourde du capitalisme à marchandiser le vivant. Ce fantasme a pris corps avec le développement totalitaire de la biologie qui n’admet aucune limite à son expérimentation, ce d’autant que la finance y voit un facteur formidable d’extension et de contrôle( la question énergétique recoupe ici les objectifs de monsanto) , mais les divers fragments de ce dispositif sont toujours traités de manière parcellaire. A la menace réactionnaire sur la famille va répondre le droit à la différence de montages humains nouveaux dont il n’y aurait aucune raison de limiter l’expression puisque c’est biologiquement possible. On se doute que la seconde version est progressiste et plein d’espoir en un monde nouveau. Il n’y a pas photo entre un défilé de la gay pride et une manif pour tous. Pourtant ce n’est qu’une forme médiatisée de questions bien moins évidentes. Il est incontestable que le champ symbolique est en soi une limitation de l’imaginaire, or c’est ce champ sur lequel opère la publicité comme moteur de l’envie objectale. Il est manifeste que la famille autarcique (qui rejoint d’ailleurs les espaces communautaires qui ont tourné le dos à la consommation) est un obstacle à la pénétration du produit, surtout bien sûr si celui ci ne peut constituer une fixation du désir que dans l’espace de la frustration de la foule solitaire. Le marché ne peut pénétrer dans sa logique de production substitutive que des paquets d’individus sans relation entre eux , autres que de rivalité et de prédation. La dissociation de l’amour et du désir, la revendication pour un corps mutant et transformable, le refus d’une anatomie de destin, d’une nomination symbolique, la virtualisation de l’imaginaire qui cesse d’être une catégorie productrice de sens, la réduction de l’esthétique à un champ illustratif, l’effacement d’un rapport à l’histoire jusqu’à une inculture totale, la disparition d’une clinique du sujet remplacé par un découpage statistique des comportements... tout ceci permet un état d’immédiateté du rapport non au réel mais à une réalité fictive qui produit des items variables d’intérêt, un coup une catastrophe , un coup les aventures d’un président, un coup un humoriste raciste, un coup un écrivain génial ou un film merveilleux, chaque item chasse l’autre, sur fond de calculs financiers, de dette, et au besoin de catastrophe politico-climatique