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détruire la peinture

 

détruire la peinture

 

le monde est sans doute divisible en couples d’opposition, c’est après tout l’effet du signifiant, ce que Dieu effectue d’origine, séparer et nommer, est ce ce que décida le démiurge , qui n’existe malgré nous, lors qu’il sépara le monde entre ceux qui s’intéressent à Poussin et les autres, situation native dans l’affect que ne recouvre tout à fait l’opposition érudite entre baroque et classicisme, disons Caravage et Poussin, pas l’un sans l’autre justement, pas de style baroque sans Port Royal, pas d’Autrejouir sans rapport avec le Nom du Père, Poussin fait le voyage en Italie, il sera donc question de la lumière, mais Poussin n’est pas Corot, il mythologise le réel, il dessine, il compose, il pense, scénario complexe déposé à la surface de toile, références pour nous érudites, obscures, lointaines, aucune facilité, le sujet lui même est classique, déjà plus ou moins traité, mais un déplacement opère qui rend le neuf vibrant dans le sujet, présence de sujet, mais au prix d’une lecture qui part du sensuel discret pour provoquer la pensée dans cette lecture même, plaisir mixte qui contient l’émotion la plus juste, il faut s’avancer dans la toile, retenir le souffle de l’agitation, le temps pour comprendre qui est aussi le temps de la construction, Poussin connaît l’anatomie, connaît l’architecture, le tableau est aussi la précipitation en deux dimensions d’une très savante réalisation en volume, il doit contenir l’instant exact qui résume l’intention, l’action, l’antique plus la perspective, plus la montée du paysage non comme nature en soi mais comme lecture de la dite nature dans la raison du tableau, car une écriture des passions est ici à l’oeuvre, une clinique précise, précieuse, le lieu du tableau est un réel en acte, réel pris dans un code, une sémiotique savante dont on a perdu la subtilité, comme celle de la rhétorique, définissant des modes, Le mode dorien, " stable, grave et sévère, et qui rend les personnes étonnées ". Le mode phrygien, " véhément, furieux, très sévère ". Le mode lydien accommodé " aux choses lamentables ".Le mode hypolydien qui " contient en soi une certaine suavité et douceur ".Le mode ionique, " de nature joconde ". la typologie passionnelle loin de réduire la sensation lui permet de s’exprimer au plus juste, comme il n’est possible de goûter un vin, une corrida que parce que l’on connaît la langue adéquate, de même pour la carte du tendre, même si nous aurions les trois essais sur la théorie du sexuel, et même le genre, vague sociologie adaptative, le dessin vient à la couleur non comme contraste des formes mais selon un principe uniforme atemporel, on comprend que le flash scénographique du Caravage puisse choquer Poussin qui n’y voit qu’une facilité dans le fond vulgaire

reprenons d’un pas plus ferme, le baroque hystérise la question du non rapport et ouvre la voie à la platitude universelle et extensive de l’image de sorte que le montage Poussin devrait s’installer au coeur de l’église baroque pour y manifester la tension de l’impossible, une logique du désir, l’Autre n’est pas sans manquer, loin du mythe de l’amour qui soutient l’autre dans sa semblance, 

 

 

le peintre assassin 

 

il y a des peintres selon le trait qui est couteau, violence physique en atelier loin de toute idée de chevalet, ce que contient difficilement le film de Greenaway, c’est alors la camera qui est assassine, c’est une piste possible de lecture du cine, en tout cas nous sommes loin de toute structure narrative,  disons Labegorre, Caravage, Picasso bien sûr, Bacon en atelier

le trait direct, peindre debout, comme au couteau

 

abandonner l’excès du dessin par le jeu des ombres

 

le regard dans l’hypnose qui vient

 

à l’évidence ce pape là il est en pleine découpe

Ceci revient à retenir la peinture à un trait, la découpe caricaturée par le sobre Fontana

 

certes il refoule ce qu’aussi le web explicite grossièrement

 il est lisse comme notre monde qui réserve le corps depecé aux media

demeure le coup, la surface qui se déchire, l’improbable toile projective qui se déchire, libérant la chose avec l’intérieur du corps

 

Kwon-taek Im donc explosé au sol de l’atelier de Bacon, sous le coup

au delà de l’image limite de l’horreur, quelque chose sans nom, ni forme, l’éventreur devenu le héros de cet effacement de l’image

 

le peintre est posé dans le décor , tels les maîtres de la Dispute, ils l’observent, elle est un peu en retrait

 

le peintre a l’air de circonscrire le monde

 

seul l’enfant devine l’objet  de la mise en scène, le peindre lui même écorché

retournement au miroir

 

le tout très visible sur la grande scène de la perspective

 

on lui livre maintenant le coeur du peintre chaud

 

paysage

 

Il y eu des paysages, un temps, avant la fermeture de la nature sur le semblant, un temps, celui de l’éveil au seuil des choses vues, cela commence comme un sentiment, celui de la nature, il faut sans doute que le capitalisme ait déjà formulé l’ère de la transformation même de cette nature, transformation achevée au final peut être de l’espèce, la bourgeoisie ne pardonne rien

 

 

pourtant c’était assez clair dès 29 et la suite, le camp, la guerre, les trente glorieuses, et puis la disparition du socialisme par intégration de masse au capital jusqu’au bout, le paysage finissant dans une rêverie écologique dépassée (il n’y a en effet aucune rentabilité dans l’idée de croissance zéro)

 

Le paysage surgit comme encombré d’humain.

c’est le thème du jardin anglais, la perspective qui localise le sujet pour le faire disparaître

 

après tout il n’y a aussi de père-spective que le regard du père sur le paysage d’une femme

Courbet

le paysage n’existe pas avant , il est toujours de bordure, sans autre chose qu’un aplat décoratif

il s’agit toujours d’un effet de fond

il s’agira après le quatrocento de construire un espace habitable

nostalgie des ruines , Monsu Desiderio donc

 

la citation du lanscape signe la virtualisation du monde

Gilbert et Georges

Le Landart est ainsi l’expression plastique la plus à même de rendre compte de l’inexistence de l’idée de nature dans la sphère de la représentation marchande. Après tout si le capitalisme a produit la shoah, il a aussi inventé la sculpture de paysage.

revenons vite nous rassurer dans la campagne anglaise

mieux sans doute que Gainsborourgh, Corot

il est vrai qu’assez vite cela donne ça, il est vrai que Vincent est fou

le monde en extension

et son reflet en intension

la perspective n’a jamais réussi à saisir le point de fuite

paysage

 

le paysage n’existe pas avant le XVII ème siècle, il va alors s’extraire du fond et connaître une autonomie variable selon les fluctuations sans doute du sentiment de la nature, donc à Rome, Carrache, Rubens, Claude le Lorrain, Poussin... jusqu’à Corot et Cezanne en passant par Gainsborough et Turner

 A n n i b a l   C a r r a c h e   regarde la peinture italienne et le Titien et dévoile une nature ouverte et précise dans le détail, cette barque qui se glisse à disparaître livrant la nature à sa parfaite clarté

 P a u l   B r i l   dans une retenue particulière propose une marine donc encombrée d’humain, mais l’ensemble embarque les êtres dans une conquête de l’espace par un cadre souverain

 C l a u d e   G e l l È e  provoque jusqu’à une convoitise papale, qu’il refuse, ne proposant qu’une copie, en proposant l’exacte présence de ce qui est déjà une nature bourrée de métaphysique, voire du vide de tout créateur

 et puis vient le glorieux N i c o l a s   P o u s s i n   qui construit une nature témoin du récit qu’il propose, nature à l’écoute et en harmonie avec ces minuscules êtres pourtant témoins et acteurs d’un drame héroïque , un homme condamné à n’être point en sa terre enterré, errance du cadavre dans un équilibre naturel qui signe l’harmonie de la représentation

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