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des transferts

des transferts

 

préambule

il n’y a pas de contre transfert

 

le rappel amical de cette sourate renvoie à un étrange paradoxe entre une orthodoxie folle et une pratique freudienne. Certes la formule fait leçon, elle fait même leçon d’origine, c’est à dire qu’elle ordonne ce par quoi Lacan fonde ce que découvre Freud. On sait même que le Texte trouva d’origine en JAM un fidèle transcripteur qui sut dégager, pour qui savait lire l’indexe des concepts majeurs. Ce qui en 66 pouvait apparaître pour un travail logicien nécessaire prit rapidement avec la transcription du séminaire un ordonnancement dont le cours sur l’orientation lacanienne explora aussitôt les conséquences, au point d’effectuer une mise en formules dont la sourate en question n’est pas une des moindres dans la série des il n’y a pas, de rapport sexuel, d’Autre de l’Autre, poussant l’absurde ou l’astuce jusqu’à ce point où l’incomplétude fit axiome à son tour purement inclus. On en connaît les effets pratiques, une stérilité théorique, une expansionnisme doctrinale et politique, une certitude pratique absolue forgeant son mythe de l’affirmation, au nom du désir, d’un arbitraire subjectif de petite différence cette fois sans maître.

Il est possible aussi de rappeler qu’il y a quelques différences en matière de formalisation et que l’axe topologique implique autre chose qu’une phraséologie dogmatique, c’est du moins ce qu’il était permis d’espérer, y compris du point de vue des sciences affines, et s’il est possible de décrire un paysage groupal selon les options topologiques qu’elles soient ou non exprimées, il n’est guère d’invention à attribuer par exemple à une quantique du signifiant.

 

 

 

 

 

Sigmund Freud

1937

Die endliche und die unenliche Analyse

 

texte illisible nous avertit Lacan, signant en tout cas la difficulté de Freud à conclure sinon à l’infini, conclure que la question de l’avoir ne se pose que depuis l’être, sous peine de demeurer dans l’unisexe du pensisneid, à entendre neid comme envie au sens de vor neid platzen, crever d’envie, rongé, ceci à entendre aussi au titre de la Verneinung

Freud nous fait part d’abord du caractère illusoire qui tiendrait à la volonté de réduire la durée de la cure pour des raisons politiques (Rank) ou technique (Freud lui même), vouloir se soumettre aux impératifs de la vie moderne ou vouloir produire un matériel à visée dogmatique, tout ceci relève d’une confusion des temps , la question du terme du wolfman est reprise surtout après l’observation de Brunswick; viennent alors sous la plume de Freud deux images, l’une relative à ce phénomène infini de libération du matériel après terme « ils se détachaient après coup comme des fils qui restent après une opération, ou comme de petits fragments d’os nécrosés», l’autre relative au passage par un autre analyste « le lion ne bondit qu’une seule fois», chaque séance ayant la structure de l’ensemble, on peut ici songer aux séances courtes et à plus d’un analyste qui est le lot de plus d’un

 

 

 

vient alors la question légitime du possible, est-ce que la notion d’analyse achevée a un sens? est ce que la notion de normalité psychique absolu traduirait cette fin? fort d’un représentable linéaire ,et d’un conflit pulsion/moi Freud distingue des moments de bascule où finalement les limites sont en jeu lorsque «la force constitutionnelle de la pulsion, et l’altération du moi qui n’a pas tourné en sa faveur au cours du combat pour la défense, dans le sens d’une dislocation et d’un rétrécissement», bref il y a de l’inanalysable de structure; à quoi vient faire écho deux situations, celle de Ferenczi et son transfert négatif au maître, celle d’une hystérique guérie mais rechutant à travers une somatisation . question aussitôt portant sur la structure et la topique du moi et la question de l’analysable dans le cas de la psychose et de la psycho-somatique

 

 

la problématique va se centrer sur l’analyse didactique c’est à dire supposée idéale au sens où elle ne fonctionne qu’au titre du temps topo-logique, soit le lieu de l’élaboration métapsychologique où interfère le «domptage de la pulsion» et la fantasmagorie théorique, ce en quoi «cet état qui n’existe jamais spontanément dans le moi» se trouve être «une profonde transformation de la personne». On sent bien en quoi Freud pose le réel comme cet x de ses opérations conceptuelles dont l’instabilité est toujours d’être faussement binaire

 

n’est accessible à l’analyse que ce qui participe d’un conflit actuel, mieux déjà passé, tout analyse «active» voudrait agir de manière préventive et donc provoquer un conflit qui n’a aucune actualité, attitude inamicale et à priori dangereuse de vouloir artificiellement «rendre actuel un conflit pulsionnel latent pour l’instant», c’est à dire engendrer «la production artificielle de nouveaux conflits dans le transfert», rappel donc de Freud à une certaine prudence quant à cette activisme affectif ou théorique puisqu’au mieux on ne saurait ici qu’induire une conversion alors que les anciens dieux demeurent opératoires, analyse selon le dogme dont on peut se demander à quel type de perversion de la doctrine elle peut bien correspondre

 

L’analyse repose sur l’aide paradoxale que le moi peut apporter (Freud récuse aussi la question de la psychanalyse des psychoses puisque le moi est en morceaux), paradoxale puisque le moi va actualiser dans le transfert le conflit psychique qui refoule le contenu, il va donc livrer un texte falsifié par les défenses et rendu illisible par effacement-déplacement, le moi apparaît comme l’instance imaginaire qui demande et refuse, «la guérison elle -même sera traitée par le moi comme un nouveau danger», la résistance va s’organiser comme un refus de dévoilement, et le travail analytique sera donc un mouvement incessant entre analyse du moi et analyse du çà, récuser dogmatiquement ce jeu de l’imaginaire semble dès lors la résistance même, question tout autant du palimpseste, pâle inceste  tout autant

 

autre difficulté, portant quand même sur les limites du moi, c’est à dire sur la plus ou moins grande différenciation des instances psychiques, après tout les formes «régressives» de nouage vont dans ce sens, Freud parle de viscosité de la libido, c’est à dire de fixation objectale, voire de labilité objectale, pente maniaco-depressive qui se croise avec un point d’inertie psychique où la conflit eros-thanatos s’exprime dans l’axe sado-masochiste, il est remarquable que ce soit avec Empédocle d’alors Freud maintient le dialogue

 

nouveau déplacement, à la suite de Ferenczi, cette fois c’est de l’analyste dont il s’agit, c’est à dire de ce qui va ou non faire fin dans sa propre analyse, la question pratique d’une reprise de cure, du contrôle ne venant pas lever la question de fond relative à la formation

reste donc la question de la différence sexuée et donc de la dissymétrie autour de la folie du pénis, et en soit le troisième axe d’opposition dans la lecture du processus analytique, maniaco-depressif, sado-masochiste, homme-femme, en notant que sur la base d’un repère cartésien que peut se construire le cross cap

 

 

 

 

 

 

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