d’un réel l’Autre
Le parlêtre s’inscrit dans la langue au prix d’une perte qui rend possible le jeu du langage autour de ce qu’il représente comme objet de désir, objet disjoint aussitôt de ce qu’il indiquerait comme possible, sauf à être la chose du champ autistique, il reçoit aussitôt et dans le même mouvement un positionnement d’incomplétude qui le lie à cette source Autre du langage qui le fait ex-ister. Ce refoulement primaire l’extrait du monde des signes (et on voit l’intérêt de la planète des singes comme idéal mécanisé) . C’est en ce point que joue un certain nombre de paramètres intrinséque et extrinséque , puisque le langage dit maternel est articulé autour d’un certain réel spécifique qui fonde une modalité particulièrement de refoulement collectif à cette langue, langue qui vient à s’inscrire dans un double jeu d’écriture, idéographique et alphabétique. Il n’est pas sûr que l’idéographie qui est seconde à l’articulé (mais là il convient de distinguer écriture inconsciente et écriture socialisée) soit source d’une absence de refoulement pour offrir l’immédiat d’un espace de signe, un peu comme s’il ne pouvait y avoir de lapsus en japonais et comme si la formation de phénicien n’attestait pas d’un fond idéographique). Le parlêtre pris à ce désir premier ne peut sortir de la totalité d’un Autre complet que s’il est lui même indexé d’une incomplétude qu’atteste dans la langue le signifiant phallique par le biais du montage oedipien. La forclusion (ou plutôt le champ des forclusions) sera ce point de compacité de l’Autre. La distinction de l’objet @ dans l’Autre implique divers positionnements depuis la croyance perverse en un objet dans la réalité, jusqu’au dispositif névrotique, dont la phobie serait la forme étrangement minimale. C’est en point que se constitue le symptôme , ce dispositif de compromis entre les exigences du réel social et du réel psychique, ce à quoi un parlêtre peut se reconnaître comme affecté par un certain type de malheur qui reproduit le scénario traumatique de départ, ce par quoi il demeure étranger à son troumatisme. La sourate lacanienne qui intime de ne pas renoncer à son désir va impliquer de renoncer alors à la fiction oedipienne , à sa père-version pour un rien qui fauche tout autant la consistance de l’Autre, l’incarnation dans le transfert d’un référent qui consiste, voire balayer le mythe freudien de la pulsion de mort et du processus répétitif non comme état irréductible de la structure mais bien comme version théo-centrée du drame d’origine. Ceci ne peut qu’avoir quelques conséquences sur le destin, en particulier sur le choix amoureux, qui se trouverait lesté et de la passion du même et de la jouissance de l’échec dans ce choix. Bien sûr un parlêtre peut jouir de modalités particulières d’arrangements, que ce soit la congruence symptomatique avec un type social, que ce soit les jeux de la sublimation qui quand même fricotent avec l’idéal sans pour autant se dégager des déterminants signifiants de l’origine. Reste donc l’invention qui demeure expérience avec la diversité du réel. On est loin de la tranquille certitude d’un savoir défensif et contenant les réponses universelles. Un parlêtre peut être ainsi pris à la découverte, souvent ponctuelle, qui va lui faire un nom dont il va se parer, ainsi de la science ou de l’art, si on peut admettre qu’un individu rende manifeste un ouvert sur le réel, on acceptera mal qu’il change de style, qu’il cherche autre chose, qu’il soit de plus d’un livre. Finalement le politique serait un discours qui ouvre le réel et non pas qui le conformise. Si la psychanalyse freudienne est une opération imaginaire-symbolique qui pose un sens à l’affaire du parlêtre, un point de plus serait cette réécriture RSI qui articule le réel singulier quitte à s’en ouvrir comme sinthome.