Cordes signifiantes
Nous manquons de méthode et de modèle. pourtant il y a toujours l’urgence de la clinique et son recouvrement par l’idéologème impérialiste, mais nous demeurons paresseux, craintifs. Pourtant il y a une vraie difficulté et une contrainte théorique. L’étude de la mélancolie impose la notion d’un espace carrefour à la façon de la phobie pour la névrose, et cette fois dans un espace qui n’est pas seulement celui de la psychose, qui va au delà puisqu’il implique l’@structure. La paranoïa nous indique en quoi il y a un local de la névrose possible, celui de l’entretien psychanalytique. Mais la semblance paranoïaque ne rend pas compte du différentiel psychotique. Il ne me semble pas que le modèle cosmologique dont Lacan fait usage dans le schéma de Schreber soit très explicite, non qu’il ne soit opératoire mais il demeure indistinct quant aux articulations de surfaces topologiques, indistinct quant à la logique du signifiant.
Rêvons donc un peu à partir de la matérialité du signifiant, ce qui pose aussitôt la question du surgissement inouï du signifiant dans le monde des choses, ce côté imaginairement créatif où nous puisons facilement le fantasme Autrifié des origines. Nous ne sommes point dans un jeu maternel. Le parlêtre ne peut penser la structure de l’univers que dans les limites du poème. L’invension tient à la lalangue . Dès lors la représentation de la forme élémentaire qui structure l’univers est nécessairement plus qu’une analogie forte. Risquons ceci: la dérive théorisante de la théorie des cordes est homogène à l’@structure. Non qu’il faille jouer à quelque collage qui serait stupide mais il convient d’essayer de lire ce qu’on peut nous raconter en ce domaine en gardant à l’esprit que nous de disposons que d’une vague présentation de la névrose pour rendre compte de l’@structure.
Il semble y avoir plusieurs problèmes cosmologiques, l’expansion de l’univers à ses “débuts”, l’incohérence de la gravitation avec les autres forces, la délocalisation quantique. La théorie des cordes suppose un univers plus dimensionné que le notre dans lequel se produisent des interactions dont la matière noire est le symptôme. Il est question d’un multivers dont la structure demande un mode d’observation qui ne soit pas celui développé jusque là puisqu’il ne s’agit pas d’une question de distance ou de temps mais de forme. Les cordes s’organisent en branes, sortes de membranes. Notre Univers est peut- être lui-même une brane tridimensionnelle (une « D3-brane »), plongée dans un espace à neuf dimensions.
L’inflation cosmique ne tient pas dans une notion de matière “classique”
Si l'Univers ne contient que de la matière « classique », sa vitesse d'expansion ne peut que diminuer sous l'effet de la gravitation. Une accélération exponentielle nécessite au contraire une sorte d'énergie dotée de propriétés très particulières: sa densité doit être positive et rester presque constante pendant que l'Univers gonfle de façon spectaculaire, puis décroître brusquement pour permettre à l'inflation de s'arrêter.
Cette énergie serait celle engendrée par un champ scalaire extrinsèque à l’univers en question et résultant des interactions de branes dans l’espace de Calabi Yau. Les dimensions non perceptibles de l’univers résultent de l’immersion de notre univers dans un univers plus vaste. Un parquet en bois présente par exemple des microfissures. Elles ajoutent une dimension supplémentaire - la profondeur - à ce qui nous semble être une surface, mais elles sont imperceptibles à notre échelle. C’est après tout une notion quantique selon laquelle l’infiniment local est la condition du local. La langue est la lalangue, c’est une définition possible de l’inconscient.
Si le graviton résiste à se faire capturer , c’est peut être simplement que sa nature est indifférente à la localisation d’un univers, qu’il traduit quelque chose du champ scalaire en question.
Notre perplexité demeure devant à la fois la difficulté du modèle et de son éventuelle application. Mais nous pouvons tenir à cette idée qu’il y a plusieurs types de signifiants, premiers et seconds et que ce sont justement ces premiers qui constituent l’@structure qui se différencie en structures. Le modèle de Leibniz est ici adéquat puisque les diverses monades ainsi errantes demeurent dans un rapport indirect;