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Cordes

Cordes

 

Nous aimerions introduire le questionnement sur la physique théorique à partir de la fameuse théorie des cordes qui se développe avec plus ou moins de lisibilité dans divers articles de vulgarisation et que nous interrogeons à plusieurs titres, d’une part parce que la difficulté d’intégration de la gravitation à la théorie du Tout semble retrouver la question qui faisait origine à la physique, d’autre part parce Freud comme Lacan sont demeurés interessés par le discours de la science et qu’il est possible de repenser ceci, à savoir et l’Introduction à la lecture de Hegel et les Etudes galiléennes, à la lumière des travaux actuels.

Nous avons appelé de nos voeux un travail qui poserait la pertinence du sujet de l’inconscient comme sujet quantique (et non pas kantique, encore que la reformulation de l’éthique passe sans doute par là et non pas par l’utilitarisme aveugle de la techno-science

 

Objet quantique et signifiant:

1) non localisation du signifiant et relation d'incertitude

déjà on note le signifiant comme conséquence du langage disjoint et tendant au réel, pour un objet ex-centrique; le langage va tenter de cerner l'objet entre lettre et nombre, pas sans l'icône (une image qui ne serait du semblant, du côté du trait anamorphotique) et donc pas sans le nom du sinthome (corrélat, celui de la surface du noeud à quatre, s'il est vrai que le noeud 3 s'inscrit sur la surface de Boy (équivalence?)). L'objet quantique est plutôt d'abord défini par le calcul, l'équation de Schrödinger, mais c'est un discours qui va en assurer l'interprétation. 

2) discours freudien comme contemporain d'un certain état du discours de la science

ceci est lié à un historique des discours (mise en place et figure nouvelle de part l'invertion du discours du maître en discours du capitaliste qui inclut l'objet, d'ailleurs si l'objet est dit, n'y -a-t-il pas là un effacement commun de l'objet freudien; on peut songer aussi à la bonne fortune lacanoïde d'une thérrorie iconoclaste et scientiste

3) le temps et l'impossible réelle d'un thèorie unitaire

est-ce que se sont des théories closes? les cordes sont-elles conséquentes au développement (mais y'a-t-il quelque chose d'écrit là dessus depuis Lacan?) du noeud à quatre et du retournement (coupé cependant) du tore?

en tout cas, il n'est pas inutile d'effectuer un approfondissement des deux théories, celle du signifiant, celle de l'objet quantique , ne serait-ce que pour situer la modernité du discours de la science, dans le discours du capitaliste. "Forcer" le psychanalyste à penser l'objet quantique, çà ne peut pas lui faire de mal (comme penser la théologie ou la biologie), effet réciproque sur le physicien

 

 j’ai échangé quelques mots avec Bernard d’Espagnat que Roger Prat a fait venir à Bordeaux pour la science en fête; c’est un homme charmant, érudit, modeste, qui écoute, en plus il a un petit air de Derrida, mais ma question “ne peut-on penser qu’il y a plus qu’une analogie forte entre la structure du langage et la théorie quantique, ne peut-on par exemple penser que c’est la structure même du langage qui impose une excentricité du réel que finalement la théorie quantique s’efforce de dire” posait de telles à priori dogmatiques de part et d’autre que nous sommes restés sur un concensus mou d’allure jungienne

la mécanique quantique comme théorie cadre  sur des principes de base à objectivité faible, principe de non séparabilité, la pensée de la chose sépare l’interagi, ce principe  n’est bien sûr pas opératoire,  la science est donc non réelle mais phénoménologique, ceci rejoint de fait Kant et sa chose inconnaissable mais cette fois moins objectivisée par le langage; l’idée qu’il n’y a après tout rien à attendre des physiciens  malgré (à cause) du  concept  topologique , parlons alors d’un rapport de déconstruction phagocytaire; si après tout l’interprétation psychanalytique  travaille un champ de savoir  il va déconstruire ce champ, le pousser à ses fondements, voire  l’algébriser  sur la base d’une théorie du sujet, et en retour la psychanalyse va s’enrichir des concepts “résiduels” forgés à cette occasion, appelons çà l’opération analytique dans un champ de savoir; D’Espagnat n’est pas sans restituer quelque chose à la métaphysique en fin d’exercice mais quand un matérialiste se pointe pour lui parler de Dieu, il montre , je crois, qu’il se tient à une théorie du sujet, c’est à dire à une inexistence de l’Autre.

 

Je vais donc essayé d’être un peu plus clair, si faire ce peu,  puisqu’il ne s’agit pas, pour moi, d’une question marginale, spéculative, qui donc pourrait se satisfaire d’une vague entente d’allure jungienne sur la base d’une substance ou finalement d’un éther commun entre la physique quantique et la psychanalyse. J’ai cru d’ailleurs comprendre que le pousse au pire de notre  ami matérialiste qui voulait éliminer l’expérimentateur  était  aussi suspect que la croyance objectale qui vint  méditer un peu plus tard sur le photon. Après tout une théorie physique qui inclut le sujet est aussi ce qui restitue à l’être parlant sa liberté, sans que cette liberté doive aussitôt se soumettre  à quelque divinité aristotélicienne ou autre. 

La théorie du signifiant sur laquelle repose l’enseignement de Lacan  lecteur de Freud  peut s’éclairer d’une série d’aphorismes qui apparaissent au fur et à mesure d’une réflexion qui, formellement, se développe sur un modéle des graphes, des surfaces, des mathèmes puis des noeuds. 

l’inconscient est structuré comme un langage

un signifiant est ce qui représente un sujet pour un autre signifiant

il n’y a pas de métalangage

le signifiant n’est pas localisé

la topologie est le temps

l’écriture nodale  (théorie des noeuds) n’est pas une représentation mais une présentation de l’inconscient.

Certes  tout ceci peut fonctionner comme jacquerie  s’il s’agit d’un verbiage plus ou moins snob détaché de toute pratique clinique. Or il y a , en ordre dispersé, quelques  horribles travailleurs qui cherchent à poursuivre sur  ces bases  souvent passionnées et qui arrivent à induire un début de prédicabilité. Ainsi en est-il du travail de Marcel  Czermack à Sainte Anne qui s’efforce de dégager dans la masse des faits cliniques des tableaux structurants prévisibles par la théorie; c’est le domaine laissé en friches depuis les psychiatres classique de la clinique des psychoses. Mas c’est aussi  la théorie de la cure elle même qui  peut s’éclairer enfin de manière rigoureuse, et non plus se perdre dans un ineffable ou elle ne se distingue plus de pratiques magiques. 

 Le sujet humain surgit au monde comme être de langage , mais cet instrument est à la fois ce qui lui permet de saisir la chose , puis le concept, mais aussi de manquer son objectif; c’est ce rattage qui est de structure qui anime son désir, son pousse à dire, à penser, à connaître. Tant qu’il demeure dans les ombres de la raison familière alors il est semblable au personnage de la caverne, qui prend l’ombre pour l’objet, encore est-il supposé alors que l’objet est quelque part. L’enfant va répéter ce cheminement de l’espèce , ce qui confère un caractère particulièrement précieux à son observation. Le savant, lui, va chercher à abstraire ce rapport premier au monde, sans pouvoir se défaire d’ailleurs du lapsus qui le poursuit comme être parlant, mais même au delà de cette symptomatologie de la vie quotidienne, le dit savant va  découvrir, Gödel l’atteste, que tout  système axiomatique est  finalement indécidable, c’est à dire que le rêve mathèmatique d’un  certain hors sujet  revient à l’envers en ses pointes abstraites. 

Lorsque le psychanalyste modélise sa thèorie par l’usage du noeud boroméen, il met en jeu tout autant l’espace complémentaire de ce noeud et donc travaille de fait dans un espace-temps  qui analogise (disons comme çà pour l’instant) avec  ce que la physique propose à un niveau variable de vulgarisation.  En ce point qui demanderait exemples certes, je peux évoquer un certain choix esthètique, celui par exemple qui voit (Virilio) dans l’objet technique (ici  le graphe  informatique des noeuds) l’objet d’art même (ce qui permet quand même enfin de sortir de cette interminable fin de l’art qui n’est après tout que l’identique dans le domaine de l’art de la critique de l’objet classique, et qui dans ce domaine n’a pas survécu à l’opération Duchamp-Benjamin)

 

Le terme Univers n’est pas une entrée, encore moins si on écrit Théorie du Tout ou théorie M, ceci n’est pas correct, ceci suppose que l’on s’interesse à quelque chose qui est le discours de la science non pour voir comment Platon ou Aristote parlaient de la science, comment Freud lui même ou même Lacan, et dans ce cas ce qu’il n’explicite pas directement n’a guère besoin d’être dit. Bref, devant l’écho assourdissant de mes élucubrations, je m’amuse un peu puisque , de toute façon, ça ne tire pas à conséquence. Le psychanalyste peut là encore se drapper dans son indignité, récusant logiquement, Lacan le démontre, ce qu’il faut entendre par cette notion de Tout, et qu’après tout justement ce fantasme doit être renvoyé aux monomanies ordinaires . Peut importe alors que cette affaire puisse non pas achever quelque chose mais conduire à un nouveau paradigme. Le psychanalyste sait très bien qu’il n’y a pas d’Autre de l’Autre, c’est à dire que l’Autre s’est barré, zimzoum  fondamental qui couvre et les fondements et les developpements . Bref pourquoi s’interesser à la mécanique quantique, à la relativité générale, aux membranes à 10 dimensions, à la théorie M, aux supercordes, aux P-branes, aux trous noirs, à la supergravité à 11 dimensions; c’est un peu comme les developpements des sciences cognitives ou la génétique ou l’économie, tout ceci relève du fourre tout là encore récusé logiquement. Est-ce que cette histoire de langage a finalement de l’importance? et d’ailleurs les bricolages de Lacan ont beau être affirmés comme présentatifs tout porte à croire qu’il s’agit simplement de trucs pour amuser une théorie spéculative à bout de souffle, dès lors l’objet quantique demeure sans commune mesure avec l’objet@, et la théorie du signifiant n’est qu’un tour de passe passe où les élèves se prennent les pieds en ordre dispersé. 

Le psychanalyste ne croit pas à quelque universel qui serait le temps, c’est bien connu, temps logique, moment de conclure, tout ça, il connait, c’est comme l’éther, pas de référenciel absolu en arrière fond  de la cure, et d’ailleurs qu’est ce qu’on pourrait bien faire d’un espace-temps incurvé par une gravitation déjouée par la fixité des places. Peut importe que l’univers soit en expansion ou pas. Et ces histoires de début du temps, on ne va pas refaire le coût plus ou moins jungien! et le trou noir, c’est bien sûr un imaginaire compulsif bien connu, d’autant qu’il s’y démontre que le temps s’arrête, vous voyez bien! un trou noir plein de rats.  Et la théorie des quanta, l’indétermination d’Heisenberg , vous parlez d’un truc, comme si cette affaire pouvait avoir un lien avec le signifiant, ou alors bien sûr la physique est dans la lalangue et donc produit le pur reflet de sa structure dans la théorie. Pourquoi pas parler des boucles du temps? Lisons Kant qui se demande déjà ce que voudrait dire le temps d’attente avant le début ou encore les conséquences sur le déjà arrivé dès lors qu’il n’y aurait justement pas de début, fantasme des origines, origine du fantasme. Quant à l’intrication de l’espace et du temps... la forme du temps en poire, la logique du trou noir, les singularités amathématiques du temps, la question des cordes qui jouent à l’analogie dans le topos lacanoïde , les 11 dimensions des p-branes, les dimensions enroulées, le temps imaginaire qui donne forme au temps, et en particulier peut trivialiser l’origine, les histoires multiples feymaniennes, habitées ou non, fermées ou non, la réversibilité du temps plus ou moins liée à la question de la physique des trous noirs , réversibilité en tout cas attestée au niveau des particules elles mêmes, la biologie extra corporelle permettant un developpement cognitif, la questions des branes parallèles, en tout cas au moins d’une brane turcique repliée, 

je suppose toujours ou j’oublie que le psychanalyste n’est pas sans savoir 

 

bien sûr cette question de la science a déjà été traité par nos collègues savants et j’arrive après la bataille, tout ça c’est bien connu et ne mérite pas le détour, alors vous pensez si je parle de paradigmatique générale ou de sociologie de la psychanalyse, c’est bien pire

regression de la science, science en danger, science dangereuse, génèse historique des vérités supposées transhistoriques, pente scolastique du logicisme fregien, communauté dotée d’instances justes et légitimes de régulation hors luttes, question des ruptures dans un continuum, coupure du monde extérieur, automonie du champ par hermétisme culturel, épuisement du paradigme, caractère local des normes , intérêts sociaux dans les tactiques de persuasion, force intrinséque de l’idée vraie qui emporte la conviction en fait par la force sociale du vérificateur, fabrication en laboratoire de l’objet, la vérification est auto-vérification par un processus de persuasion fictionnelle, capitalisation du crédit symbolique, champ scientifique comme structuré en champ de forces, donc importance de la concentration ou non du capital symbolique, où la question de l’innovation necessaire du challenger se mesure à l’épuisement paradigmatique, question des frontières du champ, rapport de la pratique dans la vision scolastique, leibnization du champ par un référenciel logico-mathématique qui est d’autant plus efficace qu’il est supposé intacte et établi au champ de l’Autre, d’où une substantification matérielle rationnelle qui ferme le champ sur l’essence du paradigme et élève de ce fait le droit d’entrée dans le champ, visibilité du nom dans le jeu de la reconnaissance concurrentielle, autorenforcement du capital symbolique sur le nom, et en retour résistance à l’innovation qui ne sera de fait de bonne pratique, on comprend que dans un champ où le paradigme est épuisé , la résistance est encore plus grande, d’autant que la légitimation est non seulement entre le sujet et l’objet mais surtout entre les sujets du champ et l’objet, ce qui obéit à une stylistique du réglement du différent, or il est sans doute possible de maintenir la normativité wittgensteinienne de la grammaire du champ sans transcendance inavouée et hors socius de sa production,

 

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