Carl Schmitt
e($)thètique du monstrueux
1) Leviathan
1) Leviathan
Il est des auteurs à la fréquentation difficile, tel Céline dès lors que les pamphlets interdits ne peuvent être exclus de son oeuvre et qu’alors la lecture de tels textes obligent à des distinctions intérieures. Il pose la question de l’instabilité entre théorie, politique et éthique. Dans un autre champ il y a le rectorat de 33 d’Heidegger. Il y a aussi Carl Schmitt, le juriste nazi dont la lecture apparait comme fondamentale en soi et dans le double contexte de la Guerre fasciste et de l’actuel de l’Empire américain.
Cet auteur est apparu pour nous dans le texte de Derrida . C’est ce qui a attiré notre attention sur cet ouvrage au titre énigmatique “ Le Léviathan dans la doctrine de l’état de Thomas Hobbes, sens et échec d’un symbole politique”. Le texte est visiblement à manipuler avec prudence puisqu’il est préfacé par Etienne Balibar et postfacé par Wolfgang Palaver. D’emblée les références minimales sont multiples du côté de Hobbes , sorte de Platon pour Cromwell, du côté de Balibar qui , pour nous, vient ici se détacher du texte d’Althusser.
Il s’agit de reconnaître l’ennemi intérieur du Reich. Le Führer est alors défini comme celui qui a ce pouvoir de distinction entre ami et ennemi. C’est ce qui autorise la révolution comme établissement du Pouvoir qui peut alors décider sur une situation jugée d’exception de préserver l’Etat au détriment du droit positif. Sur ce plan il y a convergence entre le mythe prolétarien et le mythe nationaliste et cette convergence extrémiste souligne le refoulé démocratique portant sur son extrémisme intérieur. La dialectique sauvage qui s’ouvre alors souligne le nouage de la civilisation et de la barbarie. La question juive apparait alors non plus comme artefact du mouvement de l’Occident mais bien constitutif de la pensée politique de l’Occident. La Shoah est dans la nature du rapport de forces en jeu. Le juif est l’ennemi intérieur de la société chrétienne. La concrétisation marchande de cette question, du juif comme marchandise dans l’extrémisme pervers qui est également forme du discours du capitaliste, est hors du champ de la pensée de Schmitt , ce qui explique le dialogue maintenu entre ce juriste diabolique et des penseurs juifs messianiques justement en particulier Jacob Taubes . Et bien sûr ici s’ouvre la question des lecteurs de Schmitt. La pensée formelle de Schmitt ne nécessite pas du tout le passage dans une sorte de réalité du fantasme, au contraire, mais le terme du juif comme ennemi intérieur dans la construction du Reich est necessaire , tout comme la méditation de Schmitt est nécessaire à la pensée messianique.
La question demeure celle de l’Etat comme fonction d’unité du corps politique , loin de ce mécanisme des rapports politiques qui neutralise la politique en conférant un primat de la légalité individuelle sur la légitimité politique. La société marchande pousse effectivement à ce dépérissement de l’Etat comme le grand obstacle à l’universalisation des rapports marchands objectaux. L’Etat comme Léviathan excède sa localisation nominale dans la figure conjoncturelle du Dictateur , ce qui rejoint sans doute la question aussi des Deux Corps du Roy. Le Léviathan est crainte respectueuse et terreur, il est ce qui s’oppose au chaos , il demeure Principe inhumain comme ce dont il articule la théologie politique, à savoir Dieu. Mais bien sûr le Léviathan est le Chaos lui même . il est le biface du Monstre. Il est donc à la fois ce qui manifeste l’inhumain et le combat.
Chez Hobbes il n’y a pas d’ami mais uniquement une paix imposée pour extraire l’humain de la nature, pour le civiliser contre son innocence pré-morale. Le travail du négatif à l’oeuvre se joue de la peur de la mort violence à la fois comme ce qui fait loi et retour dans la loi de ce qui la nie. Le thème du Mal absolu comme fondement de la nature humaine est au coeur de cette réflexion. Nous ne sommes ni du côté du fondement métaphysique de l’Autorité, ni du côté de la technicité de l’Opérateur civil, mais au carrefour des deux . L’hostilité de tous envers tous s’y lit comme lien social. L’Etat en une formule très moderne se doit de terroriser les terroristes , c’est à dire de lutter contre la sauvagerie naturelle , et ce grâce à un abandon de souveraineté de tous entre les mains d’un lieu dictatorial. Léviathan est ennemi et protecteur. Il traduit pour dire autrement la nécessaire présence de Dyonisos au coeur du temps d’Apollon. Le Monstre est ainsi ce biface du Politique ni intérieur, ni extérieur, ni naturel, ni artificiel. Mais le Monstre ne peut pas plus s’incarner que l’Autre, il est absolu et neutre. Mais il est aussi le katéchon, celui qui retarde justement le conflit final du Bien et du Mal puisque Léviathan n’ex-iste que comme moment dialectique d’un antagonisme nécessaire entre ami et ennemi. On comprend qu’Himmler qui était pour une solution finale ait cherché à se débarrasser de ce finalement encombrant juriste. Cet extrémisme univoque qui force la conclusion du processus est d’essence autolytique, et sans doute pas très différent de sa version soft qui est la médiation universelle des conflits où la négativité se dissout dans l’apparence.
La conception de Hobbes est réaliste de concevoir que l’Etat se doit de maintenir un reste inassimilable, mais nous sommes dans un type de discours , celui du maître qui se construit autour d’un manque à être qui assure et la rotation des discours et un type de lien social incomplet, c’est à dire marqué de la barre sur l’Autre. Toute autre est la semblance du discours du capitaliste qui efface la coupure au profit d’un continuum qui complète l’Autre comme Anonyme absolu.
Il apparait ainsi que le passage par le texte de Schmitt permet seul de questionner le refoulé du Politique, ce qui nécessite une problématisation curieuse des représentations de l’Etat fasciste . En tout cas ceci est tout à fait complémentaire de l’anticipation de la société moderne comme individualité numérique, statistique, comme marchandisation universelle, comme virtualisation de l’image , ce qui est forme d’un iconoclastisme radical
Il peut sembler étrange de méditer sur la Révolution conservatrice , c’est à dire sur ce qui fonde le Droit Naturel comme conséquent au langage . Il est sans doute plus étrange de refuser de croiser le regard de Léviathan en cette figure grise qu’est le Bush-Laben. Nous sommes en tant que psychanalystes des juifs allemands, des ennemis de l’intérieur.
L’article de Wolfgang Palaver est plus symptomatique qu’éclairant puisqu’il prend appui du délire de René Girard, ce qui, pour nous envoyer sur une piste très intéressante à savoir la réception chez les intellectuels du texte de Girard et de là de l’influence jungienne du texte plus ancien d’Eliade, n’est pas directement notre sujet. L’accent y est mis sur la croisade de Schmitt contre la dépolitisation mécaniste, cette disparition de l’Autre dans le champ de l’organisation. L’Etat moderne se joue du semblant d’une incarnation de l’Autre , ce serait l’application politique de la distinction de Descartes d’une parenthèse de l’Autre comme fondement du sujet de la Science. La science politique se défait ainsi de toute transcendance métaphysique, nous dirions s’extrait du symbolique au profit de l’UN non pas comme expression de l’Autre, mais comme somme des uns. “ cette personne “ n’est qu’une expression , liée à l’histoire contemporaine, de l’idée baroque de représentation... propre au XVII ème siècle” qui correspond à l’absolutisme et non à un “totalisme”. Autrement dit “ un mécanisme n’est pas capable de former une totalité. Pas plus que le pur caractère mondain de l’existence physique individuelle ne peut parvenir à former une totalité significative” . Schmitt va trouver chez Hegel un appui critique de la position de Hobbes. La question demeure alors de l’articulation que Schmitt va effectuer autour du concept de direction (Führung) et d’identité raciale (Artgleichheit) “une identité raciale inconditionnelle entre le Führer et les partisans” au nom d’une incarnation de l’UN , incarnation réelle et non plus comme chez Kantorowicz incarnation duelle puisque l’Un n’advient que comme problématisé dans son incomplétude par l’ex-istence de l’autre, l’ennemi intérieur, le juif. Malgré ce bel effort d’adhésion inconditionnelle, Rosenberg va se méfier de ce théologico-nazi lecteur de Spinoza dont la réserve (Vorbehalt) suppose justement un sujet dans son rapport à un Autre barré. Il faut sans doute pouvoir supporter la contradiction et donc ne pas éluder le terme juif dans le concept de juif Spinoza. Il n’y a pas dépassement de cette question par un happy end post Shoah , mort de l’homme ... L’incarnation réelle de l’UN a produit l’extermination de l’ennemi intérieur comme solution finale au problème du sujet, d’où cette logique universelle du camp qui s’étale sur le Monde comme avant poste de l’Etat Universel . La phase actuelle comme Quatrième guerre mondiale signe cet état de fait.
Le texte de Schmitt est bien sûr remarquable du moins dans sa phase critique puisqu’on ne voit pas trop où il veut en venir, et sans doute est-ce parce qu’il ne pense pas jusqu’au bout le travail du négatif puisqu’il tient à la consistance absolue de l’Autre. Le sujet nie la Totalité de l’Autre mais l’Autre ne consiste que parce qu’il y a du sujet.
L’Etat de Hobbes est de fait un état policier qui contient la sauvagerie naturelle du rapport de l’un à l’autre. On peut interroger d’ailleurs le mythe fondateur du libéralisme comme équilibre d’intérêt dans un espace ouvert. Schmith est-il contradictoire avec Hobbes?
C’est après tout la contradiction entre termes qui est l’éthique du libéralisme. le libéralisme apporterait une réponse à chacune des quatre questions qualifiées de fondamentales: le Mal, le pouvoir, les conflits, l’extérieur. Selon Baechler: «En chaque homme, il y a un tyran sanguinaire et un ange de bonté [...], chaque homme, pris individuellement ou en groupe, est un mélange indissociable de Bien et de Mal [...]; quoi que l’on fasse, chacun a son versant lumineux et son ombre.» primauté de l’ombre sur la lumière chez l’homme à l’état de nature; impossibilité d’une cité idéale, nécessité corrélative d’accepter une société imparfaite; impossibilité d’accroître le Bien sans accroître simultanément le Mal. Position réaliste et somme toute pessimiste qui met en doute l’idéalisme schmittien. D’ailleurs «Un bien, explique Baechler, en ce que seul le pouvoir permet de contenir la méchanceté naturelle.... Mais les détenteurs du pouvoir sont aussi des hommes et peuvent en user méchamment.... Le libéralisme parfait ou pur serait réalisé dans une société dont chaque membre serait un centre autonome de décision, qui consentirait des délégations provisoires et partielles du pouvoir et ne s’inclinerait devant la majorité qu’en se réservant le droit ultime à la révolte [...]. La réalité est plus ou moins éloignée de l’idéal, selon le nombre et la puissance des frottements.»
A ce réalisme pratique une seule réponse: Le marché est la seule procédure sociale qui permette à des consommateurs et à des producteurs de s’entendre sur un prix et sur un volume de transaction. C’est la loi de l’offre et de la demande: vendeurs et acheteurs se font réciproquement des concessions, qui permettent de s’arrêter à un prix qui ne satisfait personne mais que tous acceptent. Au débat entre des intérêts divergents il n’y a pas d’autre issue, hormis la procédure du marché, que la loi du plus fort, c’est-à-dire le plus souvent celle du pouvoir politique. Encore faut-il, pour que la marché soit «bon» et juste, assujettir les opérateurs à des règles impératives. La contradiction n’arrête pas de rebondir. Pour le libéralisme des Lumières, la concurrence ne peut pas ne pas favoriser le triomphe de la raison, pour peu qu’aucune entrave ne vienne en fausser le jeu. Comme le dit encore Baechler: «... l’équilibre ne peut être stable qu’au point où s’impose la bonne solution, devant laquelle les passions, les intérêts et les opinions s’inclineront, car le bon sens – c’est-à-dire la capacité de s’ouvrir à la vérité – est la chose du monde la mieux partagée». En d’autres termes, la «main invisible» ou la «ruse de l’histoire», sous les apparences de mouvements browniens irrationnels, finit néanmoins par faire coïncider le réel et l’idéal. Conviction assurément contradictoire avec celle de l’imperfection irréversible des hommes: on ne peut simultanément affirmer que le Mal est indéracinable et que la Raison finira par triompher pour instaurer un ordre juste et bon.
Mais sans doute que Schmitt ignore l’économie, en tout cas il ne lui accorde aucune valeur puisqu’il s’agit de science. Là aussi il faudrait reprendre les méditations de Heidegger sur la technique
2) M le Maudit
analyse à reprendre depuis le film de Lang, en passant par le montage de Goering
jusqu’à cet actuel de Jack qu’est Patrick Alègre
Melman dit que la perversion est désormais normée et qu’elle éclaire le crépuscule de la névrose au profit d’une errance de l’être qui ne pouvant plus se soutenir de la religion névrotique ne peut qu’osciller entre le pire de la père-version pédophilo-sadico-toxique et les modalités d’une psychotisation excluant d’ailleurs le bloc paranoïaque.
La censure est alors à la fois inconsistante, dérisoire, marginale (au coeur du système en tout cas) et absolue, anonyme.
Il y a dans le fait divers Alègre plus que le particulier d’un serial français puisque ce personnage universel du monde moderne y figure comme héros jouant des média lui même, poussant le réel du lien social à des extrêmes de vérité,autorisé à parler dès lors qu’il peut toujours rajouter un meurtre avoué à un autre
S’y rajoute l’enfant meurtrier japonais
Mais aussi un bruit de sado masochisme pris dans une confusion de pratiques horribles, hors il y va aussi d’un extrémisme de la sexualité du parlêtre, ce point nodal de la jouissance comme douleur ou inversement, question posée du côté de la traversée du fantasme, de savoir y faire avec ce fantasme, de ce point de bordure , cet en deça tout autant où le parlêtre se tient, fasciné d’un débordement justement monstrueux, fait divers où se lit l’ordinaire des pratiques, avec d’autant plus de rage et de commun que le lien social ne va plus tenir qu’au titre de la marchandisation universelle .
Il y a toute une enquête à mener tant du point de vue culturel que médiatique, que du point de vue singulier
C’est sur ce dernier point que nous consultons l’ouvrage de Lynda Hart “la performance sadomasochiste” dont la lecture nécessite une forme en quelque sorte participative, au delà de l’effort de lecture d’un texte un peu confus et faisant référence à des pratiques sociales dont le champ théorico-pratique demeure , pour nous, quand même assez extérieur, ce qui renvoie aussitôt à une réévaluation de la position de Foucault pour ne point trop subjectiver le caractère soft du singulier biographique.
Loin du commentaire textuel ordinaire il faudrait se livrer à un échange d’impressions afin de dégager un espace conceptuel opératoire d’autant que cet ouvrage montre qu’il y a une sorte de lecture de Lacan aux USA , active et singulière.
reprenons plutôt des séquences au fil de lecture
la question des fantasmes masochistes des femmes
la question du réel et du fantasme dans le jeu sado-masochiste
“piétine moi” dis je en criant, me jetant devant elle la face contre terre
“je hais tout ce qui est comédie” dit Wand avec impatience
“alors maltraite moi vraiment”
silence inquiétant
l’étalage fétichiste et lascif de l’inceste
censure et pousse à écrire l’impossible du réel en jeu
la lecture érotique d’Harlequin, jouissance de et dans la soumission à l’ordre sexué
la bordure du fantasme comme réel
cette théorie de la disjonction est-elle simplement un moyen d’éviter la peur que les fantasmes puissent à vrai dire non seulement affecter la réalité, mais même la constituer
limite du pornographe
la différence entre penser et faire, son in-différence
la question du stade antérieur et donc régressif de fustigation
women against violence and pornographie in the media
subvertir l’obstacle que représente l’impasse du monopole masculin sur la sexualité
l’écriture n’exorcise pas le fantasme
la question anna freud comme source pour freud de ce fantasme
la question de la femme comme énoncé constatatif et de l’homme comme énoncé performatif, entre l’être et le devenir
la position masochiste féminine serait l’insistance sur un constatatif
l’égalité sans rôle du féminisme
prohibition du sadomasochisme
désexualiser le lesbianisme
feministes hétéro resistantes à leur passivité lesbienne
identité lesbienne à l’intérieur du féminisme comme réel lacanien
le SM comme frontière du féminisme
alors que le binaire hétéro homo s’écroule en dépit des efforts du législateur du sexuel pour le renforcer, il n’y a , à l’intérieur de ce domaine flou des “perversions” sexuelles, pratiquement pas de statut stase du corps humain
le masochisme comme déstabilisateur du moi, est ce à voir avec une pratique & théorie du bornage comme réel
retrait de l’identité et création d’une nouvelle identité fantasmatique
monique wittig proclame que les lesbiennes ne sont pas des femmes; dans la thèse de Wittig, les lesbiennes ne sont pas des sujets sexués, mais plutôt des sujets qui ont une certaine sexualité, Wittig ne dit pas à quoi ressemble cette sexualité, ce qui pourrait suggérer que l’on ne peut appréhender les lesbiennes dans le champ visuel où se constituent les identités
disparition du quatrième mur du théatre, vie totale
le paradoxe du SM lesbien comme scénographie du pire hétérosexisme en opposition au féminisme lesbien naturaliste
il est question du réel comme possibilité de l’imaginaire aux limites de la représentation
il faut violenter l’objet de son désir; plus de plaisir dès lors qu’il se rend
faire violence à son objet est alors ouvrir, briser, accroître, détourner, contraindre, forcer, si nécessaire, sa propre capacité à imaginer des alternatives aux positions rigides, limitées , appauvries du désir, auxquelles on s’est contraint soi même
il y a une visée originaire dans le masochisme
repasser par Klossowski”
la vie se réitérant pour se ressaisir dans sa chute, comme retenant son souffle dans une appréhension instantanée de son origine”, ce point sans doute toujours peu clair de savoir y faire avec la père version. La question posée étant alors sans le lien du genre et du fantasme, et cet au delà de l’oedipe qu’il impliquerait tout autant, puisque l’inceste n’apparait jamais que comme père version, non comme la pente psychotique l’indique.
peut-on songer à une érotologie nouvelle qui ne soit pas du semblant, du semblant soit du phallicisme père vers soit de la marchandisation? Sans doute faudrait-il pouvoir écrire des formules de la sexuation qui tiennent compte de la traversée du fantasme, une érotologie réelle.
la dynamique ne consiste pas dans la recherche d’un aboutissement final, mais dans la reproduction des conditions qui garantissent la nécessité de retours sans fin. Cette formule suppose effectivement que la finalisation vient reborner ce qui pourrait travailler aux limites de conditions quasi expérimentales que pose le contractuel.
qu’est ce qu’une érotologie réelle , c’est à dire qui ne se soutient pas d’un signifiant universel? il s’agit toujours de poser ce genre de question dans le cadre du grand A barré, posé comme processus et non comme dogme
être averti du fantasme suppose certes ce hors subjectif qui est pure coupure, le passage d’une représentation comme illusion de la réalité à une présentation réelle, mise en scène du vréel, un théatre qui ne serait pas du semblant, comme un tableau in-supportable, hors regard comme vision, hors voix comme musique, hors sexualité comme sexuel
passage lesbien d’un homme, soumission, rêve de l’homme aux loups, cri de Lulu, instrument phallique, devenir femme sans schreberisation (à moins que...)
l’ordre symbolique est il uniquement ce qu’engendre le primat du phallus ou encore que serait un ordre symbolique (peut on encore parler d’ordre?) qui ne serait pas sous le coup de l’UN?
quelle articulation avec l’expérimentation
veux tu me baiser avant que je devienne folle? Elle sourit avec réserve, puis dit “ pas encore mon ange”
espoir de la gratification différée
ni fin ni but
action suspendue
l’autre s’en va, demeure ce qui n’a pas de nom
se construit le possible d’un imaginaire réel c’est à dire depuis le champ psychotique et non plus depuis le champ névrotique comme dans la perversion
bornage de la performance comme ce qui lie le privé au public, le sida devenant alors un élément de ce performatif du désir averti
certaines formes de souffrance sont assez sévères pour amener une perte de langage
désertion du langage
il est ainsi à la fois question de perte de langage et d’une érotique qui n’est que langage” le scandale de la séduction n’est pas tant dans le fait que la linguistique soit toujours érotique, mais que l’érotique soit toujours linguistique”
les limites du langage sont finalement décrites comme narrativité pauvre “ se plonger plus avant dans l’effacement d’elle même, et sa chute peut avoir une plus grande étendue. l’espace traumatique a été réorganisé, mais seulement par l’épreuve de sa traversée”
ou pour le dire plus conceptuellement “ ce serait la persistance d’une croyance dans le constatatif, même lorsque le performatif dévore tout effort pour garder une mesure entre l’acte de parole et un référent qui n’est pas constitué dans le performatif”
dimension toujours redondante de la réalité du trauma, parole de survivance qui défait le forclusif du troumatique cette fois
3) politique de l’ennemi
Derrida consacre en 1994 une très longue méditation à cette question du monstrueux politique, même si là encore la stratégie éditoriale de Derrida fragmente un séminaire dont le fil logique se perd plus ou moins.
Il s’agit de décrire la généalogie du crime fondateur du politique et c’est là qu’il rencontre Carl Schmitt qui en actualise la présence nécessaire. Il s’agit donc de lire une généalogie des autres, ce comme quoi se constitue le groupe comme essence du politique. Donc des amis... peu nombreux, dit Aristote et la phrase redondante “ O mes amis, il n’y a nul amy”. voilà le paradoxe qui contient sans doute et la proposition de Hobbes-Schmitt et celle de Schmitt. Cette fois c’est Ciceron qui parle “ Et je ne parle pas ici de l’amitié vulgaire et ordinaire qui a pourtant elle aussi son charme et ses avantages; je parle de l’amitié vraie, de l’amitié parfaite, telle que l’ont connue les rares personnages que l’on cite” . Il y eut des amis... peu nombreux.... aucun. Parce qu’il y va d’un horizon, celui de l’amy qui n’existe qu’au lieu du semblant du même, tordu entre idéal du moi et moi idéal, selon la logique d’incomplétude axiomatique de l’Autre. Et cet horizon, c’est la mort, cet ami qui parle au bord de ma tombe. Faut-il qu’il soit mort pour advenir? Cette visée d’une amitié sans retour, cette visée disjoint l’imaginaire qui ne peut alors qu’être le spéculaire de l’ennemi. Le beau de l’aimer vient alors comme signe de la Chose en acte dans la visée. Ce savoir d’aimer sans aucune réciprocité de l’être aimé qui est sans savoir, on ne sait jamais cela, ce savoir résiste au cumulatif du nombre, la preuve de l’amy par la somme des ... trop nombreux amis. A l’opposé l’amy n’ex-iste à l’amitié qu’au prix de sa mort qui délivre de l’incident du retour. Le tremblé de l’aimé hésite au lieu mortel du retour. Car l’aimé ne saurait aimer en retour sous peine d’interposer l’écran imaginaire de sa semblance comme consistance localisable de l’Autre, Autre qui ne sera de fait que sommable alors dans l’effusion des amis. Ainsi l’horizon de l’aimé porte la douleur d’un deuil. Survivre à l’amy qui ne fut que visée insue. L’insue que sait de l’unbevue c’est l’amour. Il y va de la perte qui est l’inscription dans la topologie du temps. L’épreuve sans cesse remise de l’inconnue présence dans la semblance de la visée. C’est Aristote qui parle “ Il n’y a pas d’amitié sans confiance, mais il n’y a pas de confiance sans le temps. Il faut en effet la soumettre à l’épreuve du temps comme le dit Théognis “ Il n’est pas possible de connaître l’esprit d’un homme ou d’une femme, avant d’avoir fait l’épreuve comme pour une bête de somme”. Ce qu’il a dans le ventre, à savoir sa mort. Il ne s’agit donc pas de fonder le politique sur cette contention plus ou moins sauvage des autres ni de compter sur l’utilitarisme des contraintes factuelles (et là il faudrait reprendre la question de l’économie sexuelle, à la fois au titre du Nouveau Monde Amoureux et des Structures Elementaires selon l’applicatif des principes) , mais bien de fonder le politique sur l’impossible de l’aimer sans retour, d’autant que l’épreuve nécessite l’infini du temps pour comprendre l’im-possible de l’amy. Une division porte ici au principe de la constitution du groupe (il y a là une question non trivial à la généalogie des groupes psychanalytiques... et cette formulation d’Atlante comme sa constitution fantomatique “o mes amis... perdu”)
Nietzsche “ qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt à ce qu’il reste en vie” Point d’ennemi alors, c’est folle parole rajoute le philosophe. Folle parole en un peut-être qui ouvre sur la relation d’inconnu, l’instable, ce qui fait événement. Un événement de fait dangereux, monstrueux, puisqu’au delà du singulier raciste, spéculaire le plus bas. Voilà un type de lien social non fondé au pied du massacre identitaire mais bien conséquent à un type de lien où la conjonction entre l’extrème solitude et ce que l’ami peut révéler d’@-mi. Il s’agit d’endurer le terrifiant, et donc de pouvoir être conséquent à l’@-venir. Il n’y a aucune sommation communautaire, mais au contraire de l’Un comme ce qui rend cette sommation des i(@) impossible. “la communauté de ceux qui n’ont pas de communauté” Derrida reprend ici l’expression de Bataille qui vise une paradoxale conjuration de solitaires à l’encontre de tout suivisme en l’Un qui ne fait qu’unifier le dissemblable à l’image de l’Ombre de l’Autre. C’est à dire maintenir ouverte la question métaphysique. La vérité n’est pas donnée autrement.
La parole d’Aristote est transmise comme en mourant, sur le seuil, ceci autorise cette folie d’affirmer le seul liern possible comme disjoint, disjonctif. Vérité meurtrière qui vient ruiner toute parole possible qui ne serait que le semblant construit sur le rêve qu’il n’y aurait pas de @, et donc quelque part une complétude, un Autre conséquent. Sans Un que le disjoint de sa semblance. Le peut être de l’adresse vise donc la coupure (schneiden) entre amis (unter Freunden), coupure intrinséque et extrinséque, ce qu’il en est de @, ce qu’il en est de l’im-possible de la sexuation. Silence. L’amie vise ici ce qu’il en serait d’un amour comme amitié. Savoir se taire entre amis, et rire tout autant du superbe heideggerien, ce rire qui lui manque dans son souci de l’être. Un vrai amour qui se fonderait justement de la coupure. Signifiant nouveau. Lien social au principe du discours psychanalytique. Prendre prise des diverses figures de l’aimance, courtoise, érotique ou mystique. Tremblement au peut être d’un lien enfin débarrassé de i(@). Le meurtre vient comme croyance de ce semblant. On ne peut pas répondre au delà du seuil qui vise un contre l’Un de la semblance qu’il soit construit par la moyenne statistique ou l’impérium métaphysique. L’harmonie supposée de l’amour vient ici être substitué à la déclaration de guerre. $<> i(@) échoue sur l’amour qui est @-mur de part la différence sexuée qui n’est pas affaire de genre mais de structure du signifiant. De ce lieu surgit le revenant, celui qui, au delà de la mort, annonce l’im-possible de l’amitié, et alors cette société des amis de l’objet @ au principe insu d’Atlante.
Ici se lasse la parenthèse perdu au fil redondant du texte de Derrida dont on peut se demander s’il n’est pas souvent que l’erre poétique d’une articulation fuyante,
il y va de la fermeté structurelle qui est le mode nécessaire du concept, au sens où c’est depuis la traversée du fantasme et non de son antévision que peut s’établir une lexie du symptôme. Nous évoquons ici le contre sens de notre lecture, son détournement régulier quand nous disons de Derrida le seul lacanien, nous lui supposons ce que par ailleurs il n’atteste pas lorsque par exemple il bafouille avec Roudinesco. Sa critique n’est pas post-structuralisme et la déconstruction que nous proposons est inadéquate (peut elle l’être cependant ) à notre objet. Lisons donc à fil rapide ce qui est souvent citation rêvée. ainsi de Nietzsche (Die Freunde als Gespenster) “quand nous nous transformons fortement, nos amis qui n’ont pas changé deviennent des fantômes de notre propre passé: le son de leur voix nous arrive de façon effroyablement spectrale, comme si nous nous entendions nous-mêmes, mais plus jeunes, plus durs, moins mûrs” Etre fantôme de soi même dans l’apparition spectrale au lieu spéculaire de l’autre mais qui irait au delà de ce point de réel dans l’imaginaire noté par Freud. Le politique est à ce prix d’une présence non semblante, le sens d’un lien social nouveau, d’un autre monde possible. cet abord direct de l@vérité, ne pas reculer devant la chose, devant le contradictoire logique, ne plus être aristotélicien. Quelle différence entre ce rapport serré du sujet avec le signifiant, cette distinction de soi, et l’indifférence virtuelle de l’objet technique et shoatique? Etre japonais et donc snob serait une formule de ce lien sans inconscient. Il y a bien une sorte de traversée discursive du discours au prix de la rotative capitaliste. Et sans doute sommes nous identifiés à cette pure apparence formelle qui nous place au lieu minimal d’un sujet volatil et supposé. Reprenons.... , sur la scène du monde, avancer masqués, non au titre de ce que le discours de la science viendrait subvertir la raison théologique, mais bien parce que l’achèvement de ce discours comme mondialisation du sens univoque vient rendre opaque toute référence à l’Autre autrement que dans la pantomime du terroriste bushien. Le polemos est achevé. L’ennemi perdu , réduit à un universel du silence nécessaire. Ne rien dire , ne plus rien dire. Le crâne de Descartes fait figure , nous fait face, bonne face, Vide. L’opérateur Schmitt a introduit une conclusion totale dès lors qu’elle se réalisa comme Salo intériorisée. La position de Miller est éclairante, même si elle n’existe que dans son rapport à Melman, c’est une perversion classique qui instrumentalise la psychanalyse au nom des services. La révélation dont il parle est effectivement la solution dissolution Monde. La résistance porte le sourire de l’ange. Il faut repenser l’ange avec Foucault. Un ange monstrueux.
L’hostile demeure au principe du social, en son essence. Il pose aussi une distinction de nature entre la querelle qui institue ce social et la guerre qui en positionne l’extériorité, reposant la distinction entre le civil et le barbare. il n’est d’épitaphe qu’au sein du social qui reconnait l’ennemi intérieur comme son complément même, loin de l’anonyme où se joue la Shoah où le juif perd le nom au profit d’un numéro d’identification propre à la gestion des individus hors sujets. Le raisonnement de Schmitt se perd dans ce qu’il induit une pratique capitaliste universelle et perverse, ce point d’extermination qui achève l’hostile et donc l’autre, en une même confusion entre ce qui pourrait distinguer le passage à la limite entre intérieur et extérieur, stasis et polemos. “celui qui ne se connaît d’autre ennemi que la mort, et qui ne voit dans cet ennemi qu’une mécanique tournant à vide,est plus proche de la mort que de la vie, et l’antithèse facile qui oppose l’organique au mécanique est en elle même d’un mécanisme primitif” Le camp s’ouvre largement sur la ville moderne et les êtres bâclés à la 6-4-2 envahissent l’espace ordinaire. L’achèvement du monde comme totalisation du monde de la marchandise s’opère à l’horizon du dernier combat qui achève la confusion de l’ouvert et du fermé, du privé et du public, du tenseur de la différence en mise à mort de l’altérité, ne laissant que le semblant virtualisé d’un monde orwellien et benlabeniné “ un monde dans lequel la possibilité d’un tel combat est totalement écarté et disparu, un globe terrestre pacifié sans retour, ce serait un monde sans discrimination entre l’ami et l’ennemi, et par conséquent un monde sans politique”
La disparition de l’ennemi achève la dissolution de l’autre nécessaire à la subjectivation d’un Autre barré; l’imaginaire est ici constitutif du sujet. Elise joue avec son double spéculaire qui, soudain, d’un défaut sans doute de mon soutien s’efface, venant se jeter sur elle est lui arraché le trou par où ça crie. Ce qui se dit ici de la psychose infantile fait retour au semblable homosexué dans l’effacement du genre qui le prive de l’incompatible sexuel. Aucune possibilité dans l’unisexuation pour qu’advienne un au delà du fantasme comme raison du rapport pris au réel singulier.
l’objet @ est pris au croisement de l’axe imaginaire et de l’axe inconscient, comme @ et non comme i(@) seulement si l’altérité en l’autre se pose comme il-logique, c’est à dire soumis à une excentricité au fantasme, qui est femme dans le non-rapport. C’est pour cela qu’il ne peut y avoir de discours Un, seulement un glissement des discours entre eux, puisqu’il n’y a pas La Femme qui totalise l’Autre puisque l’autre s’est défait.
4) e($)thétique du laid
Nous en venons enfin ou trop tôt, toujours trop tôt, à la question de l’esthétique psychanalytique et sans doute que nous nous détournons encore, toujours, de la lecture philosophique repoussée sans cesse , le trio donc, Hegel, Heidegger, Kant pour Schiller pourquoi pas
proposition classique, laideur des organes génitaux, de facto le sublime même s’il défaille à l’érection , à l’origine la finitude du Dasein et donc de l’être comme ce qui vient puiser son essence dans l’in-finitude, c’est à dire à la fois ce qui ne fait qu’être là et ce qui est cependant à travers ce qui ne fait qu’être là.
Laideur comme cette marque du temps qui pousse tout parlêtre vers le monstrueux
Laideur comme ce compagnon obscur du mal qui noue l’esthétique et l’éthique, selon justement cette face de l’Autre qui défait de la métaphysique y entraine l’art dés lors désacralisé (Entkunstung). Une visibilité nouvelle se met alors à monter des ruines du temple. La vue y puise une sensation nouvelle comme une sorte d’âcreté qui se joue au cadavre de la beauté.
L’ontologie ne peut plus alors se baigner au sublime d’une définition tranquille comme celle que propose Gilson “ le beau n’a aucune réalité propre, de quelque sorte que ce soit, en dehors de celle de l’être. Etre beau, c’est être, et être, c’est être beau. Tout ce qui est, est beau en tant même qu’il est, le laid n’étant qu’un manque d’être, dont il n’y a rien à penser ni à dire sinon pour signaler la place laissée vide par une absence de réalité” Justement le manque d’être qui est sujet. Ici fait bien sûr écho l’idéalisme platonicien “ l’inélégance de la forme, l’absence de rythme et d’harmonie sont du mauvais esprit et du mauvais coeur, leurs contraires sont les frères et les imitations du contraire, la nature sage et bonne”. On sait que Platon exclut les artistes de la République. A l’opposé ou presque la pensée hébraïque va inscrire au principe du signifiant une contrainte de l’éthique au réel. Aischros , laid est aischunè, honte et hässlich, laid est der hass, la haine. Mais c’est l’idée platonicienne qui va demeurer le ferment esthétique. Ainsi chez Winckelmann “ une beauté sublime ne peut naître que dans la contemplation tranquille d’une âme détachée de toutes les formes particulières et passionnées” La passion est ici rejetée, justement parce qu’éclosant au réel, elle perturbe la géométrie idéalisée de la forme pour l’instabilité chaotique de l’attracteur signifiant. Même chez Hegel, en sa Phénoménologie, surgit une menace de crépuscule, de retardement dans le mouvement dialectique, un irrationnel de séparation. Bref quelque chose d’inauthentique (ein Scheinprincip) puisque opposé à l’Idée, se refusant de facto à l’assomption de ontologique de la dialectique. Pour Kant, la question est certes prise autrement puisque le beau est aconceptualisable, désintéressé, spirituel, subjectivement universel, évidence comme à priori.
Ces excès de raison vont induire un point de vue plus empirique, chez Hume on trouve des notions de “moyenne empirique... régularité empirique... accord relatif”, mais en même temps un fondamental assez kantien qui voit dans la laideur l’anarchie des sentiments, la vulgarité, la faute de goût.
Autre extrème cette fois, la pathos romantique “ l’ombre à la lumière, le grotesque au sublime... le corps à l’âme, la bête à l’esprit”, laideur, désespoir, douleur, mais en même temps force, expression, signifiance. Il y a donc un rebut à cette opération, rebut qui prend figure d’exclusion, de corps étranger. Quelque chose demeure d’un réel à quoi l’opposition d’un Autre plus ou moins noir ne peut rien. Quelque chose de malsain, de défectueux, de dégénéré vient troubler l’ordre esthétique de la Cité. Platon disait déjà que l’artiste est captif de l’itération du simulacre en principe, puisqu’il ne peut que faire simulacre d’ombre, à plus forte raison l’artiste vil, ordinaire, routinier.
“la beauté n’est que le commencement de l’épouvantable que nous aurons à peine la force de supporter” dit Rilke. Il y a là un appel à rompre le couple Beau/Bon, Laid/Mal. Ce jeu signifiant n’est possible que dans un espace ordonné par la légitimité d’un lieu Autre auquel le philosophe accède au delà du transport amoureux qui fixe le simulacre comme réalité. L’opposition romantique de la noirceur de l’Autre reprend la métaphysique hébraïque finalement négative pour un dispositif de même sonorité. Entre le court moment de la fin de la métaphysique et l’universel du Simulacre de la marchandise, il y a le temps freudien de la coupure du sujet. Ce temps du sujet appelle une esthétique qui n’est pas chez Lacan, mais chez Deleuze qui positive en quelque sorte la notion de simulacre qu’il détache du référentiel moral imaginaire “le simulacre n’est pas une copie dégradée, il recèle une puissance positive qui nie et l’original et la copie, et le modèle et la reproduction... la simulation, c’est le phantasme même, c’est à dire l’effet de fonctionnement du simulacre en tant que machinerie, machine dionysiaque. Il s’agit du faux comme puissance? Pseudos, au sens où Nietzsche dit: la plus haute puissance du faux. En montant à la surface, le simulacre fait tomber sous la puissance du faux (phantasme) le même et le semblable, le modèle et la copie. Il rend impossible et l’ordre des participations, et la fixité de la distribution, et la détermination de la hiérarchie. Il instaure le monde des distributions nomades et des anarchies couronnées. Loin d’être un nouveau fondement, il engloutit tout fondement, il assure un universel effondrement, mais comme événement positif et joyeux, comme effondrement”
5) et Aphrodite naquit de l’écume du temps