Autre scène
Ce concept théatral, présent chez Freud, n’est relevé ni par Laplanclepontalis, ni par Chemamavandermersch. Il évoque une topique localisatrice de topologie.
Pourtant la référence théatrale est présente chez Freud, chez Lacan. Elle porte des références culturelles, des textes... Elle positionne des espaces, des lieux, des temps. le rêve d’Irma passe d’une scène l’autre, c’est ce que retient Anzieu de la leçon de Lacan, pourtant le rêve pousse à la structure qui le supporte. Au point qu’on pourrait croire que la dite structure serait mathématisable. L’interprétation se calcule enfin. Pourtant la lettre 52 demeure en attente de lecture, tout comme le rêve se confond à son interprétance.
A cela nous opposerons une référence ou plutôt des références associées.
Il y a une histoire du théatre et cette histoire ne se boucle pas sur la scène classique, autrement dit le texte de Panofsky sur la perspective comme forme symbolique est un montage, une justification lointaine du coup de force politique et subjectif d’un Come, il y a longtemps à Florence. D’autres perspectives travaillaient alors la question du regard , non comme archaïsmes (et j’y suis allé de mon goût dogmatique à l’époque de “l’écrit dans l’image”) mais bien comme points de vue (au sens de Leibniz) tout autant necessaires.
La mise en scène du rêve va alors obéir à ce centrage de l’oeil du Roy, le tout pris à une cinétique cinematographique.
Deux exemples pratiques
les histoires du cinema de Godard qui mettent à mal le linéaire narratif
la mise en scène frontale d’Ostermeier au service paradoxal d’un texte brut, réaliste d’une psychotisation des rapports humains, un pied dans Artaud, un pied dans Lulu, un pied dans le drame... la désespérance mécanisée se projette sans cesse sur l’assistance pourtant convenue
je renvoie (sans doute pour un article distinct Perspective) au travail de Didi Huberman (qui nous sert de guide) et aussi à l’ouvrage post mortem d’Arasse (qui est assez explicite sur ces questions de regards différents)
donc encore à Deleuze et Godard pour le deplacement image/texte vers cinétique/texte (je suppose que le dernier ouvrage d’Huberman ne doit pas être étranger à cela)
mais aussi j’invite à l’article théatralité à propos de Thomas Ostermeier, je l’ai dit pour la notion de frontalité textuelle, ce qui est sans doute un peu opposé à mon goût plus baroque en matière de théatre, mais demeure très important à la fois du point de vue d’une évidence d’une textualité originaire (c’est à dire non moïque, et contemporain, cette idée que le théatre de Shakespeare était un théatre de l’urgence comme pourrait l’être celui de Marius von Mayenburg - donc Feuergesicht- ou de Sarah Kane)) et (et là les questions sont multiples) du point de vue du renouvellement de la politique de scène ( les choix d’Ostermeier à la Schaubühne sont électifs en ce sens, la mort de Danton de Büchner, Shopping and Fucking,...toujours ce refus de refouler le langage du IIIème Reich comme mensonge, la mort est un maître d’Allemagne (Celan), nous sommes des marionnettes manipulées par des pouvoirs inconnus (Danton), les interventions de Pierre Bourdieu à la Schaubühne...)