Anatomie de l’enfer
Le film de Breillat est un opus étrange qui ne cède pas sur la sexualité, où les corps semblent vibrer au rituel le plus basal du non rapport. L’extraction d’un homme qui n’aime pas les femmes au creux d’un lieu de plaisir spéculaire où chaque un est le double hors réel non perspectivé de l’autre, cette extraction se fait au prix d’un contrat, celui justement du regard qui ne peut se déposer . La scène de sang monte à l’horizon de ces scènes extrêmement lentes, nocturnes, presque invisibles, inaudibles, le chuchotement aphasique du réel.
Breillat montre à l’évidence que l’image n’est pas sexuelle, que l’obscénité en est le bord fragile.
ce profond ennui de l’impossible que rien ne vient soulager, ce goût de l’écriture et du texte qui se perd dans la pénombre
Le lieu évoqué entre lettre, image et quelque chose d’autre qui peut jouxter au réel, un possible. Autre question comment Antonioni continuait à filmer et Breillat de même lorsque l’organisme semble s’y refuser?
Il s’agit dans cet enfer de l’anatomie de la rencontre organique entre un homme qui n’aime pas les femmes et d’une femme qui semble s’interroger sur le désir d’un homme pour une femme, il s’agit de pouvoir réduire tout ceci à une question de chair , donc aussitôt de découpe et de meurtre mais dans l’espace d’une curiosité infantile suspendue et réduite à un biologisme, d’où sans doute ce texte quasi inexistant ou incompréhensible, ce silence, cette immobilité et de temps en temps le hurlement des flots qui semble pointer quelque océanisme maternel.
la mécanique des femmes
Il y a une fureur du sexe qui dépasse l’hystérie, la nymphomanie, sans doute est ce une fureur qui justement vient mettre à mal la représentation phallique par l’excès anomique qu’elle suppose, nous ne sommes effectivement plus dans la zone pornographique ou érotique, mais bien dans le sexuel et non plus dans la sexualité. Alors sans doute la question “que veut une femme?” cesse de demeurer opaque et les formules de la sexuation tourne côté réel et non plus du côté dans la fond de la jouis-sens. Là encore l’Autrejouir suppose un ouvert dans l’écriture du noeud.
il faudrait sans doute voir ça en rapport avec l’identification et les/sens