Affliction
Paul Schrader est un auteur paradoxal qui, issu d’une famille stricte, accède à l’image par un opus sur Ozu, Bresson, Dreyer, puis contribue à l’écriture de Pollack, Scorsese, De Palma, il ne passe à la mise en scène qu’en 1978, selon des thématiques dans le fond morales, ce film est ici étrange, puisque s’il rend très vite l’atmosphère étouffante de la petite ville américaine, avec cette allure twim peaks, lourde pathologie familiale, magouille locale, meurtre et inceste à tous les étages, le héros est un policier asservi d’abord par un père brutal et alcoolique puis par le pouvoir local, il a divorcé, ne voit pas sa fille, boit volontiers, un meurtre ou un accident est commis, tous les éléments sont remplis pour qu’un goutte de parano vienne rendre tout intelligible et tout s’enchaîne depuis ce point d’inertie de départ, c’est là que le film délire de manière grossière, car il n’arrive à suivre que de l’extérieur cette spirale de sorte que le mélo prend le dessus jusqu’à la conclusion parfaitement ridicule. Mais après tout l’auteur Russell Banks est satisfait par une certaine minutie de l’implacable au quotidien « Ce film est noir, va droit devant. Il n'a peut-être pas la subtilité ni l'élégance du film d'Atom Egoyan . Mais c'est comme un train qui fonce dans la nuit et c'est fascinant. » Le critique de télérama est bien bon à vouloir sauver cet opus où les scènes d’enfance comme la voix du frère pervers (celui qui s’en est tiré parce que justement Wade est resté enlisé dans ce monde et qui manipule sa paranoïa) écrabouillent à chaque instant ce qui arrivait à créer justement un monde clos, intérieur et non pas tristement psychologique.