a sibylline sound
c’est le poète Robert Hass qui écrit à la mort de Ginsberg
here by the sea
in San Francisco
where the waves weep
they make a sibilant sound
a sibylline sound
Allen they wisper
Allen
et Anne Waldman
lumière
brise
qui agite les rideaux. Bleu- faible frémissement
de son linceul bleu
autour du corps qui part cela fait foule, quelque chose est en train de partir, doucement, et pourtant c’est une rupture considérable qui ne tient pas tant au travail d’écrivain de l’auteur de Kaddish ou de Howl qu’à ce qu’il peut représenter dans la fuite des temps, un singulier qui efface avec lui la consistance incarnée des parlêtres pour un automaton sinistre bétonné
tout le monde connaît le visage, l’icône, lunettes et barbe sans fin, crâne chauve, ce mélange d’innocence, de provocation, de spiritualisme orientaliste , cette sorte de dislocation de la phrase, cette énergie
l’autre monde a passé et revint le flux de colère qui emporte avec les brumes de fin
Nous sommes dans un monde imaginaire dont le possible tient à l’écart des mâchoires de la bête qui est sans doute un instant occupée à bouffer autre chose , à la périphérie du système puisque c’est la guerre froide. Ceci devrait nous rendre attentif aux conséquences de la complaisance imaginaire dans la cure. C’est sans doute le cas de Freud avec l’homme aux rats quand il force la piste oedipienne, laissant de côté les nombres et les lettres( le demi après le un du calcul qui signe le non fermeture sur le deux, la litanie des lettres pour rien ...) bref un certain usage du signifiant qui par ailleurs est très peu métaphorique. La catégorie où se glisse l’amour est bien sûr l’imaginaire, amour qui est sublime pour le père, pour la Femme, avec ce risque quand même que cet amour pour durer exige étrangement quelque amputation sexuelle. Il y a de quoi ressentir quelque colère dans ce qui est nécessaire ambivalent, cette haine dans l’amour qui ne laisse pas tranquille, surtout quand l’explication de Freud vient effectuer une dichotomie stricte d’un côté le bien la conscience l’amour, de l’autre le mal l’inconscient le désir puisque ce n’est pas vrai , bien qu’il fasse tout pour que ce le soit, que çà demeure xenopathique. Mais monsieur K sent bien le pédagogue qui ne dit pas tout et que de ce fait garde par devers lui la puissance phallique alors que le défit viendra à l’obscène, l’infâme , le déchet, même si l’âme pure voudrait se fait le Parfait de l’Autre par ce jeu maîtrisé, et d’ailleurs cet analyste qui retient sa théorie à moitié n’est-il pas ainsi ce traître qui recouvre sa propre limitation d’être quelconque livré à ses petites affaires très ordinaires, insensible au grand jeu de la dette qui amènerait monsieur à se faire le héros du remboursement du père comme de la pauvre orpheline, à qui il va écrire des lettres d’amour dont la perfection , la pureté a la consistance de l’obscène qu’il cache sous son bureau. Monsieur K écrit, il pense comme il écrit, comme ça il ne dit rien, rien qui vaille pour un sujet