Vincere
Marco Bellocchio parle de Ida Daiser, il prend le Duce par ce qui peut être un côté humain, monstrueusement humain, ce qui est aussi le charme du fascisme, à savoir la passion érotique, guerre et passion, qu’il y ait eu mariage religieux ou non, peu importe! le dictateur fera tout pour étouffer cette affaire, mais il n’y a pas de meurtre direct, ce qui est demandé serait qu’ils se taisent, s’ils ne le font , c’est qu’ils sont fous, ils meurent à l’asile d’ailleurs, maîtresse et fils, c’est le même sort que pour Gramcsi, sauf que ce dernier en sort vivant, enfin à moitié, le film travaille sur des tonalités sombres, comme cette guerre des loups qui use les corps, la passion amoureuse est admirablement jouée par Giovanna Mezzogiorno et Filippo Timi, l’oeil du Duce dans le corps à corps, portant loin devant , le découpage du temps libère des espaces d’indécision, on ne cesse de trembler dans le souvenir, dans cet éternel présent du désir qui est justement folie, les bandes d’actualité ajoutent une réalité tremblante et les séquences de cinema dans le cinema rajoutent une émotion interne propre au médium, que ce soit la projection de Christus de Giulio Antamoro au plafond de l’hôpital tandis qu’au sol où se trouve le Duce blessé circulent et le roi d’Italie nain et les deux femmes qui s’affrontent, que ce soit la projection du Kid de Chaplin, cette fois sur un écran au bord de Venise à San Clemente, mais il y a aussi ces magnifiques images de théâtre, un couple qui court dans les galeries de Milan sur fond de bombes, la folle accrochée à la grille de neige, il y a un parallèle à faire sans doute avec la dangereuse méthode, la passion d’un côté et de l’autre le retrait professionnel. Les pantins tragiques font l’histoire et Ida Daiser va rejoindre la danse des poétesses assassinées par d’autres bouchers