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une peinture fractale

 

une peinture fractale

 

Si nous tenons que la peinture existe toujours, ce qui reste à démontrer, il semble qu’il convienne de plus en plus de distinguer entre une peinture académique institutionnelle supposée actuelle au sens de la modernité de l’art et une peinture volontiers autodidacte et pouvant prendre des formes diverses, académique classique, pulsionnelle, naïve, survivant comme elle peut en marge d’un marché régulé par des acteurs eux mêmes académisés. Ce clivage  fait songer un peu à la situation à la fin du XIXème mais dans un monde qui ne connaissait ni la radicalisation financière de la gestion ni ses conséquences guerrières extrémistes. A un discours sans fin sans objets va donc s’opposer un monde d’objets sans discours. Bien sûr entre les deux existe tout un brouillage de séquences moyennes pratiques, mais chaque artiste va chercher quelque visibilité , donc quelque lieu d’exposition, alors que la dérive virtuelle du premier secteur entraîne tout le système dans sa course immatérielle. 

Sur cette disposition du champ, les initiatives individuelles trouvent la limite naturelle d’un universel, celui du tous artistes, et tous spectateurs acheteurs potentiels. Les évidentes rivalités individuelles pulvérisent toute velléité de groupe. Qu’on retrouve ici le leurre culturel internet n’a pas de quoi étonner . Et pourtant subsiste une qualité moyenne qui distingue tel ou tel en soi, ce qui n’a souvent rien à voir avec une qualité marchande qui elle obéit à la nécessité d’un système qui doit proposer sans cesse du nouveau et en même temps maintenir la hiérarchie du sublime au nom du tableau le plus cher, valeur refuge de la valeur qui partout ailleurs s’est détachée de l’objet. 

Cette valeur en soi implique un travail de lecture dans une démarche sans cesse bouleversée par des tensions extrinséques . L’indice de lecture va nécessiter une évaluation stylistique qui dès qu’elle quitte le lieu de la belle manière canonique (et cette notion vaut tant dans l’espace classique que dans l’espace institué) ne peut s’appuyer que sur une sorte de subjectivité avertie sans doute culturellement mais aussi tactilement ou au niveau du fragment. Une peinture pourrait valoir ainsi dans une subjectivité guidée par une position esthétique, une rencontre de surface, une cohérence d’ensemble de la toile et de ses détails constitutifs. Hors de cet effet singulier , la leçon du détail va valoir pour ce qu’il implique comme parole d’instruction, de pratique picturale et pulvérisation du visuel. 

Comment concevoir désormais autrement l’éventuel cohérence d’un système chaotique voué aux aléas des attracteurs étranges

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