Le revenant surgissait toujours de la petite porte du jardin, il revenait depuis les près qui bordaient le fleuve, souvent inondés l’hiver, un vol de corbeaux annonçait sa venue, depuis le bois de bouleaux dont on disait qu’il enfermait des tas de corps, fusillés par la milice et que personne ne réclamerait jamais, c’était toujours entre chien et loup, dans ce tremblement des frondaisons où l’envie de trousser les filles n’était plus possible, tellement la présence des objets était tranchée , les couleurs prenaient des nuances qui peu à peu s’enfonçaient dans le gris, les coquelicots qui ponctuaient les espaces devant voyaient leur couleur s’éteindre , personne à se risquer à cette heure sur le chemin de berge, tellement la certitude d’une rencontre effrayante occupait l’imaginaire, un an était passé et vous saviez qu’elle avait disparu là bas avec ses cailloux mélangés et ses dessins comme des tâches sur la couverture des cahiers, le précipité de sa démarche s’effaçait avec son visage et surtout l’aura de sa présence ne prenait plus la main dans la fournaise des pluies qui faisaient vapeur au sol, une robe dans le sommet d'une colline poursuivait ce rêve d'un moment de gaieté pure à l’auberge là bas, le rosé montait au tempes et les draps enveloppaient les corps saisis au seuil d’un sommeil qui devenait fièvre, le revenant se posait sur une grosse pierre presque indistinct, une pâleur dans cette lumière défunte, vous n'arrivez plus à savoir s’il parlait, s’il forçait la sensation au delà des substances réglées, des larmes vous venaient tandis qu’un dernier dessin rejoignait la corbeille des autre esquisses, vous étiez pris par la lueur des torches et tout s’effaçait à nouveau