Sur fond poudreux
Glisse la main si lourde qui ne sait où fourbir sa loi
Des animalicules aux formes noueuses courent sous la peau
Et le roman d’Angot a fait naufrage sur la découpe d’un poisson
Déjà si loin comme toutes ces choses qui passent à toute vitesse
Gatsby identique en tout point à une ténébreuse affaire
Cette absence d’adresse absolue
Hors quelque pauchardise qui vient du froid
Cela commençait dans un grondement de machines qui cherchaient soit à disjoindre les blocs accumulés par la tempête soit à rejoindre au fond du port les barques chavirées
Le meurtre du maffieux servait de fait de raison narrative et permettait de voir surgir une faune de personnages vivotant sur des ruines passées de gloire
Anne regardait le jardin se couvrir d’eau, jardin était beaucoup dire, une clôture en ruine limitait un espace herbeux où couraient des chats, les animaux plutôt que les hommes eut dit Didier , compagnon d’Anne et père de deux enfants. Ce n’était que projets de rêve dans une fuite en avant où toute chose venait effacer le peu de réalité. Plus tard ils vivraient une belle vie, il avait dit , ce mode facile de l’existence faite non de la résignation frugale mais de la jouissance de ce qui était attribué aux possédants . Contraste saisissant entre le champagne et l’élevage des chèvres. Parfois Anne, comme un tel jour de pluie, songeait à prendre ses gosses et à rentrer chez ses parents pour repartir dans une vie sans double ou triple peine . Le vent soufflait maintenant très fort, les petits s’énervaient, on eut dit nuit tombée, Didier était parti avec Ange vérifier les bateaux au port, chasser, pêcher, trousser peut être. Elle ne savait s’il fallait s’inquiéter ou espérer quelque torrent qui pousserait le 4 4 dans le ravin. Jeune veuve elle trouverait bien n’importe où un boulot de caissière . L’alimentaire est délocalisé.