remarques formelles
sans aucun doute l’assèchement que l’on peut constater au niveau de la clinique relève d’une invasion formaliste du structuralisme, ce qui est conséquent à une prise dogmatique depuis le lieu «philosophique» qui n’a guère à s’encombrer de réalité clinique. C’est après tout la question de l’idéalité conceptuelle que nous reprendrons depuis l’Idéologie Allemande. On pourrait distinguer un formalisme militant volontiers therrorique d’un formalisme passif qui demeure dans l’entre deux imaginaire. Sans doute que le texte de 60 que Levi Strauss consacre à Propp peut nous servir . Il distingue formalisme de structuralisme sur la question du concret. La forme se distingue de la matière comme y étant étrangère alors que «la structure n’a pas de contenu distinct, elle est le contenu même, appréhendé dans une organisation logique conçue comme propriété du réel». CE qui va intéresser Propp c’est que les contes sont à la fois multiformes et récurrents, les personnages changent non les fonctions. De sorte qu’il n’y aurait de fait qu’un seul type de conte, ce qui invite à formaliser les choses de manière alors réductrice. Aucune sortie possible hors de la notion de groupe de transformation pour résoudre «l’antinomie apparente entre la constance de la forme et la variabilité du contenu». C’est ici que se situe l’opposition centrale car pour le formalisme « le seule forme est intelligible, et le contenu n’est qu’un résidu dépourvu de valeur signifiante», ce à quoi s’oppose le structuralisme « le contenu tire sa réalité de sa structure, et ce qu’on appelle forme et la mise en structure des structures locales en quoi consiste le contenu» ou encore « le formalisme anéantit son objet» Résultat remarquable puisque l’achèvement de la lecture fait ainsi disparaître l’objet étudié, et on mesure ici la convergence remarquable entre clinique lacanoïde et dsmique. Une abstraction univoque vient ainsi le multiple réel à l’intelligible. Aucune synthèse possible, le formalisme ne peut aucunement réengendrer le contenu dont il est parti. Il ne s’agit de se buter sur le personnage du conte en soi mais bien de le noter comme «faisceau d’éléments différentiels» Le contenu n’est ici nullement arbitraire pour peu que l’analyse s’y attache. Il s’agit , sur modèle de la lecture de Propp de substituer le linéaire chronologique par une matrice de transformation d’un certain nombre d’éléments. C’est la seule façon de sortir de quelque chose qui serait à la fois dans le temps et hors du temps. Certes il y a des règles d’agencement des propositions mais le vocabulaire ne peut se déduire de la syntaxe. Pas de grammairien sans philologue, pas de morphologie sans clinique. La disjonction «c’est se condamner à ne produire jamais qu’une grammaire exsangue et un lexique où les anecdotes tiendront lieu de définitions». C’est bien ainsi que les choses se présentent, une exposition générale brillante ponctuée dans le meilleur des cas de fragments d’autant plus probants qu’ils flottent dans cette soupe sans défaut. Le jeu sans signification des phonèmes construisent l’arbitraire sonore du sens , la structuration du vocabulaire est à postériori. C’est l’organisation des mots qui forme des structures minimales sur un double plan celui local de la signification et celui lus général de la structure.