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mort d un commis voyageur

mort d’un commis voyageur

 

d’abord une supposition d’évidence, la pièce n’a pas vieilli, la mise en scène de Pitoiset, son jeu, sont des éléments remarquables de cette relecture, Arthur Miller demeure un auteur, nous sommes embarqués dans ce cauchemar de l’agonie, un type meurt et des fragments de ce qui peut faire existence surgissent à sa mémoire, dans un ordre variable qui inviterait d’ailleurs à brasser chaque soir les fragments comme l’avait proposé B.S. Johnson dans les malchanceux. Un cran de plus et nous serions chez Valdemar ce qui actualiserait sans doute le texte.  Il est question ainsi d’un montage filmique, d’un temps filmique, une citation hommage au film américain, il est question de son rêve, de son cauchemar donc, on parle des Coen mais chez eux plus personne ne fait même semblant de croire à quoi que ce soit, l’éternel présent des objets, pour l’instant il y a encore la pelouse verte, la vague colline et la voiture à tout faire, baiser, mourir, le décor est réaliste, les objets concrets, la terre, les valises, le golf, les cartes, Willy Loman est réellement étriqué, coincé, épuisé de rêve impossible, de sorte que ce drame de Brooklyn est toujours en deçà de son universel, l’émotion est contenue par cette distance filmique, force de vente passe au loin en écho, le tragique est au second degré, Willy est encore un homme puisqu’il parle depuis le royaume des ombres, il n’est pas effacé, mais l’efficace suppose une fixation à une sorte d’archétype de vendeur perdu dans la nuit des temps, le vendeur est virtuel et le caissier électronique, la misère universelle sans aucun espoir, la boîte du théâtre nous offre le relatif recule qui pourrait nous protéger encore de ce réel

cette convention permettrait de traiter par exemple du management par le stress, des valeurs familiales, du tragique de ce temps, bref une soirée 

intéressante (en jouant bien sûr sur le sens de 1423 propre à la chirurgie)

 

 

 

 

avec le film de Volker Schlondorff, la confrontation Dustin Hoffman, John Malkovich... le cadrage proche des visages, l’instabilité de la parole dans le flux des souvenirs plus ou moins hallucinés renvoie à quelque chose de plus atridique que cet aspect souvent distant que permet l’angle sociologique. Après tout ce petit bonhomme éructant dépasse son impuissance face au Moloch qui , après l’avoir saigné, lui propose de finir de pourrir dans un coin. Le seul Dieu bien sûr est l’argent qui définit avec précision les règles de déplacement des êtres, le leurre de leurs ambitions moulés dans un fantasme financier, mais il y a deux fils dans l’histoire, un qui se prépare à cette survie avec quelques filles et l’autre qui hésite encore à franchir le seuil du héros moderne, le chourineur en attente libre de la grand faucheuse, car si la loi assurantielle du raisonnable est celle de la mort à petit feu, le mort vivant sans désir, le psychopathe, le terroriste gardent le rire de Ravachol sur cette misère du quotidien, ne travaillez jamais disait Debord, depuis devenu trésor national sous Sarkozy.

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