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LYNCH

 

 

ERASERHEAD, 1976

 

film fleuve au sens de la lenteur du tournage, qui peut fonctionner en boucle

jeter un oeil vers l’origine, l’obscène parental à la séduction informe, la disjonction entre la croissance et l’alimentation, le tout livrant à une sexualité d’allure psychotique, schizophrène nullement soutenu par quelque unité paranoïaque, les transformations picturales de couleurs

la difficulté tout autant non du surgissement de la parole mais de son articulation

il faut pouvoir s’enfermer longtemps dans un palais abandonné de Berverly Hills, ici surgit alors l’improbable bébé monstre, après un repas de famille exemplaire, poulets cuits vivants producteurs de substance noire, mère en transe vampirique et questionnante sur l’existence même du rapport sexuel

au milieu des ombres, selon les règles sonores d’une sorte d’imprégnation des souffles

mais le film sera remonté, réduit au culte

finir mes jours à l’intérieur de ce film, sauter comme une puce éternellement du début à la fin, et en définitive me faire un cercueil de la dernière scène

percevoir les odeurs, les textures, les effets topologiques du montage puisque les coupes sont toujours des raccords topologiques d’espace temps

au centre l’incendie aveuglant de l’incesté

Film invisible donc , que l’on peut sans doute revoir sans cesse puisqu’il implique d’y être justement immergé, noyé, perdu, être dans l’ombre de cette ombre, devenir fragment d’un récit informe et pourtant très clair, il s’agit donc de la reproduction des êtres dans l’univers machinique, et donc d’histoires de familles, d’épouse et d’enfant monstre, tout le portrait de son père, il s’agit de ce qui n’a pas de nom, le familier, il s’agit de chacun d’entre nous, c’est donc un film qui traite du réel , la composante onirique du psychisme qui anime le psychisme nécessairement

 

au début il y a la bestiole serpentaire qui cherche à s’incarner et le type ne voudrait pas trop y penser

alors il prend son air soucieux et il tourne la tête

 

il préférerait sans doute ne pas penser aux femmes mais elle le regarde et lui annonce que la une femme l’attend

 

il sait maintenant que ça ne va pas être simple mais qu’il va falloir y aller

 

on est vraiment dans une scène d’Annonciation, elle derrière la porte fenêtre

 

il devrait être content, il a trouvé une famille, mère et fille du moins parce que le père est problématique

 

il y a même une grand mère qui tourne la salade

 

et qui fume

 

donc un beau repas de famille dans ce décor des années cinquante, plastic et lampe pâle devant le poste tremblant

 

il regarde les oiseaux curieux du menu

 

la mère se met à hurler, jusque là tout à fait normal

 

profitant de la pétrification du père, belle maman essaie de sauter son gendre

 

les épouses s’affectent d’un rien

 

 

l’enfant qui tient beaucoup de la substance dont est fait le poulet du repas est enfin là et l’heureux couple dans l’horreur de sa petite chambre

 

il dort bien que la chose ne cesse de hurler, de gémir, que l’épouse a fini par partir plus ou moins , elle semble un peu revenir mais c’est pour livrer corps à d’autres structures serpentaires envahissantes

 

il dort toujours, mais l’enfant tombe malade

 

heureusement qu’il y a la chanteuse du radiateur

 

mas la femme revient pour lui faire l’amour ou le noyer dans une sorte de  liquide blanchâtre

 

il finit par perdre la tête et se retrouver avec la tête de la chose et puis il y a ce garçon qui porte cette tête chez le fabriquant de crayons, il a une tête dont on fait les crayons, enfin tout ceci peut prendre un peu de sens

 

mais il n’est pas mort et il faut en finir avec l’enfant, ouvrir les langes, le corps

 

la chose envahit l’espace depuis la pâte qui sort de ses tripes, tête immense en éclipse, il a le temps d’apercevoir la femme avec un autre homme,

 

ll y a matière à un peu de souci

 

le cycle se referme sur la boule d’origine

 

illumination

bien sûr on peut reprendre ça de manière sinon très différente, du moins selon la déclinaison infinie du visible

 

Inland Empire

 

un testament donc , le jeune mélancolique de l’entre deux morts, le hors sens radical d’un monde voué à la perte, ou alors il s’agit d’une série de petits villes qui fusionnent, la banlieue qui se rêve ville

 

car il s’agit de la fin du cinéma tout autant, l’impossible histoire qui viendrait, qui parle de la féminité comme du même impossible, entre l’héroïne hitchcockienne et le monstre, sans doute soutenue par le vol d’un ange qui laisse passer l’autre monde

 

un passage ponctuel par Sailor et Lula souligne la lecture multiple dont le travail de Lynch peut être l’objet dès le début ou presque de ses opus puisque si la mémoire préserve le linéaire du road movie comme fuite devant la mère qui va , le côté fleurette de cette sorte de fée tutélaire qui glisse dans le décor, elle oublie très vite cet autre linéaire qui est la vision cauchemar d’une amérique de morts, de monstres, un peu comme si Fellini revenait mais côté Bush Sakozy cette fois. Fini de rire il n’y a plus effectivement que des psychopathes dans l’univers ordinaire de la jouissance. 

 

qu’est ce qu’on fout dans cette vie là? dans ce monde réduit à rien, alors que l’amour donne des ailes , que le désir triomphe de la mort, que le psychopathe reste sur le carreau. Une vraie cinecure poserait ce film en culte mais la petite machine ne marche pas. Ainsi va le monde, tourner le dos au réel

 

voilà ça parle avec simplicité de trucs techniques, Lynch parle surtout de ça le possible de choses ordinaires,l’avenir est radieux, le cinéma est un rêve presque oublié, mais le monde est couleur qui glisse à travers la peau, le film est un flux non une histoire, toutes les histoires comme l’@structure, aux limites alors bien sûr et de l’hors structure et des fragments de la langue, 

la section est variable, un schizo au cinéma, une actrice devient schizo, sous l’induction du délire d’une paranoïaque, mais celle ci est la voisine de rosemary et donc ça recommence et le mari organise un film répétition au futur dans lequel les acteurs principaux sont tués, ont été tués, seront tués, le tout en passant par la maison des lapins et les objets d’eraserhead et les rideaux du rêve de twin peaks, il est question aussi du sexuel, viol, prostitution, castration, sans doute que cette femme se souvient d’un originaire monstrueux, la folie propre à toute femme non phallée

demeure une autre question le côté jungien de l’affaire, la méditation transcendantale

 

nous sommes donc livrés à l’explosion du linéaire et du récit et par conséquence à la variation des identités, le tout dans un climat de terreur, si le contre fou phallique saute alors la continuité RSI établit ce bouleversement total de l’image qui ne tient plus qu’au cadre à quoi se rive le spectateur, lui même pris dans un son hurlant et une durée inhabituel, bref il file dans ce réel ouvert et sans limites, affreusement éternel, parcouru de tous les fantasmes, affreusement libre, le but évident de l’hyperlivre

 

 

L’oeuvre de Lynch est en partie invisible, parce qu’il s’agit d’interventions de laboratoire, usant de la télévision, puis d’internet. Twin Peaks a pu démontré d’ailleurs que ces fragments sont des opus et que le fil des œuvres les intègrent dans une logique plastique très vaste, à laquelle appartient sans doute les plus grands cinéastes, le cinéma tenant par ailleurs à une forme évidente d’art total, du moins dans de nombreux aspects classiques où le metteur en scène est un homme orchestre devant traiter des divers aspects de la production ( production, scénario, diction d’acteurs, éclairage, photo, montage, distribution..)

Lynch est un peintre très attentif au travail croisé de ces divers plans de réalité, auxquels il rajoute le rêve des divers niveaux de réalité

au départ il serait question d’une petite ville dans les Rocheuses et sans doute d’un intérieur familial banalement laid

dans la tête d’enfant, tout paraissait sereinement beau; des avions passaient lentement dans le ciel, des jouets en caoutchouc flottaient sur l’eau, les repas semblaient durer cinq ans, et la sieste paraissait infinie

sur (ces) cerisiers il y avait une sorte de résine mi noire, mi jaune qui suintait

toujours la présence d’un horreur commune, la présence du réel au cœur des choses sans médiation

comment rendre compte de ce réel qui suinte dans le détail de l’Amérique, sinon suivre la voie d’Edward Hopper, essayer de voyager un peu en Europe et revenir vite vers Mac Donald

mais peindre expose à ressentir des sons qui aspirent le regard vers d’autres scènes, mettent la toile en mouvement de folie

projeter alors des bouts de films sur des surfaces diverses, jeu infini des formes improbables, au cœur de villes industrielles et vides

la fragmentation du monde en une infinie de combinaisons possibles, pas toutes cependant, car le nombre des lettres est limité, le corps ne peut se morceler au delà, sous les ongles des mortes s’écrit le nom sanglant, de la matrice de jouissance, d’abord des cabanes minuscules pour ranger les fragments nocturnes, tenir le personnage au cadre

the dog is so angry he cannot move

he cannot eat

he cannot sleep

he can just  barely growl

bound so tighly bu tension and anger, he approaches the state of rogor mortis

achever la mutation

exprimer d’un bout de corps, la mère crie san,s bruit, et l’intérieur déverse sa substance noire, éversion de l’intérieur infini hors de l’enveloppe finie

une femme sur le seuil rend le passage possible vers le monde autre, effacement de la présence, grésillement de la lumière dans l’insupportable de l’autre monde, le mot donc s’efface comme l’image

l’imaginaire romantique perdure dans l’éternel de la formule, malgré les flaques abruptes de lumière, la poussière

I shall love you forever

le paradis de la promesse, flotter, entre l’éversion reconstruite du corps et l’image induite d’un son, 

 

 

ELEPHANT MAN, 1980

 

l’aspect narratif du film pousse les faits du côté d’une sombre métaphore, celle du monstre enfin au repos, sans doute la bestiole d’Eraserhead a grandi, le monde a peu changé sinon à rendre plus visible la torture chirurgicale des corps, la machination alors continue des corps, tout est visible

jm’t not an elephant, I am not an animal, J am an human being

C’est bien le bébé d’Eraserhead qui a réussi à échapper au couteau du père pour errer recouvert de pustules de carton pâte, poursuivi par le souffle, lui même pris au défaut respiratoire, démarche fantomatique comme un Nosferatu enfant, aidé in fine par la troupe de Freaks, ce Londres industrieux livré aux machines qui déchirent les corps, mais il y a encore des princesses et des actrices de rêve, mais la solitude est absolue, la mère sans amour, l’être abandonné sans aucune défense que celle de construire une cathédrale en carton livrée à la furie des hommes ordinaires qui jouissent de la torture des enfants

 

 

DUNE, 1984

la pente narrative semble ici terrible, montage économique et artistique étrange, mais les noms travaillent l’image, au point de traiter l’image comme un procédé hiéroglyphique, dominé par des sonorités vocales internes, livrant l’incantation au principe du déploiement, pour un décor baroque de collages divers, le tout au Mexique pendant le tournage d’un film avec Schwarzenegger, comment résister aux associations les plus farfelues, au rock symphonique pompier ou planant, alors comment soutenir qu’il puisse y avoir une action justifiée par le style d’un tel film SF

le film tient la route malgré ses vingt ans, y gagnant du côté du script comme éloge paradoxale de la drogue, du côté de l’image puisque les vers, les bestioles de la guilde sont d’une rêverie magique

 

à vouloir être un peu plus freudien, il est évident qu’il est question de jouissance et de quelque chose qui irait d’une femme l’autre, folie sans père

 

il sera d’ailleurs question du nom et de la voix , le nom comme mot qui tue, la maîtrise du phallus, le face à face avec la Chose phallique,

 

et cet aurore de happy end qui signe la soumission à la loi d’un père, sortie du rêve alors tout autant, c’est à dire éloignement de l’objet crépusculairement perçu sous l’effet de l’épice, mais il s’agit aussi de la mise en scène de corps d’acteur que ce soit donc Sting ou Kyle MacLachlan qui s’avance déjà vers Twin Peaks

 

Sur un son déjà expérimenté lors du premier film s’impose à la fois un univers SF crédible et une bestiole basale inoubliable

 

ce film est comme c’est la règle chez Lynch pris entre une version cine courte et une version longue, entre des philosophèmes assez creux et des ouverts sans nom

 

Il y aurait en parallèle toute une histoire à raconter celle des deux échecs précédents de mise en scène de Dune, surtout la second qui semble échouer sur le refus des majors pour un plan qui relève de Jodorowski avec Magma, Dali... et donc toute une histoire du faire un film, ce qui renvoie à Lynch dirigeant quand même 1700 personnes pour ce film. En tout cas l’échec va donner Allien, entre autres

 

BLUE VELVET, 1986

les personnages effrayants parce que naturels accompagnent l’intrigue policière où Isabelle Rossellini apporte sa lourdeur de femme

un rêve autour d’une oreille coupée, étendre autre chose que la banalité vide parentale, une autre origine mais alors aucun récit n’est à même de prendre en charge la question 

help me crie une femme à l’ombre de son désir mainte fois réinterprété

Van Gogh donc mais il est question d’un retour étrange sur le secret de l’amour, derrière la scène stupide et le fantasme mortel, l’évidence du bal populaire et de la messe dominicale, et de la tarte aux pommes

Le monde est donc parfaitement contenu entre des fleurs rouges sur fond de ciel bleu et des fleurs jaunes devant la pavillon de banlieue tandis que la nuit apporte son envers spectral où tous les gentils personnages semblent dévorés par la présence satanique d’un Denis Hopper remarquable, bien sûr le récit est à la limite de l’incompréhension, même au final car après tout que savons nous in fine d’objectif face à cette sollicitation subjective où l’éducation sadique a des aspects bien naturels. Tout le monde est pris dans des fantasmes sauvages et tout semble s’achever sur la mort du méchant, mais le héros est son double et sans doute que sa fiancé est bien prête à assumer le rôle dévorant d’Isabella, donc le générique défile sur sans doute la sombre forêt de Twin Peaks.

 

TWIN PEAKS, 1990-1992

depuis la Red Room se mettent à suinter les présences, toutes les identifications, toutes les projections, pour habiller la dépression de base d’une femme, tuée sans cesse afin de pouvoir écrire le nom possible de celui par qui la jouissance ne serait point réduire au spasme vite agonique, car si les épisodes sont infinis, infiniment compliqués, il y a toujours l’appel à l’équilibre le plus évident d’une scène ordinaire vraiment vécue, 

le film semble mettre le feuilleton en abîme puisqu’il vient d’avant avec le metteur en scène lui même et que le dérèglement est tout de suite massif et universel, bref aucune quiétude locale

 

 

SAILOR et LULA, 1990

réfléchir assis devant un shake et un café, le rêve veille, road movie, et des personnages passent...une fois, et l’horreur ne cesse de se glisser dans l’errance sans jamais prendre forme, sans jamais céder à l’oubli des formes fixes et désuètes où se lit la pleur romantique, mais aussitôt il s’agit d’assister au viol le plus sordide, viol bien sûr jouissif, jouir dans un refus accepté, ce pire d’un type de discours qui contient sans doute la réponse d’une femme.... ailleurs

Cette fois c’est surtout de mère folle dont il s’agit Jocaste sans doute qui rêve de trucider cet homme qui baise sa fille et qui sait que c’est elle qui a commandité la mise en torche du mari, le père brûle cette fois et la fille baise dans le fond avec un des meurtriers. Mais c’est aussi toute une série de passage d’ordre puisque la mère donne ordre à son amant qui s’adresse à un autre qui envoie des psychopathes faire le boulot dont visiblement une amie du héros. La violence du premier meurtre est digne de Tarentino, et la musique accompagne cette exhibition d’un rapport sexuel possible, sans doute hors phallus. Le final angélique rejoint l’usage répétitif d’un imaginaire de guimauve en parallèle strict avec le plus sauvage déchaînement

 

1997 LOST HIGHWAY

L’identité vacille au lieu du non rapport, il n’y a pas de rapprochement possible entre lui et elle, parce qu’elle demeure dans une antériorité qui l’exclue et pas seulement parce qu’elle se livre à la débauche avant lui, parce qu’elle est bifide et que l’espace temps bifurque sa mort, elle ne cesse de revenir pour un autre qui est le même, s’offrant à un inaccessible meurtrier, il s’efforce à travers le passage du fantasme de rétablir une cohérence narrative mais les fragments de la seconde donne ne sont pas sans demeurer dans le plan de la première, ce que symbolise le petit bonhomme vampirique, cinéaste d’ailleurs, la scène pornographique demeure l’ultime d’un rapport dont le semblant amoureux n’arrive pas à contenir la jouissance. Othello est le modèle phallique de cette histoire, toute femme mérite la mort non pour des raisons uniquement d’infidélité naturelle mais bien parce qu’elle porte le non limité en son essence, un rapport non vectorisée à la mémoire. L’espoir d’une fuite hors de tout système n’aboutit pas non plus puisque les personnages suivent de toute façon des lignes d’erre tracées sur des surfaces hyperboliques.

 

1999 Une histoire vraie (THE STRAIGHT STORY)

histoire étrange, nostalgique et linéaire qui véhicule une sorte d’état de grâce comme si à travers les errances sauvages du monde demeurait le possible d’une sorte de nature rieuse au delà de la sombre forêt psychopathique, cette méditation sur la vieillesse porte le poids d’un souvenir qui n’est que de parole, les meurtres ont eu lieu avant et pour l’instant les rapports semblent apaisés de tout ce sang, sans que d’autres monstruosités viennent à surgir entre les ruelles paisibles d’une campagne heureuse

 

2001 MULHOLLAND DRIVE

l’espace labyrinthique de la mémoire se cherche un fil directeur afin de pouvoir dire qu’il sait ce dont il parle, quoi de plus naturel qu’une brune en cavale sans doute menacée, amnésique, chargée de fric  et une blonde naïve, qui décroche un premier rôle tout de suite, tandis que des personnages secondaires plus ou moins ricanants tirent les ficelles d’une intrigue policière, parallèle, d’autant qu’avant la moitié du film tout ce petit monde est assez classique, juste un type qui rêve éveillé des trucs sans rapport et le nain de Twin Peaks qui reprend du service

 

déjà avant, sans doute après par le jeu métaphorique d’une petite boîte bleue, ce qui semble un descriptif réaliste des milieux du cinéma se dédouble, changement d’identité à vue, redoublement de l’inconscient des personnages en proie au fantasme spéculaire, car l’amour lesbien vient ici poser son voile narcissique sur l’émotion ordinaire des intrigues ordinaires, mise à moi de soi face à l’insanité de la représentation, l’inconséquence de tout idéalisme, point minimal de mort du sujet qui n’aboutit ni à la mort, ni à quelque joyceisation du monde mais simplement à un nouveau jeu comme combinatoire infinie du même

 

twin peaks, le film

 

cet opus livre une forme complexe, qui ne peut s’entendre que comme écho du feuilleton, il s’agit de raconter ce qui s’est passé avant, la passion de Laura Palmer, entre la fluette insipide, le régionalisme appuyé et la dérive à la fois toxique et sexuelle, car que se passe t il lorque les sujets sont collectivement arraché au bornage phallique, le charnier des Atrides, le monde moderne à la frontière du Mexique, on voit bien que la scène d’inceste et de meurtre est le prototype d’un champ du possible déchaîné; ce que le feuilleton déclinait demeurait l’ombre de ce réel qui ici se déploie absolument; les paysages sont magnifiques, les personnages ordinaires, médiocres, peu comiques, derrière le décor se cache et la forêt et l’arrière boutique à la violence absolue, le camp horizon indépassable du monde moderne, le rock lascif ouvre par la petite porte de la chambre sur le monde noir de la forêt

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