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le seuil

le seuil

 

 

        on dira que c’est le dernier rivage, on dira cela en comptant la surprise du vert qui court pour rien sur l’étendue presque close, et toujours cette température basse comme cet hiver sans fin que sa propre mort, 

      le bruit de chaînes brisées qui parcourt jusqu’à travers ces murs noirs de suie

      un par un, un par deux, frôle chenille, il va falloir tailler les pousses qui vont bouffer sinon la sève des fruits, 

    bing la masse des sons, bing l’improbable factance, un bruissement dégage le corps si lourd du matin, l’angoisse glisse sur les parterres fleuris, bouger comme pourrissent les vagues disjointes du dessin, fébrile, peu posé, désordre agité loin du poids de l’être, le contrôle est fumée, le mouvement pousse devant, immobile il regarde le monde le pousser au vide, image de mort certes, se reposer pour ne pas vivre, cet ennui sans fin de l’enfance, le principe fondateur de solitude, doit-on s’arranger pour radicaliser les bruits de clôture? de l’eau dans le vin, ce goût de savon, toujours, 

        la vacance traine , cet ennui de vivre sur fond de ruine, une frange du social crise aux limites du rompre, toujours plus loin pousser l’inculture jusqu’à ce seuil où les tueurs ordinaires parcourent la ville, ne s’affirmer que dans la violence, et nous revoilà dans des toilettes de couleur, enfin laquelle, gris? jaune? voir la vie se développer, sidéré d’en être exclu, dire non, choisir, comment échapper à l’organique fiévreux? le désir est mouvement dans ce fluide qui bascule au lointain, rudesse de l’autre , petite fille frileuse qui cache son visage de suie qui pleure, longues trainées qui mouillent la face de souffre, 

        prenons le thé, voulez-vous, ce sera au bord de quelque terrasse ombragée, nous ferons comme si le temps était déjà chaud, notre jouissance sera sauvage, c’est cela, il faudra bien trouver une solution, tous nos fantasmes seront possibles, déguisés en marquis, faisant monter des friandises sucrées aux invités qui folâtrent sous le ronronnement des caméras, une sorte de catalogue viendra ponctuer l’inscription du dispositif, ne pas glisser dans le frémissement des ombres, cette dangerosité de l’autre qui nous aspire vers notre lieu, proposant la robe sanglante pour vêtir l’enfant mort , tous des monstres, mais ceux de Tardi sont mignons, et la sorcière finira brûlée vive, comme dans ces livres de magie, et les souliers rouges dansent dans la nuit, 

      comme un recueil de fièvre arrive le poète lunaire qui soutient cette errante et l’arrache au trop évident, cette fraicheur solaire qui lit le fleuve jusque dans le détail des berges, oui, cela, en face pour que vive enfin le récit qui, lui, se balade vers ce rien des pères inutiles et perdus, trop menteurs pour permettre de vivre, alors il faut décider, franchir la borne, venir

         le charme descend toujours des bottines bleues, les bas de couleur soulignent la jambe qui pointe les lumières de bien plus loin que raison, nous serons sur des eaux affreusement sombres dans lesquelles ont coulé tous navires de la flotte impériale, le père est mort, autre défiguré, tout cet amour non su, gâché d’une souffrance d’enfant idiot, oeil croisé, verre à la main, humilié et battu, les mots se chevauchent en vain, le sexe est sans saison, 

      la cartographie du monde sanglant fourche la langue qui se refuse en pure perte, cheveux qui cassent, trop vieux, ce gonflement de ton qui vrille, cette chute où se brisent les os, mort déjà dans cette nuit sans fin, aveugle en tout cas, un constat, c’est fini, c’est bien ainsi, oui! c’est cela, quelque chose se meurt en creux, on s’en fiche, aucun espace, aucune excuse, obligé de poursuivre un peu, plus loin, il aurait fallu décider à temps du point de vue, là haut, parmi les anges asexués, le corps est dégoutant, vous ne trouvez pas? sécrétions, écoulements, odeurs des trous, affreusement familiers, 

       depuis quand sait-on qu’ils sont là? souvent moins visibles, peu directs, ce que l’on nomme une période faste mais toujours là, beaucoup plus visible depuis que le couple SS-juif  s’est matérialisé comme figure de la guerre totale? possible

       dans les recoins se cachent des formes érotisées, blanc talon, rouge des liens, sur le malaise du sujet trop lourd, la lenteur des choses est infinie, s’affirmer femme donc, dans le parfum léger des formes incitatives, grésillement d’un mot qui vibre sulfure de fièvre, 

     et la fillette pleure les amours mortes, les mères aux dents longues, là se reboucle l’enfer bleu, celui des berges où gisait le cadavre des soldats, 

       les enfants de Birkenau riant dans la fumée, dernier printemps, sans doute l’infranchissable de cela, Lina Pomnenka capture sur le mur vert les ombres des oiseaux disparus, il reste un pommier, pour les enfants, la cruauté de Dieu est sans limites, rien à réparer de l’enfance désormais, tous partis en fumée, c’est ainsi, l’intellectuel avec, reste BHL et Onfray, c’est tout dire, l’effrayant catalogue des morts de Staline, frontal comme le S21

       l’écrit est comme fragment arraché à l’oubli, surgissement d’un flou où le vrai panique l’image, le temps se vide d’absence, comment plonger dans le dormir, vitesse du désir poudreux, au seuil lointain du vivre, l’arbre d’Hiroshima toujours vert, le seul, 

personne n’échappe à la shoah

       et cette solitude, là, dans le minuscule de la chambre, l’autre parle sans fin, elle se retire en elle même, minuscule, secrète, sans attente que ce fébrile jeu de la paume de la main sur l’ouvert des fleurs, ranger tout et puis voilà, tout sombre dans l’étendue, 

         il n’y a pas de sortie, le tunnel de soi fragile le flux changeant à quoi se rive un désiré, cette forge d’un tangible qui fluctue à chaque lèvre, dans l’épouvante de se savoir légion, et le contenu du verbe sec qui ne mène pas leçon, plutôt qui hurle 

       voilà

      il y a comme une forme allongée sur le sol, un animal sans doute qui aurait pu pleurer s’il eut été encore vivant, soumis au sexe donc perdu, l’invraisemblable du désir, fantasme de l’effroi, 

         le rideau ne se lève que sur rien, le cycle inévitable achève cette dernière valse devant un parterre d’idiots qui rigolent de l’absence de toute représentation, le plein du theatre fait valeur, rien à dire, les 1000 morts de Dacca sont hors du champ, nous ne ressentons qu’un peu de froid, tout va bien, les bandes sont contenus dans des taudis obscurs, les dromes veillent pour la tranquillité de chacun, sur la droite un gouffre s’ouvre, presque souriant, rien à faire, ainsi passe le temps, restent les vieillards sans dents qui pansent leurs cancers, elle passe donc dans l’artifice de la jeunesse, distante et proche, dans l’identique phocéen, toujours, cette crispation qui fait légion et qui porte l’entr’vue à son pôle presque de ravissement s’il n’y eut le réel globuleux des landes abandonnées

      regardez comme le temps va vite, maintenant le café du matin se mélange à la tisane du soir, aucune monnaie ne couvre le désir, comment s’arracher au satisfait béat, bavant, l’avidité consomme la parole et le réel bouillonne , feu le volcan qui pleure, la parole nous fouette au delà du dernier jus, aucun chemin de Damas tout autant, rien à attendre d’un Autre qui soulagerait de la question, la vertu de madame Edwarda sera donc supérieure? à toute sublimation érotico-burlesque sur front de Capulet, une larme au moins au bout des cils ramène à quelque plus froide raison, le poisson tourne ne pouvant dévorer, 

     et puis il y a ce Khalid Al Hamad bien sympathique à coeur ouvert de vengeance

      faut-il s’en tenir à la position de Celan qui répond à Adorno, mais demeure le silence de Heidegger, silence non pas sur la shoah elle même mais sur ce qu’implique ce découvert qui ne peut plus se symboliser comme le postuler Freud. Toute parole pourtant porte en elle le refus des chants de mort. Sur cela Music dépasse Celan , il est vrai que les corps cessent de hurler pour se poser massifs dans un incertain qui voit au loin. 

       à l’autre pôle de la parole, le dessin tente de son côté à donner forme à la lettre, précipitant la buée du visible dans le certain de la trace, mais le dessin passe au poème, voyage où se perd

       

 

         

 

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