Laurent Demailly peintre
sans doute qu’Andy Warhol ( chacun peut être artiste) et Marcel Duchamp ( l’art comme effet de discours) ont porté un coup définitif à toute histoire possible de l’art, rajoutons Pierre Bourdieu pour le marché et Jean Dubuffet pour la question brute et naïve, et s’il n’y pas d’histoire de l’art, plutôt des histoires de l’art, il n’y a ni art psychopathologique, ni art comme impératif héroïque, faisons l’hypothèse du plaisir de peindre, travail faussement mimétique, d’ailleurs assez classiquement copie des maîtres, saisir d’un trait assuré, sans repentir aucun, la forme même au risque d’y lire cruellement l’erreur dissimulée sous la décoration, ceci posé, passer à la mise en couleurs, essayer de contenir les secteurs colorés malgré la ruse des débordements liquides, des écoulements
regardons sans discours, sans explication, risquons notre regard
l’évènement a eu lieu, la tribu pathos a trouvé une extraction publique qui place l’exclu du symbolique dans une reconnaissance par nomination au moins imaginaire, il dit «je suis un artiste», l’ancien pique du nez, la filation se reconnaît quand même un peu de paternité, quant à la théorie de l’autisme, vous n’en savez finalement rien, votre groupe de travail a disparu et vos élaborations solitaires ne mènent pas loin, en tout cas c’est mieux , pour l’instant, que toute filière de mouroir, et puis nous n’avons pas encore fini, encore un peu de temps avant que la camarde ne vienne réclamer ses droits