Labdacides
Le texte s'est effacé, qu'importe ! De jeunes acteurs confrontés au terrible texte antique, celui qui creuse le subjectif dissocié maintenant que l‘argent est le seul répondant de l’être sans secret, ils sont jeunes et nécessairement beaux, même si les voix portent trop hauts, comme des cris lointains du vécu effrayé, mais ce théâtre est tellement réel au milieu de prétentions sans visage, il y aurait place pour une fantaisie étrange , le chanteur oublié qui offre une toile en échange, c’est étrange, il offre un petit cadre et l’objet se déplie comme un crocodile polychrome, ce doit être en écho d‘un nom ancien qui fait visite ironique bien sûr, au point de perdre sa langue coupée de dents en gros morceaux, cette scène ou les deux frères s’aiment et se déchirent, l’un des corps jetés au sol poussière, le devin est double , fillettes à la Kubrick qui dit le futur que chacun craint, que fait cette fille gravement enceinte? Et cette autre grossièrement tatouée? Le sommeil est peuple des monstres lourds
Les nuages passent très vite en couches épaisses au dessus du village gris, la fille est dans une attitude improbable, elle semble triste de sa nouvelle allure qui effectivement l’éloigne d’une sécheresse snob qu’elle entretenait, il doit y avoir des mousses sur la tombe depuis le temps
et puis c’est le noir
il faut dire quand même que ce spectacle est le fruit de la rencontre de Christian von Treskow et des élèves de l’école de théatre du TNBA, et d’un travail de découpe du texte d’Oedipe roi, d’Antigone, des sept contre Thèbes et des Phéniciennes