La vie d’Adéle
Nous retiendrons du discours de Guy Magen , non pas la cristallisation, mais ce rappel à propos d’Hiroshima, cette rencontre impossible entre une never more et un sujet justement en amour de cette never more, déjà mort lui même de ce fait, indication d’une incise structurelle sur la question de l’amour, même si et surtout Lol demeurait dans un imaginaire de deuil
Une bande dessinée fait surgir une couple de femmes dans une précipitation funeste qui emporte avec elle tous les segments d’un investissement perdue, le malheur de l’amour trouve la jeunesse de son dire dans ce type de couple selon le mythe d’un Autrejouir radicalement hors phallique. Le film d’Abdellatif Kechiche loin d’explorer ces pistes s’enfonce dans un effet de surface et de collage, de mode, où le gros plan sert de fin de l’image, et l’association de séquences documentaires le fin du scénario. Le visage d’Adèle dans son étonnement et ses larmes, cette impuissance redondante qui se heurte au différentiel d’Emma, de manière caricaturale, les différences de classes, de culture sont de grossières oppositions, Emma ne semble pas concernée par ce qu’elle vivrait comme artiste, d’ailleurs les dessins irréguliers sont d’un classicisme décoratif total, c’est un cinema sans montage, qui aurait coupé à la hache l’enregistrement, heureusement parce qu’il reste encore des longueurs injustifiées sans fin, toutes les séquences quasi informatives se perdent dans des longueurs répétitives, y compris les scènes de sexe qui pourraient rejoindre les attentions antérieures au corps endormi d’Adèle mais cherche visiblement à faire effet. Ne parlons pas des dialogues, la plupart du temps insipides. Bien sûr il y a quelques moments sauvés de cette ruine, des segments d’adolescents, la scène où les deux femmes se retrouvent après la rupture...on nous parle de crudité volcanique! en opposition à l’abstraction de Resnais, et tiens donc. Pourtant l’orateur essaya de tenir quand même au primat fantasmatique, mais ce n’est rien pour les organicistes qui mécanisent leur tristesse . Pourtant il y eut l’esquive, alors...
alors ce n’est pas ce qu’il faut dire, un visage happant de camera qui ne cesse, bouche dévorante sans cesse spaghettis paternels et morve amoureuse blessée, trois heures déjà, la durée précisant l’empathie, ciblée au coup de foudre admirable, le coeur palpable et la puissance émotionnelle, et aussi la préférence pédagogique, et non pas artistique, certes... chef d’oeuvre, c’est entendu, le sexe est en fusion, nudité plastique intense, et même la fusion platonicienne . Alcibiade et tout ça c’est une autre histoire